EMILIE DE BRETEUIL, MARQUISE DU CHATELET

 

MARIAGE
vignette1011 Contrat de mariage d’Emilie de Breteuil et Florent Du Châtelet,
4 et 6 juin 1725, Archives nationales (Minutier central, étude LCCCVIII, 491, res. 510.)

La pratique du contrat de mariage devant notaire réglant l’apport financier des futurs époux au ménage et les conditions applicables au moment des veuvages, est courante sous l’Ancien régime, dès que les familles ont un peu de bien. Dans le cas de certaines familles de cour, le roi honore les mariés en signant leur contrat. Cet honneur est ici dû à la fonction du père d’Emilie du Châtelet, introducteur des ambassadeurs (voir Etat de la France) ce qui lui permet de côtoyer journellement la famille royale, et à l’ancienneté de la famille du marié, connue en Lorraine dès le début du XIVe siècle. Un clerc de notaire apporte le contrat à la cour pour recueillir les signatures royales. Le roi signe le plus souvent les contrats par fournée.
L’énumération des signataires, à l’intérieur du contrat, ne correspond pas toujours avec les signataires effectifs. La liste étant dressée plusieurs jours avant, il pouvait au moment de la signature y avoir des absents, des malades, des morts. On observe aussi des erreurs de transcription de nom faites par le clerc de notaire, pas toujours au fait de tous les titres, qui appelle par exemple Mademoiselle de la Roche sur Yon (une Conti), « mademoiselle de la Roche-Guyon », titre de la famille de La Rochefoucauld..

Les signatures suivent l’ordre d’accession à la couronne. Après le roi (« Louis »), on a la famille des Orléans puis celle des Condés et des Conti. La seconde signature est ici celle de Mademoiselle de Blois, fille de Louis XIV et Mme de Montespan, non comme fille de Louis XIV (bâtarde, elle serait reléguée en fin de liste, comme son frère, le duc du Maine, Louis Auguste de Bourbon) mais parce qu’elle a épousé Philippe d’Orléans, le Régent. C’est ce mariage qui valut à celui-ci la célèbre gifle que lui donna, devant toute la cour, sa mère, la princesse Palatine, hostile à cette mésalliance. L’épisode est raconté par le duc de Saint-Simon dans ses Mémoires. A l’instar de Mademoiselle de Blois, toutes les légitimées qui viennent assez haut dans la liste, sont placées à raison de leur mariage et non de leur naissance. On remarque comme Louis XIV prit soin de bien marier toute sa progéniture (voir généalogie).

 


Signatures de la famille royale

Louis XV, roi de France, (1710-1774)
Marie Françoise de Bourbon, la seconde Mademoiselle de Blois, (1677-1749)
Louis d’Orléans (1703-1752), fils du Régent Philippe d’Orléans
Augusta de Baden-Baden (1704-1743)
Louise Françoise de Bourbon, Mademoiselle de Nantes (1673-1743)
Louis Henri de Bourbon, duc de Bourbon (1692-1740)
Charles de Bourbon Condé (1700-1760)
Louis de Bourbon, comte de Clermont (1709-1771)
Marie Anne de Bourbon Condé, abbesse de Maubuisson (1690-1760)
Marie Thérèse de Bourbon Condé (1666-1732)
Louis Armand II de Bourbon Conti, prince de Conti (1695-1727)
Louise Elisabeth de Bourbon Condé (1693-1775)
Marie Anne de Bourbon, Mademoiselle de Blois (1666-1739)
Louise Adélaïde de Bourbon Conti (1696-1750)
Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine, duc d’Aumale, (1670-1736)