Le texte ci-dessous restitue intégralement les p. 329-355 de L’Art de desoppiler la rate (1754). Aucune correction n’y est apportée. Les numéros des pages sont entre crochets droits. Les caractères gras signalent les passages communs à l’imprimé et au manuscrit de Pichon (Vire, A 321, fol. 49-52). Le texte propre à l’imprimé et absent du manuscrit est en caractères ordinaires. Les notes en bas de page donnent les variantes importantes du manuscrit. On n’a pas cru devoir indiquer les légères divergences : orthographe, abréviations, inversions, vocabulaire.

GENEVIÈVE ARTIGAS-MENANT


Notice des Ecrits les plus célèbres, tant imprimés que manuscrits, qui favorisent l'incrédulité,
ou dont la lecture est dangereuse aux esprits foibles.

Démocrite & Pyrrhon, Philosophes Grecs. Leurs Vies se trouvent dans le neuviéme li- [330] vre de Diogene Laërce, avec un précis de leurs dogmes.
Epicure, autre Philosophe Grec. Sa Vie compose le dixiéme livre du même Auteur, & ses opinions y sont rapportées.
Il y a une traduction Françoise de Diogene Laërce, imprimée à Paris chez Sercy 1668, en 2 vol. in-12.
On peut voir encore les Vies abregées de ces trois Philosophes dans le Dictionnaire de Bayle, & sur tout l’article de Pyrrhon qui est extrêmement curieux.

Lucrece, célébre Poëte Latin. Son Poëme en six livres, renferme toute la Philosophie d’Epicure. Il y en a une excellente traduction, faite par Jacques Parrain, Baron des Coutures. Paris 1708. 2 vol. in-12.

Averroës, Philosophe Péripatéticien, Arabe de nation. Il combat dans ses ouvrages l’immortalité de l’ame, & par-là sappe toutes les Religions ; ses OEuvres sont traduites en Latin.

Jerome Cardan de Naples, dans son traité de l’immortalité de l’ame (Lyon 1545, in-8. en Latin) combat ce dogme, en feignant de l’établir. On n’en connoît point(1) de traduction. D’ailleurs on ne lit plus rien de cet Auteur, que son traité de prudentia civili, Elz. 1635, & son traité de subtilitate, liv.21. Basle 1560, fol. On en a une traduction in-4. Paris 1556.

Pierre Pomponace de Mantouë, fameux Averroiste, mort en Mars 1526. Nous avons [331] de lui un petit traité Latin de l’immortalité de l’ame dans les principes d’Averroës. Bononia 1516, in-8. en Latin.

Vanini disoit de Pomponace que l’ame du Philosophe Arabe étoit toute passée chez lui. Je ne crois point qu’on ait de traduction(2) de l’ouvrage de Pomponace. D’ailleurs il y a lieu de croire que Pomponace étoit de bonne foi, & qu’il n’a prétendu autre chose, sinon que l’on ne pouvoit point prouver par la raison son immortalité, quoique la foi nous oblige à la croire avec sincérité ; les Moines l’attaquerent vivement, mais il se défendit bien, & il donne dans toutes ses apologies, une idée avantageuse de ses sentimens & de sa prudence.

Corneille Agrippa, Allemand. On a de lui sa Philosophie occulte (Cologne 1533, fol.) & son traité de l’incertitude & de la vanité des sciences. (Paris 1531, in-8.) Ce dernier ouvrage a été traduit en François, par Jean Durand 1582, in-8 & en dernier lieu par Gueudeville. Leyde 1726. 3 vol. qui comprennent plusieurs autres traités. On a retranché dans l’édition de Lyon & dans les modernes, un passage tiré du chapitre 64 de Lenonia, que vous trouverez dans Bayle à l’article d’Agrippa.

Agrippa dit, que la théologie & l’Alchymie sont Soeurs, & toutes deux également remplies de fables, de visions & d’impostures.

Guillaume Postel, Parisien. Il a fait(3) plusieurs ouvrages très-singuliers, & entr’autres un traité Philosophique, intitulé la facile entrée des secrets cachés depuis le commencement du monde.
[332] Cet ouvrage a été traduit en Latin, & imprimé à Amsterdam chez Janson en 1646, sous ce titre, Guillelmi Postelli absconditorum a constitutione mundi clavis ; qua mens humana tam divinis quam in humanis, pertinget ad interiora velaminis æternæ veritatis : Editore A. Franc. de Monte Sancto. Amst. Janson. 1646. in-12.

Ce livret renferme quinze chapitres ; on y trouve, que non-seulement Postel croyoit que l’ame humaine de J.C. avoit été créée & unie avec le Verbe Eternel, avant la création du monde, (ce que le Pere Niceron met au nombre de ses erreurs) mais qu’il croyoit l’avenuë de J.C. sur la terre, quand bien même l’homme n’auroit pas péché ; c’est dans le chapitre neuviéme qu’il établit l’utilité de cette incarnation.
Le but de ce livret (chap. 7) est d’annoncer cette découverte, qu’il appelle un secret des écritures, que les Apôtres, ni l’Eglise n’ont pu porter jusqu’à ce jour : hoc est unum de secretis scripturæ, quæ nec Apostoli, nec ipsa Ecclesia potuit ad hanc diem portare ; il se regarde comme assez fort, non-seulement pour porter ce secret, mais pour en porter une infinité d’autres que le Christ va découvrir, quum Christus habeat hoc, cum innumeris aliis nobis capere nunc potentibus, dicere ; il traite ce sentiment de sentiment sûr & solide, il le regarde comme absolument nécessaire, & il se met d’avance à l’abri des objections, en disant avec une suffisance indigne d’un Théologien : cui etiam (sententiæ) si millies contraveniatur, tamen prævalebit.
Du reste il releve cette connoissance pour annoncer ce rétablissement général de toutes [333] choses, qu’il regardoit comme prochain ; de sorte qu’après l’enfance du monde sous la loi de la nature, son adolescence sous la loi écrite, sa virilité sous la loi de grace, tout alloit, selon lui, se concilier & se réunir sous un même Pasteur ; de sorte qu’il n’y auroit plus sur la terre qu’un Pape, qui seroit en même temps Roi, Pontife & Juge, & dont le Siége seroit à Jerusalem ; qu’une même langue, qu’un même esprit, & qu’un même culte ; il autorise tout cela (chap. 15) fort ingénieusement par beaucoup de figures, de types, de comparaisons, qui peuvent faire preuve de la profonde connoissance qu’il avoit acquise dans les écritures : je me contenterai de remarquer, comment il explique la parabole des invités à un grand répas : Ad coenam suam vocat invitatos tres pater familias ; sed primus ob villam cum Caino emptam in lege naturæ ; alter ob juga boum quinque in quinque libris Moyfis, Domino per quinque sensus vanè laborantia, occupatur lege scriptâ ; tertius uxorem fornicariam & simoniam duxit sub lege gratiæ : ideò afferit pater familias nullum istorum gustaturum coenam suam...quæ nunc est in orbe toto futura.
Je remarque sur ce systême, que Postel ne distingue jamais l’état de la grace, depuis Jesus-Christ, de l’état de la nature & de la loi ; & par conséquent cet Auteur ne connoissoit point les beaux jours de l’Eglise, que Jean-Baptiste distinguoit avec tant de justesse, lorsqu’il disoit : Lex per Moysen data est, gratia et veritas per Jesum-Christum facta est. Postel attend un siécle d’or, & ne parle point du tout des temps Apostoliques, où cette unité de sentimens, d’affection, de biens, de culte étoient si parfaitement exprimés. [334]
Je finis cet article par une erreur répandue dans ce petit livre, & dans une lettre aux Peres assemblés à Trente, dont le Pere Niceron n’a pas fait mention.
Postel croyoit que tous ceux, qui sous la loi de la nature & de la grace, (voyez tout le chap. 11) sub quâcumque lege, accomplissoient les devoirs de la loi ou de la nature, sans aucune connoissance du Médiateur, étoient sauvés ; & de crainte d’en laisser échapper aucun, il renferme dans cette classe, ceux mêmes qui ont entendu parler du Médiateur, & qui n’ont rien compris dans sa doctrine, ou s’ils l’ont compris, ont perdu cette connoissance, soit par la chute des temps, ou l’introduction des hérésies, ou la négligence des Pasteurs ; & comme notre corps, dit-il, a plusieurs parties vivantes qui ne sont pas exposées à la vuë, de même l’Eglise a plusieurs membres qui nous sont cachés, & qui ne paroissent pas dans sa Communion extérieure : malheur, malheur, s’écrie-t- il tout de suite, & mille fois malheur au monde, s’il ne renfermoit que cette lie de Chrétiens (foecem Christianorum) qui en portent le nom ! & tout de suite il dit, que c’est cette ame de J.C. unie éternellement à Dieu, qui produit dans les ames ces actes de charité qui conduisent à la gloire : enfin on est, selon lui, dans le giron de l’Eglise, quand on ne résiste pas à la vérité connuë : soli ab Ecclesiæ absunt gremio, qui vero agnito repugnant.
Il écrivit une lettre aux Peres du Concile de Trente pour appuyer son sentiment, & il y déclare de nouveau qu’une foi implicite & cachée du Sauveur suffit, il dit que Jesus-Christ parle en lui ; (loquitur in me Jesus) & à la fin [335] il demande qu’on lise avec beaucoup d’attention ses écrits, quia nostra non sunt sed Christi, sensibiliter in nobis Evangelium suum exponentis ; il leur demande comment ledit Concile pourra être oecuménique, vu qu’on n’y a pas appelé les Moscovites, les Grecs, les Arméniens, &c. Cette lettre est signée Elias Pandochoeus, elle est suivie d’une autre, écrite six ans après, où il établit encore le même sentiment.
2. Un ouvrage Latin manuscrit, intitulé, Apologia pro Serveto de animâ mundi, sivè de ea natura quæ omninò necessaria est, & habenda est media inter æternam immobilemque, & creatam mobilemque, &c. Auctore Guill. Postello Restitutionis omnium primogenito. C’est-à-dire, Apologie de Servet, où il est traité de l’ame du monde, ou de cette nature qui doit nécessairement exister, & qui est moyenne entre la nature éternelle & immobile, & la nature mobile & créée, &c. Ce livre étoit dans la bibliothéque de m. du Fay.
On a la plus grande partie des écrits de Guillaume Postel en manuscrits originaux à la Bibliothèque du Roi, parmi les manuscrits de M. Baluze.

Paracelse, Suisse de nation. Tous ses ouvrages respirent le naturalisme ; on l’a nommé ainsi que Cardan, l’Athée supersticieux.

Jean Bodin de Paris. On a de lui un ouvrage manuscrit assez rare, où le pur naturalisme est établi ; il est intitulé, de abditis rerum sublimium arcanis, colloquium heptaplomeres libris sex digestum. C’est-à-dire, entretiens de sept Interlocuteurs touchant les secrets les plus cachés des choses sublimes. [336]
Chaque Interlocuteur a sa tâche, les uns attaquent, les autres défendent ; l’Eglise Catholique est attaquée la premiere ; les Luthériens viennent ensuite sur les rangs ; le troisiéme choc tombe sur toutes les Sectes en général ; le quatriéme sur les Naturalistes ; le cinquiéme sur les Calvinistes ; le sixiéme sur les Juifs ; & le dernier sur les Sectateurs de Mahomet ; les Combattans sont tellement ménagés, que les Chrétiens sont toujours battus ; le triomphe principal est pour les Juifs & les Naturalistes.

Jordano Bruno, ou Jourdan Brun de Nole. Nous avons ses OEuvres Philosophiques en Latin, & un ouvragewww4www, intitulé, Spaccio della bestia triumphante, proposto da Giove, effetuato dal Conseglio, revelato da Mercurio, recitato de Sofia, udito da Saulino, registrato dal Nolano, diviso intre Dialogi, subdivisi intre parti : opera di Jordano Bruno Parigi in-8. 1584. C’est-à-dire, Dépêche de la bête triomphante, proposée par Jupiter, dressée par le conseil des Dieux, révélée par Mercure, rapportée par la Déesse Sophie, entenduë par Saulino, & enrégistrée par l’habitant de Nole, &c. A Paris 1584. Cet ouvrage est extrêmement rare, & n’a point été traduit.
Il est certain que les principes de Jordano Bruno sont assez conformes à ceux de Spinoza, il n’entend par le nom de Dieu, autre chose que la nature, ou un être infiniment étendu, dont il tâche d’établir la nécessité & l’éternité.
L’Evangile, dit M. de la Croze, parlant de l’ouvrage cité, y est tourné en ridicule, le nom d’imposteur y est répété plusieurs fois, & [337] appliqué aux trois Législateurs, à celui des Juifs, & à celui des Mahometans, sans en excepter notre Sauveur : cette exécrable Comédie finit par l’exclusion qu’on donne à toutes les Religions, pour substituer dans le Ciel le nom des vertus morales aux fausses Divinités du Paganisme.

Lucilio Vanini, Italien du Royaume de Naples, Philosophe Averroïste, qui convaincu d’Athéïsme, fut brûlé à Toulouse en 1619, âgé de 34 ans ; il étoit Prêtre, & avoit été Moine. Ses ouvrages sont :

  1. Amphiteatrum æternæ Providentiæ, divin magicum, Christiano Physicum, Astrologico Catholicum, adversus veteres Philosophos, Atheos, Epicureos, Peripateticos, Stoïcos, &c. Lugduni 1615. C’est-à-dire, Amphitéatre de la Providence éternelle, divine & magique, Chrétienne et Physique, Astrologue & Catholique, contre les anciens Philosophes, Athées, Epicuriens, Péripatéticiens, Stoïciens. Lyon 1615. Avec Privilege & Approbation.
  2. Julii Cæsaris Vanini Neapolitani, Theologi, Philosophi & Juris utriusque Doctoris, de admirandis naturæ Reginæ Deæque mortalium arcanis Libri IV. C’est-à-dire, quatre Livres de Jules César Vanini, Napolitain, Théologien, Philosophe, Docteur en Droit Civil & en Droit Canon, touchant les secrets admirables de la nature,qui est la souveraine, & la Divinité des hommes. Dédiés au Maréchal de Bassompierre, avec Privilege & Approbation. Paris, Adrien Perrier. 1616.
Je ne crois point que ces deux ouvrages aient été traduits en François, ils sont singuliers & peu communs.[338]
L’Apologie de Vanini a été faite en Latin par M. Arpe, imprimée à Roterdam en 1712. in-8. Nous avons sa vie qui est fort curieuse imprimée en Hollande in-12.(5)
Le livre des trois Imposteurs est attribué à Arnauld de Villeneuve, célébre Médecin de Bresse, & Philosophe Hermétique. Je ne sçais qui a vû cet ouvrage, & je doute fort de son existence. Il y a dans le quatriéme volume du Ménagiana, une dissertation de M. de la Monnoye, par laquelle il prouve que c’est un être de raison. Je crois en effet, qu’il n’y a point d’autre livre imprimé des trois Imposteurs, qu’un ouvrage Anglois imprimé à Londres en 1669, lequel a été traduit en François, & imprimé à Paris chez Robinot en 1673 ; il a pour titre, Histoire des trois célébres Imposteurs, Le Pere Ottoman, Mahomet Bei & Sabatæi Sevi. Ce dernier en 1666 se faisoit passer pour le Messie. Nous avons encore un ouvrage Latin, intitulé, De tribus Impostoribus magnis (Edoardo Herbert, Thoma Hobbes & Benedicto Spinosa ) Liber ; Autore Christiano Kortholto. Hamburgi 1700. in-4. Mais, comme on voit, ce dernier ouvrage loin d’être contraire à la Religion est uniquement en sa faveur. L’Histoire des Imposteurs insignes par Rocoles est trop connuë pour s’y méprendre. On peut donc conclure, que le livre mis sur le compte d’Arnauld de Villeneuve, est purement imaginaire. A l’égard d’un ouvrage manuscrit qui n’est point rare & qui a pour titre, Traité des trois Imposteurs, c’est un écrit très-récent & très-superficiel qu’on attribuë à divers Auteurs, & entr’autres au Comte de Boulainvilliers, je ne sçais sur quel fondement. [339]

Edouard Herbert, Baron de Cherbury, Anglois. Nous avons de lui un ouvrage assez particulier, intitulé, De la Vérité, en tant qu’elle est distincte de la révélation, du vraisemblable, du possible & du faux ; traduit du Latin 1639. in-4. Il a fait encore un autre ouvrage, intitulé, De Religione Gentilium, errorumque apud eos causis. De la Religion des Gentils, & des causes de leurs erreurs, réimprimé en Latin à Amst. 1645, in-4. & 1700, in-8. sous le titre, Eduardi Herbert, &c. de Religione Gentilium opus integrum. Je ne sçais s’il est traduit.

Thomas Hobbes(6) Anglois. Ses ouvrages sont fort connus : le plus considérable est son Leviathan, imprimé à Londres en 1651, in-fol. sous ce titre, Thomas Hobbes Leviathan, seu de materia, forma & potestate Reipublicæ Ecclesiasticæ & civilis. C’est-à-dire, le Leviathan de Thomas Hobbes, ou traité de la matiere, de la forme & de la puissance d’une République Ecclésiastique & civile. Je ne sçache point qu’il ait été traduit.
Nous avons encore ses Elémens philosophiques du Citoyen, traduits du Latin par Samuel Sorbiere, & imprimés à Leyde chez Elzevir. C’est dans ce livre qu’il avance cet étrange paradoxe, que la guerre est l’état naturel de l’homme. Ce dernier ouvrage étoit fort estimé de Gassendi & du Pere Mersenne ; on a sa vie écrite par lui-même en vers Latins.

Danielis Clasen de Religione politicâ liber unus ; Magdeburgi 1655. in-8. Traité de la Religion politique par Daniel Clasen ; à Magdebourg, &c.[340]

Theophrastus redivivus, sive Historia de iis quæ dicuntur de Diis, de mundo, de Religione, de animâ, Inferis & Doemonibus, de contemnendâ morte, de vitâ secundum naturam. Opus ex Philosophorum opinionibus constructum & doctissimis Theologis ad diruendum propositum, conscriptum anno 1695(7) . Theophraste ressuscité, ou Histoire des opinions vulgaires touchant la Divinité, le monde, la Religion, l’ame, l’Enfer & les Démons, où il est traité du mépris de la mort, & de la maniere de vivre selon la nature. Ouvrage composé des opinions des Philosophes, & proposé aux plus sçavans Théologiens pour le combattre. Manuscrit rare.

Baruch ou Benoît Spinosa(8) d’Amsterdam, fils d’un Juif Portugais, mort en 1677, âgé d’environ 45 ans. Ses ouvrages sont :

  1. Renati Descartes principiorum Philosophiæ more geometrico demonstratæ per Benedictum Spinosam, Amstelod. Pars prima & secunda : accesserunt ejusdem cogitata Metaphysica. Amst. 1663. in-4. C’est-à-dire, les deux premieres partiesdes principes de la Philosophie de René Descartes, démontrées géométriquement par Benoît Spinosa, avec ses pensées Métaphysiques.
    Une chose assez singuliere, c’est que, quoique Spinosa ait pu écrire en faveur de Descartes, les Cartésiens n’ont point voulu qu’il eut pensé comme leur maître, ou que leur maître eut pensé comme lui, & ils ont cru justifier Descartes du reproche d’Athéisme qu’on lui faisoit, en écrivant contre Spinosa.
  2. Tractatus Theologico politicus, continens aliquot dissertationes, quibus ostenditur liber- [341] tatem philosophandi, salvâ pietate & Republicæ pace, posse concedi. Hamburgi 1670. in-4. C’est-à-dire, Traité Théologique & Politique, contenant quelques dissertations, où l’on fait voir qu’on peut laisser à tout le monde la liberté de philosopher, sans intéresser ni la Religion, ni la tranquillité publique. La bonne édition de ce traité Latin est celle de Leyde in-8. 1673, qui est déguisée sous ce titre, Danielis Hensii operum historicorum collectio, &c. Recueil des ouvrages historiques de Daniel Heinss. On substitua ce titre au véritable, parce que Spinosa avoit commandé en mourant de ne pas mettre son nom à ses ouvrages, disant que cette affectation étoit indigne d’un Philosophe. Ce traité a été traduit en François sous trois titres différens : Le premier est, Réflexions curieuses d’un esprit désintéressé sur les matieres les plus importantes au salut, tant public que particulier. Cologne 1678. in- 12. Le second titre est, Clef du Sanctuaire, &c. Et le troisiéme, Traité des cérémonies superstitieuses des Juifs, tant anciens que modernes. Amst. 1678. in-12. Ces trois titres ne sont qu’une seule & même édition qui est unique. On attribuë cette traduction à trois différens Auteurs ; sçavoir, au Sieur de S. Glain, Auteur de la Gazette de Roterdam ; au Sieur Lucas (Auteur des quintessences si injurieuses à Louis XIV. ) lequel étoit ami & disciple de Spinosa ; & enfin au Comte de Boulainvilliers.
  3. Lucii Antistii (ejusdem Spinosæ) de jure Ecclesiasticorum liber singularis. Eleutheropoli 1665. in-8. Traité de la puissance Ecclésiastique par Lucius Antistius ; c’est-à-dire Benoît Spinosa. (Hollande.)
  4. Philosophia Sacra Scriptura interpres, [342]exercitatio paradoxa, in quâ veram Philosophiam infallibilem Sacras Litteras interpretandi normam esse demonstratur. (Auctore eodem Spinosâ .) Eleutheropoli 1666. in-8(9) La Philosophie interpréte de l’Ecriture Sainte, dissertation paradoxe, par laquelle on démontre que la véritable Philosophie est la régle infaillible pour interprêter les Saintes Ecritures. Hollande. On attribuë aussi cet ouvrage à Louis Meyer, Médecin d’Amst. qui étoit ami de Spinosa.
  5. B.D.S. (Benedicti Spinosæ) opera posthuma, anno 1677.in-4. Les ouvrages posthumes de Benoît Spinosa. Hollande. Ils ne sont point traduits, non plus que le précédent.
Nous avons deux Vies de Spinosa : l’une par Jean Colerus, tirée, à ce que porte le titre, des écrits de ce Philosophe, & du témoignage de ceux qui l’ont connu. Imprimée à la Haye chez Janson en 1706. in-8. L’autre par un de ses disciples, comme porte le titre, & attribuée par l’Editeur au Sr. Lucas. Imprimée à Hambourg en 1735. in-12.
On peut voir encore l’article de ce Philosophe dans le Dictionnaire de Bayle, & la censure de ce Critique qui lui-même étoit un vrai Spinosiste.

Thomas Brown Anglois. La Religion du Médecin, traduite du Latin(10) avec des remarques, & imprimée en 1668. in-12. Guy Patin l’appelle dans ses lettres, un agréable Mélancolique.

Les pensées de Simon Morin, (qui fut condamné par Arrêt du Parlement à être brûlé vif, en 1663.) imprimées en 1647. C’est un in-8. plat, d’une rareté extraordinaire(11). [343]

Hadriani Beverlandi peccatum originale philosogicè elumbratum(12). Eleutheropoli in horto Hesperidum, Typis Adami & Evæ, Teraæ filii. 1678. in-8. Le péché originel, dissertation critique par Adrien Beverland. A Eleutheropolis dans le jardin des Hesperides, de l’Imprimerie d’Adam & Eve, fils de la Terre.

Petri Chauvin Liber de naturali Religione. Roterod(13) 1693 in-8. Traité de la Religion naturelle, par Pierre Chauvin.

Adami Tribbecchovii(14) Historia naturalismi, à prima suà origine ad nostra usque tempora, edita cura & studio M. Joannis Tribbechovii filii. Jenæ Kebsius. 1700. in- 4. Histoire du naturalisme, depuis son origine jusqu’à notre temps, par Adam Tribbechove.

L. Joan. Diecmanni Schediasma de naturalismo, cùm aliorum, tùm maximè, Joannis Bodini ex opere ejus manuscripto de abditis rerum sublimium arcanis. Ibid. 1700. in- 4. Recueil sur le naturalisme, tiré des Auteurs qui ont écrit sur ce sujet, & principalement de l’ouvrage manuscrit de Jean Bodin, touchant les secrets de la nature.

L.Triderici(15) Ernesti Kettneri exercitationes historico Theologicæ de Religione prudentium. Jenæ Bielkius. 1701.in- 4. Essais historiques & Théologiques touchant la Religion des gens sensés, par Louis Frederic Ernest Kettner.

Méditations Philosophiques sur l’origine de l’ame, sur sa nature, &c.Gallo Anonymo cogitante, François & Latin. in-12.

Herm. Alex. Roelli dissertatio de Religione [344] rationali, editio quinta. Herbornæ Nassoviorum. 1705. in-8. Dissertation touchant la Religion naturelle, par Alexandre Roelle.

Essais(16) ou Défense de la raison & de la Religion contre les impostures des Philosophes, par Guill. Colins, en Anglois.(17) Lond. 1704. in-8.

Historia Jescuæ Nazareni, à Judæis blasphemè corrupta, ex manuscripto inedito, edita Hebraicè cum versione Latinâ & notis, per Jean-Jacob Huldricum. Lugdu Bat.(18) 1705. in- 8. Histoire de Jesus de Nazareth, altérée par les Juifs, & remplie de Blasphemes, imprimée ( d’après un manuscrit qui n’a point encore paru ) en Hébreu & en Latin, par Jean-Jacques Uldric, à Leyde.

Le Christianisme non mystérieux, ou Traité dans lequel on fait voir qu’il n’y a rien dans l’Evangile de contraire à la raison ni au dessus d’elle, & que la doctrine Chrétienne ne peut proprement s’appeller mystere, par Jean Toland, &c. en Anglois. Lond. 1702. in-8.
Nous avons encore de Toland : Origines Judaïcæ sive Strabonis de Moyse, & Religione Judaïcâ Historia breviter illustrata. Hagæ Comitum. 1709. in-8. Les origines Judaïques(19) , ou Histoire abregée de Moyse & de la Religion des Juifs, tirée de Strabon, avec des éclaircissemens. A la Haye.

Joan. Henr. Ursini de Zoroastre Bactriano, Hermete Trimegisto, Sauchoniate Phænicio, aliisque scriptis contra Mosaycæ Scripturæ antiquitatem, exercitationes. Norimb. 1661. in- 8. Dissertations de Jean Henri Ursain touchant [345] Zoroastre le Bactrien, Hermes Trimegiste, Sanchoniate Phénicien, & autres écrits semblables, contre l’antiquité des Livres de Moyse.

Joan. Marsham Canon.Chronicus, Ægyptiacus, Hebraïcus, Græcus, cum disquisitionibus. Lipsiæ, 1676. in- 4. Table des temps, ou Chronologie des Egyptiens, des Hébreux & des Grecs, avec des recherches curieuses, par Jean Marsham Anglois.

Etat de l’home dans le péché originel, où l’on fait voir, quelle est la source, quelles sont les causes & les suites de ce péché dans le monde. Imprimé en 1714. in-8.

Discours sur la liberté de penser, écrit à l’occasion d’une nouvelle secte d’esprits forts, ou de gens qui pensent librement, traduit de l’Anglois, & augmenté de la lettre d’un Médecin Arabe sur les reproches faits à Mahomet &c. traduit de l’Arabe. Londres 1714. in-8. Il y a une critique de cet ouvrage par M. de Crousaz.
Pensées libres sur la Religion, l’Eglise & le bonheur de la nation, traduites de l’Anglois du Docteur B.M. La Haye, Vaillant 1722. 2vol. in-8.

Pantheïsticon, seu formula celebrandæ Sodalitatis Socraticæ, in tres partes divisa, quæ Pantheïstarum seu sodalium continent mores & axiomata, numen & Philosophiam , libertatem & non fallentem legem neque fallendam : accedunt Diatriba de antiquis & novis Eruditorum sodalitatibus, ut & se universo, infinito & Æterno ; & dissertatiuncula de duplici Pantheïstarum Philosophiâ sequendâ, ac de viri op- [346] timi & ornatissimi ideâ : Auctore Jano Julio Eoganelio. Cosmopoli (Lond.) 1720. in-8. L’accord de toutes les Religions, ou établissement d’une Société Socratique, divisé en trois parties, qui contiennent les moeurs, les maximes, la Religion, la Philosophie, la liberté & la Loi infaillible & inviolable des Panthéïstes ou Confreres Socraticiens, avec une dissertation sur les Sociétés anciennes & modernes des Sçavans, sur l’univers, l’infini & l’éternel, sur les avantages de la double Philosophie des Panthéïstes, & sur le systême d’un homme d’esprit & de mérite. Londres.
Il suffit, pour dire un mot de ce Livre, que l’office de cette société Socratique prend pour Hymnes les Odes d’Horace, & termine ses Oraisons par, per omnia pocula poculorum.

Essais Métaphysiques sur Spinosa, par le C. de Boulainvilliers. Imprimé à...

Le Dictionnaire de Bayle, ses pensées sur la Comete, & presque tous ses ouvrages(20) .

Essai sur l’entendement humain, traduit de l’Anglois de Jean Lock. La matérialité de l’ame y est formellement établie.

Les Lettres Philosophiques de Voltaire.

Les Lettres Juives(21) du Marquis d’Argens ; les Lettres Cabalistiques & Chinoises, imprimées à la Haye, & ses Mémoires secrets, ou Anecdotes littéraires, ouvrage très-mal digéré.

Le Philosophe, petit ouvrage moral, attribué à M. de T... & que je crois(22) être de S. Evremont, s’il n’est du Marquis Colonne. [347]

D’habiles gens mettent encore dans la Bibliothéque des esprits forts, l’ouvrage de l’Abbé Houteville, intitulé, La Religion prouvée par les faits(23) , parce qu’on remarque que dans cet ouvrage, les objections sont beaucoup plus fortes que les solutions.

Par la même raison on y doit mettre un ouvrage de M. le Clerc, qui a pour titre, De l’incrédulité, où l’on examine les raisons qui portent les incrédules à rejetter la Religion Chrétienne(24) . Il est imprimé à Amst. chez Mortier 1714. in-12.

Par ces mêmes raisons il faut y ajouter Palingene, dont la belle édition est de 1722. M. Palingenii Zodiacus vitæ. Rot. 1722.
Ce Poëte dans son Zodiaque de la vie humaine, triomphe de la liberté Philosophique ; il entame mille questions sur lesquelles il baisse pavillon ; on est séduit dans ses premiers livres par l’art & l’adresse avec lesquels il résout les doutes qu’il a formés ; mais dans la suite ses dogmes l’embarassent, il développe la difficulté, & il l’abandonne pour entamer d’autres matieres, nouvelles sources de difficultés insurmontables : le Poëte Nicolaus Borbonius a senti au parfait l’esprit de l’Auteur, & le génie du Poëme ; j’ai parcouru, lui dit-il, votre Zodiaque, mais j’ai un mot à vous dire à l’oreille mon ami ; quelle espece de monstre avez-vous produit ?

Zodiacus cui titulum indidisti, avidissimè
Percurri : & ut paucis tibi
Quid sentiam dicam, ingenium admirator tuum,
Et laudo diligentiam ;
Sed est quod scire aveam aliquid ex te, & quod tibi
Dixisse in aurem pervelim,
Amice, quid hoc monstri est ?
Sans entrer dans l’esprit de l’Auteur, les curieux ne seront pas fachés de lire ce morceau sur les Prêtres & les Moines, c’est dans le signe du lion, pag. 125, vers. 580.
Si tibi suspecta est uxor, dubiique pudoris,
Non habeas pulchros famulos, pulchrosve sodales,
Cum quibus illa domi versetur. Deciperis nam,
Si quemquam fidum credes. Est nemo fidelis
In venere : illa dolis incautos fallere gaudet.
Fraude paratur amor, veneri gratissima fraus est.
Sed tua præcipuè non intret limina quisquam
Frater, vel Monachus, vel quâvis lege Sacerdos :
Hos fuge : pestis enim nulla hâc immanior : hi sunt
Fex hominum, fons Stultitiæ, sentina malorum,
[349]
Agnorum sub pelle lupi, mercede colentes
Non pietate Deum, falsâ sub imagine recti
Decipiunt stolidos, ac Relligionis in umbrâ
Mille actus vetitos, & mille piacula condunt :
Raptores, moechi, puerorum corruptores,
Luxuriæ atque gulæ famuli, coelestia vendunt.
Heu ! quas non nugas, quæ non miracula fingunt,
Ut vulgus fallant, optataque proemia carpant ?
Inde superstitio, & ludibria plurima manant :
Qua Dii, si sapiunt, rident, renuuntque videre.
Non pretio, sed amore, Deum vir justus adorat.
Deme autem lucrum, superos & sacra negabunt.
Ergo sibi, non coelicolis, hæc turba ministrat ;
Utilitas facit esse Deos ; quâ nempè remotâ,
Templa ruent, nec erunt Aræ, nec Jupiter ullus.
Hos impostores igitur, vulpesque dolosas
Pelle procul : quantumque licet tua janua vitet.

L’examen des Religions du monde, ouvrage manuscrit attribué au Comte de Boulainvilliers. [350]

Un autre ouvrage sur la Religion, attribué à M. de F... & qui est peut-être du Marquis Colonne. Manuscrit curieux, mais rare.

Le Ciel ouvert à tous les hommes, ou Traité Théologique, dans lequel, sans rien déranger des pratiques de la Religion, on prouve solidement par l’Ecriture Sainte & la raison, que tous les hommes seront sauvés ; composé par Pierre Cuppé, Prêtre, Bachelier en Théologie, Chanoine Régulier de S. Augustin, & Prieur Curé de la Paroisse de Bois dans le Diocese de Saintes. Manuscrit rare & curieux.

On pourroit y en ajouter plusieurs autres, qui, sans établir directement des principes aussi hardis que ceux-là, partent à peu près du même fond, & de cet esprit Philosophique redoutable à toutes les Religions. Tels sont par exemple :

Les Essais de Montagne, ce Pyrrhonien si ingénieux.

Le Traité de la sagesse de Charron, que le bon Pere Mersenne, admirateur outré de Hobbes, met sans façon parmi les Déïstes.

Les Lettres de Guy Patin pleines d’une liberté Philosophique qui dégénere si souvent en Cynisme.

Quelques ouvrages de M. Leibnitz.

Un Traité manuscrit des différentes opinions des anciens sur l’ame, & que je crois n’être autre chose qu’un extrait de l’ouvrage intitulé, Théophraste ressuscité.

Les OEuvres de S. Evremont, dont la ma- [351] niere de penser sent le terroir du pays libre dans lequel il a écrit.

Après ces ouvrages on peut faire suivre les satyres & les allégories en prose ou en vers, qui ont été faites contre la Religion.

Lucien est le premier satyrique en ce genre, & sans doute un des meilleurs plaisans.

Le Parnasse satyrique est un recueil rare & curieux, fait par le Poëte Théophile, où l’on trouve diverses Poësies,tant de Théophile lui-même, que de Bertelot, Motin & d’autres, lesquelles apparemment donnerent lieu à l’Arrêt du Parlement de 1623, rendu contre Théophile & ses complices, comme criminels de Leze-Majesté Divine, pour avoir fait des vers impies.

Le Conte du tonneau, traduit de l’Anglois du Docteur Swift, imprimé à la Haye chez Scheurleer en 2 vol. in-12. Il y a une allégorie fort singuliere sur l’établissement de la Loi nouvelle.

Noëls Bourguignons, de Bernard de la Monnoye, in-8. Il y en a quatre ou cinq éditions. La meilleure est celle de 1720. Dijon, in-8.

L’Histoire des Sevarambes, peuples qui habitent le troisiéme Continent, appellé la Terre Australe. Amst. Roger 1702, 2 vol. in-12.

Voyage de la Terre Australe, par Jacques Sadeur. Paris, Barbin (Hollande) 1693. in-12.

Voyage & avantures de(25) Jacques Massé. [352] Bordeaux, l’aveugle 1710. in-12. Son allégorie des abeilles est bien froide.

Les Princesses Malabares, Roman allégorique assez bien suivi, mais sans finesse & mal écrit. On l’attribuë à l’Abbé Lenglet Dufrenoy.

L’Epître Epicurienne de l’Abbé Chaulieu au Marquis de la Fare en vers.

La Moïsade de Rousseau.

L’Epître à Uranie de Voltaire.

L’Enrhumé, Piéce de la Monnoye.(26)

Les Poësies du Sr. Henault & de Madame Deshoulieres, dont plusieurs sentent le matéralisme, suivant la remarque de Bayle. Voyez l’Idylle du ruisseau de Madame Deshoulieres.

Mémoire des Pensées de J. M. Prêtre & C. d’Etrés en Champagne, sur une partie des abus & des erreurs, de la conduite & du gouvernement des hommes, où l’on voit des démonstrations claires & évidentes de la vanités& de la fausseté de toutes les Divinités, de toutes les Religions du monde, pour être adressé à ses Paroissiens après sa mort, & pour leur servir de témoignage de vérité à eux & à tous leurs semblables.
L’Auteur de cet ouvrage se nommoit Jean Meslier.
Ce livre, par rapport au style diffus & lâche, ne peut guere passer que pour un canevas ; l’Auteur y parle avec une déclamation outrée, & a mal touché la maniere du gouvernement, que l’on peut totalement supprimer. Cet écrit discute avec étenduë l’ancien & le [353] nouveau Testament par des principes établis & suivis. Ensuite il passe à la Métaphysique, & la traite d’une façon la plus ample, la plus claire & la plus hardie qui ait jamais paru. Suivant son systême il admet la matérialité pour premiere cause.
Il se trouve aussi du même Auteur des notes & réponses en marge, en réfutation des oeuvres Philosophiques sur l’existence de Dieu, démontrée par M. de Fenelon, avec des réflexions sur l’Athéïsme du P.T.J.
C’est tout ce que l’on a trouvé de cet Auteur après sa mort, qui arriva(27) en 1733. Il a travaillé toute sa vie en secret, & s’est donné de la peine pour attaquer vainement toutes les opinions reçuës sur la spiritualité, sur l’immatérialité & sur l’immortalité de l’ame ; sur la conduite des Souverains dans le gouvernement des Etats ; sur la distinction des conditions des hommes ; sur le partage & la possession des biens, voulant rappeller les hommes à leur premier état : supprimer le tien & le mien pour tout remettre en commun, & réduire l’usage des biens que la nature fournit abondamment aux seuls besoins.(28)

L’Espion Turc de Marana. On y trouve plusieurs Lettres, où l’Auteur s’explique avec toute la liberté d’un vrai Musulman sur la Religion Chrétienne.

Les Lettres Persannes de M. le Président de Montesquieu. Voyez principalement les Lettres 22, 28, 31, 35, 45, 49, 56, 63, 64, 66, 71, 73, 99, 100, 103, 110, &c.

Les Lettres Turques du Chevalier de Sainte Foy. [354]

Pensées Philosophiques de Diderot, imprimées en 1746, avec cette devise : Piscis hic non est omnium.

Les Moeurs, ouvrage Philosophique par M. Toussaint, avocat en Parlement. 1748.

De l’Esprit des Loix, par M. le P. de Montesquieu. 1749. in- 4. & in-12. L’Auteur a beau protester dans sa Défense, qu’il est très-bon Chrétien & très-orthodoxe. On reconnoît dans tout son ouvrage la plume ingénieuse qui écrivoit, il y a trente ans, les immortelles Lettres Persannes.

Telliamed, ou systême de M. de Maillet, ancien Consul de France au Caire, dont Telliamed est le nom renversé. Ce Naturaliste prétend que nous provenons tous du sein des eaux qui inondoient autrefois toute la surface de la terre.

L’Eloge de la folie & les Colloques d’Erasme.

Entretiens sur divers sujets d’Histoire, de Littérature & de Religion. Cologne 1711, in-12.

Parrhasiana, ou pensées diverses de Théodore Parrhase. Amst. 1701, 2 vol. in-12.

Le Divorce Céleste de Pallavicini. 1696, in-12.

Histoire des tromperies des Prêtres & des Moines, décrites dans un voyage d’Italie, par d’Emiliane. Amst. 1712, 2 vol. in-12.

Nouvelles libertés de penser. Amst. 1743, in-12. [354]
Ce livre contient cinq petits traités, dont quelques-uns sont curieux.

Recueil de Piéces curieuses sur les matieres les plus intéressantes, par Albert Radicati. Rotterd. 1736. in-8.
On trouve dans cet ouvrage, Nazarenus & Lycurgos mis en parallele par Lucius Sempronius.(29)