Notes Brèves


Sur les filigranes des papiers français des XVIIe et XVIIIe siècles.

La rubrique la plus dissuasive de la fiche de catalogage pour l’inventaire des manuscrits philosophiques clandestins est, de l’avis de tous, celle qui concerne le papier et en particulier le filigrane. L’an dernier, Françoise Weil a présenté dans le premier numéro de la Lettre Clandestine (p.11) une note sur les dates et les fabricants. L’intention initiale du comité de rédaction était de commencer dans ce deuxième numéro la description des filigranes les plus courants et de donner une bibliographie. L’entreprise s’avère proche de l’utopie. On se contentera donc de remarques élémentaires et d’un très modeste début de ce que l’on n’oserait appeler une bibliographie.

Les filigranes sont si divers qu’il faut renoncer à trouver un ouvrage qui les reproduise tous et dans lequel les images en permettraient l’identification. Chaque lecteur doit donc décrire le plus clairement possible, dans son langage, le dessin qu’il parvient à discerner en transparence : aigle, blason, clé, coq, coeur, colombe, corne d’abondance, couronne, croix, dauphin, feuille, flèche, fleur, fleur de lys, glaive, main, panier, puits, raisin, sceptre, soleil, etc., avec le maximum de précisions sur les fruits, fleurs, animaux, souvent mythiques, sans oublier le nombre de ces éléments, la place des uns par rapport aux autres et par rapport à l’éventuelle date. L’idéal serait, après avoir repéré l’endroit et l’envers du papier, de regarder la page en transparence, à la lumière du jour. C’est en général très déconseillé pour la reliure, d’autant plus que le dessin est souvent placé à la couture des feuilles. Avec une lampe de poche et beaucoup de patience, surtout pour raccorder entre elles les parties d’un tout différemment coupé d’une page à l’autre, on arrive à un résultat souvent incomplet mais qui est une première donnée utile. Il faut vérifier que le filigrane est le même d’un bout à l’autre du manuscrit, même s’il ne s’agit pas d’un recueil, et, dans le cas contraire, recommencer l’opération.

On pourra s’aider des ouvrages suivants qui se trouvent notamment en Usuels à la réserve de la B.N. :

BRIQUET (Charles Moïse),
Les Filigranes, Dictionnaire historique des marques du papier dès leur apparition vers 1482 jusqu’en 1600, Genève, 1907, 4 vol..
COTTIER (Elie),
L’Histoire d’un vieux métier. Le papier d’Auvergne, Clermont-Ferrand, 1974.
CHURCHILL (William Algernon),
Watermarks in paper, in Holland, England, France, etc., in the XVIIth and XVIIIth centuries and their interconnections, Amsterdam, 1935.
HEAWOOD (Edward),
Watermarks, mainly of the 17th and 18th centuries, Hilversum, 1950.
Concluons sur un appel aux lecteurs pour qu’ils nous fournissent remarques, renseignements, conseils et titres en vue du numéro de l’an prochain. D’avance merci.

(Geneviève Artigas-Menant)


Sur quelques traductions anciennes et parfois inconnues du Traité des trois imposteurs / Esprit de Spinoza.

Certains cercles clandestins de radicaux allemands, tout particulièrement en Saxe, ont joué un rôle particulier dans la diffusion précoce du Traité des trois imposteurs. Les manuscrits qui sont soit actuellement disponibles dans les bibliothèques allemandes, soit enregistrés dans les catalogues allemands du 18e siècle, sont assez nombreux. Par ailleurs, les références précoces au Traité telles le premier témoignage indiscutable sur le Traité des trois imposteurs — c’est-à-dire la description par Tentzel — comptent parmi les points de repère capitaux dans l’histoire du texte. Il est moins connu que plusieurs traductions ont été faites avant même la parution du texte imprimé du Traité / Esprit en 1719. Il y a eu au moins deux traductions latines, dont la première (n° 1) est maintenant perdue, mais est décrite dans un article qui contient le premier extrait imprimé du Traité. Outre les traductions du texte entier, différents fragments du texte circulaient : deux copies de traductions allemandes du chapitre sur Moïse (n° 3 et 4) ont survécu.

(Winfried Schröder – trad. A. McKenna)


Rapport d’une mouche de la police parisienne sur le nommé Gautier.

Le rapport qui suit (Arsenal, ms 10159, f° 219-220) est daté du 14 juin 1729, soit quinze jours avant la mort du curé Meslier. Nous le transcrivons en modernisant l’orthographe (à l’exception des trois mots suivis de [sic]) :

« On a eu plusieurs fois la conversation d’un particulier tant dans le Palais le matin que dans le Luxembourg les après-midi. On croit être obligé en conscience d’en rendre compte parce qu’elle est des plus ateisme [sic].

Il dit en premier lieu que la religion n’est qu’un ouvrage humain, que Moïse était un tyran qui a su s’assujetir les peuples de son temps par la tyrannie, qu’il a inventé un culte pour leurrer ce même peuple, que les potentats de la terre suivent son exemple.

Secondement que l’incarnation de Jésus est encore la chose la plus absurde qu’on ait pu imaginer, qu’il faut vivre sans réflexion pour ne pas concevoir que Dieu ne peut pas faire l’impossible, qui est d’avoir fait prendre un corps dans le ventre d’une femme sans que cette même femme ait contribué charnellement à la coopération de ce fils, que par conséquent il ne peut être Dieu ni engendré de Dieu.

En troisième lieu il dit que le sacrement d’Eucharistie est aussi l’ouvrage humain, qu’on peut au plus le regarder que comme une mémoire de la scène [sic] que Jésus-Christ fit avec ses apôtres avant que de mourir. Il soutient ce raisonnement par les paroles mêmes dont Jésus-Christ s’est servi pour l’institution de ce sacrement, mais il revient toujours à soutenir sa première opinion qui est de nier un dieu en trois personnes.

En quatrième lieu il dit que s’il était vrai que J[ésus] aie voulu que la postérité croie la réalité de son corps au saint sacrement de l’hôtel [sic] il n’aurait pas permis que les apôtres qui ont été témoins de son institution l’aient comme abandonné sitôt qu’il a été institué et qu’ils n’aient pas dit la messe comme la dit aujourd’hui dans nos églises.

Il soutient que ce sont les papes qui sont les fabricateurs de la religion que nous professons et que les grands de la terre l’ont mis à profit pour tenir leurs sujets dans la crainte et dans l’anéantissement. Il ne perd néanmoins point le respect envers les ministres.

Il se nomme Gautier et il demeure rue aux fevres près Saint Germain le Viel.

On omettait de marquer qu’on lui a observé que notre religion ne consiste que dans un acte de foi, à quoi il a répondu que la foi est un don de Dieu, que par conséquent il ne dépend que de lui de le donner, que puisqu’il ne le donne pas on n’est pas d’obligation de croire ce qu’on nous dit être incompréhensible ».

(Françoise Weil)


Quelques témoignages “bourboniens” à propos du De tribus impostoribus.

Les Borboniana, recueil manuscrit d’anecdotes littéraires et historiques assemblées par Guy Patin (1602-1672) d’après ses souvenirs de discussion avec Nicolas Bourbon “le jeune” (1574-1644), en la petite académie savante que ce poète et professeur de grec au Collège Royal réunit à l’Oratoire de 1630 jusqu’à sa mort(1), nous conservent une série de témoignages intéressants et assez peu connus à propos du De tribus impostoribus. Témoignages non entièrement nouveaux, puisque J.-J. Denonain y renvoyait dans son étude sur « Le Liber de tribus impostoribus du XVIe siècle » (Aspects du libertinisme au XVIe siècle, Paris, Vrin, 1974, pp. 220, 221, 224, 225), puis Germana Ernst dans « Campanella e il De tribus impostoribus » (Nouvelles de la République des Lettres, 1986-2, p. 167, n. 67). Mais le premier très allusivement et sans références précises, et la seconde à partir d’une édition incomplète des Borboniana donnée par l’abbé Philippe-Louis Joly dans le tome II des Mémoires historiques et littéraires par feu M. [François] Bruys (Paris, 1751), réalisée à partir d’un manuscrit lui-même incomplet(2). C’est pourquoi nous ne jugeons pas inutile de reproduire ici les passages intéressants, extraits du ms. fr. 9730 de la Bibliothèque Nationale (2nde partie, “B” = Mémoires curieux), qu’une note manuscrite sur la page de garde estime « autographe de Guy Patin ». Outre ce manuscrit et celui, fragmentaire, qui a servi à Joly, un troisième est identifié par René Pintard à Wiesbaden sous le titre « Borboniana, ou singularités remarquables prises des conversations de Messieurs Nic. Bourbon et Guy Patin »(3). On ne s’étonnera donc pas que ces réflexions mêlées de Nicolas Bourbon et de Guy Patin, rédigées selon toute vraisemblance entre 1630 et 1644, aient pu servir de source à plusieurs critiques du XVIIe siècle à propos du De tribus impostoribus — Struve par exemple(4). Les spécialistes de ce traité n’auront aucune peine à effectuer les rapprochements qui s’imposent et à repérer éventuellement les informations inédites (concernant par exemple l’hébraïsant Buxtorf comme détenteur d’un traité imprimé). Les quelques notes que nous ajoutons ont une valeur seulement indicative. Nous respectons l’orthographe, mais avons à plusieurs reprises modifié la ponctuation et placé les titres et citations latines en italiques.

B.N., ms. fr. 9730, B : Memoires curieux, p. 31-32 :

« Estant un jour chez Campanella, je pris par hazard un livre qui estoit sur sa table : c’estoit son Atheismus Triumphatus, in 4, edition de Paris 1636, à l’ouverture duquel, pag. 184, je vis ces mots : hanc sententiam mordicus tuetur Machiavellus, et liber de tribus impostoribus impiissimus fovet(5). Je pris de là occasion de luy demander des nouvelles de ce livre de Tribus Impostoribus, esperant qu’il m’en apprendroit de certaines, puisqu’il citoit & refutoit ses opinions dans son livre. Il me dit qu’il l’avoit veu à Rome entre les mains d’un florentin nommé Franciscus Puccius(6), qui luy avoit asseuré que l’Autheur de ce livre estoit Marcus Antonius Muretus, qui avoit été un parfait athée(7). Inquiebat ille Puccius. Tres illi impostores erant Moses, Messias Iesus Christus & Mahometus. Mais cela n’est pas croyable de Muret, qui avoit l’esprit trop bon, et estoit trop habile homme pour estre athée. Franciscus ille Puccius erat Sæcularis : in hæresim eam tandem incidit, ut crederet et ubique prædicaret se esse missum a Deo ad Reformationem ecclesiæ et ad conversionem omnium impiorum : verum, cum in eiusmodi concionibus papalis aulæ mores attigisset, ab inquisitoribus in carcerem raptus [captus ?] est, et eorum decreto ut hæreticus vivicomburium Romæ passus est. Non est ergo quod fidem [p. 32] ullam adhibeamus isti hæretico Puccio, in doctissimi hominis Mureti contumelia, quem omnes prædicant fuisse virum optimum. M. du Pont m’a dit qu’estant jeune, il a connu à Cahors un sçavant theologien nommé M. Magnien, auquel il a ouy dire maintefois ces mots : utinam numquam legissem pessimum illum librum de tribus impostoribus. Meo iudicio peccat gravissime Campanella in suo Atheismo Triumphato, dum nimis libere eiusmodi Atheorum et Impiorum obiectiones et sophismata in christianam religionem recenset : ut Garassus en sa doctrine curieuse et Vanini en ses dialogues : qui talia mala proponunt videntur docere. On ne devroit pas permettre que tels livres fussent imprimez. Iustus Lipsius in Exemplis et monitis politicis, cap. 4 lib. 1 p. 31 trium illorum Impostorum meminit. M. d’Amboise(8), maistre des requestes, a dit autrefois à M. de Bourbon que l’autheur de ce livre de Tribus Impostoribus estoit Estienne Dolet, qui fut bruslé à Lyon pour hérésie l’an 1543(9). Cet Est[ienne] Dolet estoit un pur athée, vide Iul[ium] Caesarem Scaligerum, Poeticos lib. 6 cap. 4 p. 730 edit. in 8° 1607. Atheos passus est flammæ supplicium : flamma tamen eum puriorem non effecit ; ipse flammam potius effecit impuriorem. »
Ibid., p. 37 :
« Campanella a tort de dire qu’il [Muret] est l’Autheur de ce meschant livre de tribus impostoribus : ce ne fut jamais luy : on m’a dit depuis peu que Postel est autheur de ce pernicieux livre(10). Un mien amy l’a veu autrefois à Basle dans l’estude de Buxdorfius(11) qui assuroit que Postel en estoit l’Autheur : le livre estoit imprimé, le style et le latin ressembloient fort à celuy de Postel, qui autrefois avoit esté jésuite. Je crois qu’il n’a jamais esté imprimé et par conséquent, que cet Amy, qui est un moine, a menti. De Postello vide Thuanum(12) ».
Denonain (art. cit., p. 221 et 225) évoquait un dernier témoignage que nous n’avons pas encore retrouvé dans les volumineux Borboniana, témoignage selon lequel Campanella crut que l’auteur du traité était « un fripon de juif qui avait quitté la Religion et qu’il avait été imprimé en Pologne »(13).

(A. Mothu)


Notes et conjectures sur le Symbolum sapientiæ.

On sait que les copies du Symbolum sapientiæ (parfois sous le titre Cymbalum Mundi) conservées dans les bibliothèques publiques sont très différentes les unes des autres, certaines comportant trois, d’autres deux chapitres (ces dernières omettant le chap. III : «De Deo »). Pour les historiens des idées et de la philosophie, l’une des différences les plus intéressantes entre ces copies est l’étendue variable des extraits du Tractratus theologico-politicus et des Opera posthuma de Spinoza qui ont été insérés dans le texte.

Le manuscrit de Vienne, cote 10337, qu’on peu supposer être le plus ancien — il est du moins le premier attesté, dans la Bibliotheca Hohendorfiana de 1720 —, comporte quelques citations du Tractatus de Spinoza : p.ex. f° 35 r° : l’attaque de Spinoza contre l’anthropomorphisme biblique concernant Dieu. D’autres manuscrits comportent nombre d’autres extraits des ouvrages de Spinoza, non seulement du Tractatus mais aussi des Opera posthuma : la citation du commentaire caustique de Spinoza sur l’incarnation du Christ (Epist. 78) dans le ms. de Berlin (Ms. Diez. C. Quart. 27, p.53), qui manque dans le ms. de Vienne. Par ailleurs, certains des arguments principaux de Spinoza en faveur de la libertas philosophandi sont longuement cités dans certaines copies d’une date plus tardive que l’exemplaire de Vienne : par ex. Berlin (Ms. Diez. C. Quart. 27, p.132 sq.), et Halle (Misc. 8° 2, f° 89). Quoique Spinoza, tout en étant la source principale du Symbolum, ne soit pas mentionné explicitement dans les manuscrits, le Symbolum est un exemple de ce que Paul Vernière a appelé le « spinozisme de contrebande ».

La critique biblique et la philosophie religieuse de Spinoza sont ici adaptées d’une manière très particulière. Visant à détruire toute religion, qu’elle soit révélée ou naturelle, le Symbolum utilise des fragments du Tractatus comme arguments qui conduisent à une philosophie plus radicale encore que l’attitude critique de Spinoza à l’égard des religions traditionnelles. D’autre part, on ne trouve trace dans le Symbolum ni de la tentative spinoziste de séparer (et de réconcilier) la philosophie et la théologie, ni de son point de vue sur la fonction sociale de la religion. Ces deux aspects de l’adaptation du Tractatus de Spinoza dans le Symbolum nous paraissent caractéristiques de la réception de Spinoza dans la littérature clandestine.

Les origines du Symbolum Sapientiæ restent inconnues. Il ne fait guère de doute, cependant, qu’il n’a pas été composé, comme le prétendent très souvent les pages de titre, par un auteur italien (ex manuscriptis auctoris Itali). Plusieurs citations de la Bible allemande ainsi que certains proverbes propres à l’Allemagne (par ex. Vienne, f° 20r°, 28r°, 59r°-v°) fournissent des indices assez convaincants quant à l’origine allemande du texte. D’ailleurs, dans les premiers débats en Allemagne sur le Symbolum, certains érudits ont essayé de l’attribuer au spinoziste Georg Wachter, mais sans arguments convaincants. Il y a aussi de nombreuses traces de ce texte dans les livres et catalogues de bibliothèques en Allemagne à partir des années 1720. Enfin, il vaut d’être mentionné qu’il existait une traduction allemande manuscrite, Der Wahlspruch der Waisheit, d.i. die gründliche Lehre von der Religion, von Gott und von der insgemein so genannten heil. Schrift, so wohl dem gemeinen, als dem Jüdischen, Christlichen und Türckischen Aberglauben entgegen gesetzet […] 1748, qui a maintenant disparu, mais qui a été décrite en détail au milieu du XVIIIe siècle (voir les références dans mon article : « Das Symbolum Sapientiæ / Cymbalum Mundi und der Tractatus theologico-politicus», Studia spinozana, 7 (1991), p.227-239).

Au début du XIXe siècle, l’érudit G.G. Pappelbaum a tenté d’éditer le Symbolum : voir Symbolum Sapientiæ […] Ex MSto transcripsit, notitiam literariam præmisit et adnotationes criticas adiecit G.G. pappelbaum, Berolini, 1809 (Berlin, Staatsbibliothek, ms. latin 8° 66). Ce manuscrit, mentionné pour la première fois dans l’Iter italicum de Kristeller, témoigne du travail philologique de Pappelbaum et comporte les résultats de sa recherche historique, y compris quelques rectifications du texte qui, en effet , dans la plupart des copies, est très corrompu.

(Winfried Schröder — trad. A. McKenna)


Pour information.

  • Martin Mulsow informe que le Codex de Kiel (ms. Kiel, K.B. 89), qui contient le texte de l’Esprit de Mr. B. Spinoza (f° 35-153), présente aux folios 76 sq. les mêmes additions avec renvois à Naudé et Charron, que F. Charles-Daubert signalait pour BSB München Cod. Gall. 415 et pour Krakau Ms. 6219 (cf. « Les traités des Trois imposteurs et L’Esprit de Spinoza », Nouvelles de la république des lettres, 1988-1, p. 21-50).

  • Alain Mothu a constaté la récente disparition, dans la boîte 10307 de la Bibliothèque de l’Arsenal (Archives de la Bastille), d’une petite épigramme sur Boindin (de J.B. Rousseau ou à lui attribué ?) dont il avait pris copie en 1992 :
    « Boindin, régent du café Procope
    Vient de quitter ses élèves chéris
    Je vois du coup l’athéisme en syncope
    Rassurez-vous mécréants de Paris
    Petit abbé* prédicateur en bosse
    Peut de la secte assurer le progrès
    Par sa doctrine il a manqué la crosse
    Sa preuve est faite, il a droit aux sifflets »

    * En marge : L’abbé Margon [?]

    La même boîte contient un manuscrit annoté, démembré et apparemment incomplet, du Moyen de parvenir [c. 1610] attribué à F. Béroalde de Verville. Il ne s’agit pas d’un “clandestin” à proprement parler, mais on retrouve ce texte satirique (réédité en 1773) dans le catalogue des « livres philosophiques » de la Société typographique de Neuchâtel en 1775 (cf. R. Darnton, Edition et sédition, Paris, Gallimard, 1991, p. 240), et la dissertation de La Monnoye à son sujet (voir OEuvres choisies, éd. de 1770, II, p. 433-440) dans plusieurs recueils classés clandestins (par ex. Vienne 10397 [3], provenant de Hohendorf).