Sylvie Darly : de la poterie expérimentale


L’œuvre de Sylvie Darly  ne se laisse pas classifier facilement. Loin de la notion de  l’utilitaire assignée traditionnellement à la poterie, elle s’affranchit avant tout de ce chantage de la rondeur qui rend habituellement les pots si facilement prévisibles… Chez elle, tout exprime la contradiction entre la sphéricité obligée par le tournage et l’exubérance  des formes possibles.

Le travail des plaques est  une manière de s’en affranchir finalement… même si l’on hésite alors à les appeler poteries, tant ce travail en terre cuite s’approche alors de la sculpture.

La terre cuite… voilà un autre ennemi. Ce matériau par essence si lourd et chargé de matérialité, Sylvie Darly cherche à lui donner la légèreté d’une feuille de papier découpée négligemment à quelques coups de ciseaux. La légèreté d’une plume qui semble émerger d’un pot quasi-aérien secoué par une improbable brise.

La couleur est imprévisible. Seule l’aventurine et sa teinte ocre et rouge revient comme un leitmotiv pour rappeler les couleurs de la terre. Les bleu, blanc et vert, le ciel, l’eau et l’air  miroitent à travers les émaillages chatoyants. Tout un monde....

L’émail, la glaçure : encore un  ennemi. Il capte trop de lumière… or c’est la forme qui compte? Sylvie Darly l’enlève parfois, une fois posé. Cet émail gratté patiemment sait alors rendre une toute autre lumière, irisée et nacrée, sans l’éclat insolent propre aux émaillages des débuts.

Il ne reste, in fine, que la terre, sobre et dépouillée et pourtant tellement riche. La forme, la matière, la couleur à nu.


Ewa Nieszkowska
commissaire de l'exposition

Aventurine
...aventurine et les autres...




Bleu, blanc, vert
...bleu, blanc, vert...




Vers la terre
...vers la terre...




émaillages
Emaillages



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