LA PREMIERE FEMME DE SCIENCES EN FRANCE

Une femme de sciences


Emilie Du Châtelet à son bureau
huile sur toile, Choisel, château de Breteuil, cr Henri-François de Breteuil, photo Philippe Sébert

Ce portrait de Mme Du Châtelet, peint par un artiste inconnu du XVIIIe siècle, la montre avec tous les éléments de sa personnalité telle que la voyaient ses contemporains : le bureau où elle étudiait, des livres, le compas et le cahier de dessins géométriques de la mathématicienne, mais aussi une robe élégante, des nœuds, des dentelles, une coiffure très apprêtée, un regard réfléchi avec un air aimable. Le tableau est conservé au château de Breteuil près de Paris qu’on peut visiter et qui est toujours habité par des descendants de la famille de Mme Du Châtelet, née Emilie de Breteuil.

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La culture scientifique était peu fréquente chez les femmes du XVIIIe siècle: elle ne correspondait à aucun débouché professionnel, et les femmes des groupes sociaux favorisés recevaient une éducation surtout tournée vers les arts d’agrément, les langues étrangères et la culture littéraire. L’exception que constitue le cas de Mme Du Châtelet s’explique par les soins particuliers que son père avait pris pour son instruction, et par sa propre détermination, qui l’amena à demander des leçons aux savants français les plus réputés de son temps, tels que les académiciens Clairault et Maupertuis, en profitant des occasions de rencontre qu’offrait la vie de société à Paris, où la haute noblesse côtoyait les intellectuels dans les salons, dans les châteaux des environs et à la cour. De son vivant, la réputation scientifique européenne de Mme Du Châtelet s’établit grâce à deux oeuvres: en 1739, la Dissertation sur la nature et la propagation du feu ; en 1740, les Institutions de physique.