L'EST PARISIEN AU TEMPS D'EMILIE DU CHATELET

Les Breteuil à Créteil

Vente de la maison du Buisson à Créteil à Louis Nicolas de Breteuil par Antoine et Jean-Léonard de Rochechouart,
Archives nationales, Minutier central, étude XXVI, 323, 5 décembre 1719
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Pour les actes notariés courants, comme cette vente, des personnages aussi importants que les Rochechouart, famille qui remonte à l’an mil, ou les Breteuil, ne se déplacent pas mais envoient un procureur signer à leur place. Le début des actes consiste alors dans la vérification des pouvoirs et qualités de chacun. C’est ce que l’on voit ici pour la vérification de la procuration de Nicolas Baille, agissant pour les frères Rochechouart, cousins de Madame de Montespan (morte en 1707), célèbre maîtresse de Louis XIV.

 Transcription modernisée

Par devant les notaires à Paris soussignés fut présent

Messire Nicolas Baille,
conseiller honoraire du Roi en son grand Conseil et intendant des maison, domaine et finances de son altesse royale Monseigneur le duc d’Orléans, Régent du Royaume, demeurant à Paris quai Malaquet, quartier Saint-Germain des prés, paroisse Saint-Sulpice, au nom et comme procureur de haut et puissant Seigneur
Messire Antoine de Rochechouart, chevalier, marquis de Monpipeau, Baron du Cherray, Seigneur de Coulmiers, Espieds,  Villiers le Gast, Saint-Sigismond, Rozières, Vaurichard, Saint Aÿ sur Loire et autres lieux,  demeurant en son Chasteau de Monpipeau paroisse d’Huisseau sur Mauves, Ledit sieur Baille fondé de la procuration que le seigneur marquis de Monpipeau lui a passé, tant en son nom que
comme se faisant fort de Messire Jean Léonard de Rochechouart, chevalier de Monpipeau lieutenant des vaisseaux du Roi à Brest, son frère, par devant Michel Damian notaire et tabellion juré du marquisat de Monpipeau, présents témoins le vingt cinq novembre de la présente année, contrôlée à Orléans le même jour dont l’original est demeuré annexé à ces présentes après que le dit sieur Baille eut certifié véritable, signé et paraphé en présence desdits notaires soussignés ; Et pour lesquels seigneurs marquis et chevalier de Monpipeau ledit Sieur Baille audit promet faire ratifier ces présentes, ce faisant les faire obligés solidairement sur les renonciations cy après en entière exécution  fournir bonne forme dans six mois d’huy au plus tard, à peine de temps pour dommages et intérêts ; lesquel Sieur Baille audit nous a  par ces présentes vendu, cédé quitté et délaissé et promet pour lesdits seigneur marquis et chevalier de Monpipeau solidairement l’un pour l’autre (illisible) le tout sans decision disenssions ny (illisible) ; a quoy promet garantir de tous troubles, douaires, dettes, hipoteques évictions, substitutions, alienations et autres empechements generallement quelconques,
à haut et puissant seigneur messire Louis Nicolas de Breteuil, chevalier, baron de Preuilly, premier baron de Touraine, seigneur d’Ay le Féron, du  Puy sur Azay, Rix, Claye, Fonbaudry, des Grand et Petit Tournoy, La vallée (illisible) en (illisible) et autres lieux, Conseiller du Roy en ses Conseils, lecteur (illisible) a la Chambre du Roy, et Introducteur honoraire des ambassadeurs et princes etrangers de pres sa Majesté, et haute et puissante dame dame Gabrielle Anne de Froullay son épouse qu’il autorise, demeurant à paris en leur hôtel place Royalle, paroisse Saint-Paul, à ce présent et acceptant acquéreur pour eux et leurs ayants,
une maison et dépendances appelée le Buisson sis en la paroisse de Créteil, consistant en un corps de logis, composé de plusieurs chambres, cabinets, salle boisée, cuisine, office, selliers (sic), écurie propre à mettre six chevaux, remise de carrosses, grange, étable à vaches, logement pour un jardinier, et autres commodités, le tout couvert de tuilles, grand jardin, clos de murs et planté en arbres fruitiers et en allées de grands ormes et charmes, espaliers le long dedits murs, le tout contenant sept arpents.

 

Acte de vente du château du Buisson. 20 mars 1742
archives nationales (Minutier central étude LII, 304)

A la mort de leur mère, les héritiers Breteuil décidèrent de se défaire de la maison du Buisson. Dès 1740, l’abbé de Breteuil avait racheté les parts de son frère et de sa sœur, Emilie. C’est lui, seul propriétaire en 1742, qui vendit donc au chevalier de Courchamp. Il ne fut pas présent à la vente qui fut réalisée par son procureur, Nicolas Dumonstier.

 

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 Transcription

Fut présent sieur Nicolas Dumonstier, bourgeois de Paris, y demeurant rue Beaubourg, paroisse saint Méderic [Saint Merry], au nom et comme procureur de messire Elisabeth Théodose Le Tonnelier Breteuil, prestre licencié de la maison royalle de Navarre, grand vicaire de monseigneur l'archevêque de Sens, fondé de sa procuration passée devant Bonnerot et Legris, notaires du Roy à Sens le vingt et un février dernier dont l'original contrôlée et légalizé et demeuré cy joint après que led. Sœur Dumoustier l'a certiffié véritable, signé et paraphé, en présence des notaires soussignés,
lequel sieur Dumoustier aud. nom a par ces présentes vendu, cédé quitté et délaissé, promis et obligé led. seigneur abbé de Breteuil de garantir de tous troubles, dons, douaires, dettes, hypothèques, évictions, substitutions, aliénations et autres empêchements généralement quelconques,
à Messire Charles Jean Guillemin de Courchamp chevalier capitaine au régiment des gardes françaises, chevalier de l'ordre royal et militaire de saint Louis, demeurant à Paris, rue des trois pavillons, paroisse saint Gervais, à ce présent et acceptant, acquéreur pour luy, ses hoirs et ayant causes,
une maison appellée Le Buisson sise près Créteil, paroisse dud. Créteil, concistante en plusieurs corps de bâtiments, avec chapelle, écuries, remises, cour, jardin de sept arpents ou environ clos de murs, pavillon au bout du jardin, six perches ou environ de terre à costé de lad. maison plantées d'arbres et autres appartenances et dépendances d'ycelle maison, tenant la totalité d'un costé au chemin qui conduit au moulin neuf, d'autre à [mot en blanc], ainsi qu'ycelle maison et dépendances  s'étend, poursuit et comporte sans en rien retenir ny réserver et en l'état qu'elle est, appartenant audit seigneur abbé de Breteuil et à luy avenue de la succession de deffunte Dame Gabrielle Anne de Froullay sa mère, à son décès, veuve de messire Louis Nicolas Le Tonnelier, baron de Breteuil et de Preuilly, Introducteur des ambassadeurs, suivant l'acte de liquidation et partage des biens de ladite succession passé devant Bronod et son confrère notaires à Paris le vingt huit juin 1741 entre led. seigneur abbé de Breteuil, Messire Louis Auguste […]