(1).
J.-B. Molinier, Sermons choisis sur les mystères, la vérité de la religion…, tome XIV, Paris, Lottin-Le Mercier-Hérissant, 1734. Ce volume contient: 1) Onzième discours contre les impies du tems; 2) Douzième discours contre les impies du tems; 3) Dissertations sur les miracles. Les dix discours précédents, qui se trouvent dans le t. XIII des Sermons, consistent en morceaux choisis tirés des tomes I-XII.

(2). Bibl. Mazarine, ms. 1193, p. II ; cf. Aix, ms. 818, cité par Wade, Cland. Organis., p. 148.

(3). Cf. Schwarzbach-Fairbairn, Studies on Voltaire and the XVIIIth Century, 249 (1987), p. 101. La réfutation du De l'examen occupe les p. 70-111 du t. XIV de Molinier.

(4). L'année suivante, l'abbé fera paraître une réfutation plus détaillée de l'ouvrage de Voltaire : Lettres servant de réponse aux Lettres philosophiques de M. de V***, Paris, 1735.

(5). Cf. S. Berti, dans Studies on Voltaire and the XVIIIth Century, 241 (1986), p. 000.

(6). G. Gross a attribué ce texte à Du Marsais : cf. Wissenschaftliche zeitschrift der Universität Rostock, V, 1955-56 (« Gesellschafts- und Sprachwissenschaftliche Reihe »), Heft 3, p. 315-321.

(7). Cf. O. Bloch, dans Romanistische Zeitschrift für Literaturgeschichte, 1989, p. 61-73.


(1). Lettre d’Aix du 9 mars 1734. Munich-Bäyerisches Staatsbibliothek Codex Gall. 721.
(1).
Deux ouvrages récents nous rappellent cette double évidence : A.G. Debus, The French paracelsians. The chemical challenge to medical and scientific tradition in early modern France, Cambridge, Univ. Press, 1991, et B. Joly, La Rationalité de l’alchimie au XVIIème siècle, Paris, Vrin, 1992. Voir déjà, sur la floraison de la littérature dite “hermétique” au XVIIe siècle, L. Thorndike, A History of magic and experimental science, New York, Columbia Univ. Press, 1923-1956, VII, VI et VIII, XXXIII ; sur le statut de la pensée hermétique au début du XVIIIème siècle en France, cf. J. Ehrard, L’Idée de nature en France dans la première moitié du XVIIème siècle, Paris, S.E.V.P.E.N., 1963, I, chap. I, et « Matérialisme et naturalisme : les sources occultistes de la pensée de Diderot », Cahiers de l’Association internationale des études françaises, XIII, 1961, p. 189-201.

(2). Cf. sa thèse : Contribution à l’étude de la littérature matérialiste clandestine en France au XVIIIe siècle (cf. supra, Biblio. I), spéc. chap. III : « L’anatomie de la matière », et la Conclusion, sur « la conception évolutive de la matière qui prédomine dans le naturalisme clandestin » et sa vulnérabilité à certaines chimie traditionnelle et pensée « magique » ; cf. aussi idem, « Anatomie de la matière : matière et mouvement dans le naturalisme clandestin du XVIIIe siècle », et « Naturalisme et atomisme : le refus des atomes et du vide dans la littérature clandestine » (cf. Biblio. I).

(3). Discours anatomiques, 2nde éd., Bruxelles, 1679, p. 227-229 (p. 114-115 dans la première éd. de Paris, 1675).

(4). Comme le laissait d’ailleurs entendre Leibniz en 1702 dans ses Considérations sur la doctrine d’un esprit universel unique (Die philosophischen schriften, VI, éd. C.I. Gerhardt, Berlin, 1885, p. 531). Selon l’auteur (qui signe Philothaume) de l’Explication physique de la Fable (Paris, 1724), le monisme de Spinoza s’enracinne dans une mécompréhension de la cosmologie alchimiste. Notons qu’en Angleterre, les néoplatoniciens développaient moins souterrainement des considérations tout à fait analogues à celles de Lamy et des chymistes : voir par ex. W.B. Hunter, « The Seventeenth century Doctrine of Plastic nature », The Harvard theological review, XLIII (1950), p. 197-213, qui offre beaucoup d’éléments de comparaison (cf. spéc. p. 204-205 sur Matthew Hale).

(5). Van Helmont, Sylvius, et (bien sûr) Willis sont mentionnés avec faveur à plusieurs reprises dans les Discours (l’on sait aussi que Lamy est l’auteur d’un traité en faveur de l’antimoine). L’âme, explique-t-il, a par le chymie « penetré dans le sein de la nature, & reconnu les instruments dont elle se sert » (2nde éd., Bruxelles, 1679, p. 202) ; « connoistre les principes de chimie », soutient-t-il plus loin, c’est connaître « la nature mesme » (p. 245). Tout le 6ème discours (p. 200-234) sur l’âme, revient à suggérer qu’elle n’est peut-être, à l’instar de esprits animaux (cf. p. 208-209 ; 239-240), qu’un produit de distillation somatique. Il ne stigmatise pas moins, dans son De Principis comme dans ses Discours, les adeptes du Grand OEuvre et toute approche magico-religieuse de la nature.

(6). La Libre pensée française de Gassendi à Voltaire (cf. Biblio. I), respectivement p. 144 sq. et 150 n. 2. Cf. J. Chambon, Principes de physique, Rapportez à la Medecine Pratique, et autres Traitez sur cet Art, « Nouvelle edition » [?], Paris, 1711, p. 1-2 : « Il y a un esprit ou un feu caché dans tous les corps de la nature. Cet esprit ou ce feu est, pour ainsi dire, l’ame de chaque corps, qui est toujours en mouvement. Cet esprit est la cause de tous les mouvemens qui arrivent dans la nature, & qui tendent à la formation ou à la destruction de ses ouvrages... »). Chambon n’emprunte certainement pas cette idée à Lamy, comme le suggérait A. Niderst dans son éd. de L’Ame materielle (p. 170, n. 109) ; il s’agit d’un vieux topos “paracelsien”, d’ailleurs bien plus clairement développé par des contemporains de Chambon comme Jean-Baptiste Le Brethon (Les Clefs de la philosophie spagyrique, Paris, 1722), Philothaume [?] (Explication physique de la Fable, Paris, 1724) ou E. Guyot (Nouveau sisteme du microcosme, ou traité de la nature de l’homme, La Haye, 1727), pour n’en mentionner que quelques-uns.

(7). « Libertinage et “spinozisme” : la théorie de l’âme ignée », French studies, I, 1947, p. 220-221 ; Busson, « La Fontaine et l’âme des bêtes », I, RHLF, XLII (1935), p. 12 (Bernier, Abrégé de la philosophie de Mr. Gassendi, 2ème éd. Lyon, 1684, V, p. 453 ; autres réf. chez Busson).

(8). L’Abrege des secrets chymiques. Ou l’on void la nature des animaux vegetaux & mineraux entierement découverte : Avec les vertus et proprietez des principes qui composent & conservent leur estre ; & un Traitté de la Medecine generale, Paris, 1636.

(9). Traicté des observations nouvelles..., Paris, 1634, rééd. : La Vraye anatomie spagyrique des eaux mineralles, et de toutes les choses qui les composent, avec leurs qualitez & vertus, curieusement observées, Paris, 1637 ; La Physique démonstrative, divisée en trois livres, Paris, 1643, puis 1644 ; La Physique reformée, contenant la réfutation des erreurs populaires, et le triomphe des veritez philosophiques, etc., Paris, 1648.

(10). Enchiridion Physicæ Restituæ, Paris, 1608 ; nombreuses éditions et traduction en plusieurs langues, notamment en français en 1651 (La Philosophie naturelle restablie en sa pureté).

(11). Traictez de l’harmonie et constitution généralle du vray sel, secret des philosophes, et de l’esprit universelle du monde... [sic], Paris, 1621, rééd. La Haye, 1639 (trad. latine, allemande, anglaise...).

(12). Traité de la Chymie..., Paris, 1660 ; seconde éd. revue et augmentée, Paris, 1674, 2 vol.

(13). Le soleil, selon nos paracelsiens et les néoplatoniciens (cf. Hunter, op. cit., p. 205), est en fait le réservoir principal de cette énergie cosmique, non sa source ultime : ce détail est révélateur, mais le Traité des trois imposteurs, dans sa paraphrase de Lamy, en fera abstraction.

(14). Alciphron, or the Minute-Philosopher, VI, 14, dans A.A. Luce et T.E. Jessop, The Works of George Berkeley, bischop of Cloyne, t. III, 1950, p. 244-246. Sur l’assimilation de l’esprit vital universel à un sel ou nitre aérien dans la tradition paracelsienne, cf. A.G. Debus, « The paracelsian Aerial Niter », Isis, LV (1964), p. 43-61.

(15). Voir par ex. La Logique ou l’art de penser, I, IX, p. 76 dans l’éd. P. Clair et F. Girbal.

(16). Cf. en particulier R.S. Westfall, « Newton and the Hermetic Tradition », dans A.G. Debus (éd.), Science, medicine and society in the Renaissance. Essays to honour Walter Pagel, New York, Science History Publications, 1972, II, p. 183-198 ; B.J. Teeter Dobbs, The Foundations of Newton’s alchemy, or “The Hunting of the greene lyon”, Cambridge, Univ. Press, 1975.

(17). On lira avec profit les récentes analyses que S. Åkerman consacre aux rapports entre hétérodoxie et hermétisme dans le cercle libertin de Christine de Suède, dans Queen Christina of Sweden and her circle (cf. Bibliogr. II, supra), spéc. chap. IV et XVI sur l’âme du monde. N’oublions pas d’autre part que les ouvrages de Paracelse figuraient à côté de ceux de Spinoza, Hobbes, Vanini, Cardan, Toland, dans la bibliothèque du Palais-Royal visitée par un héros de l’abbé Prévost (Mémoires et avantures d’un homme de qualité, Paris, 1728, apud Vernière, Spinoza..., 2nde éd., p. 387), et qu’un Boulainviller n’était pas moins friand du premier que de Spinoza (ibid., p. 307).


(*). Séance du 15/2/92 du Séminaire sur la littérature clandestine.