BIBLIOGRAPHIE

Publications récentes ou sous presse

Artigas-Menant (G.),
  • « Quatre témoignages inédits sur le “Testament” de Meslier », dans Le Matérialisme des Lumières : Dix-Huitième Siècle, n° 24, Paris, P.U.F., 1992, p. 83-94.
    Édition des témoignages et introduction. Érudit, bibliophile, collectionneur de manuscrits, Thomas Pichon (1700-1781) possédait aussi une copie du Mémoire de Meslier. Parmi ses papiers, conservés à Vire, on trouve plusieurs textes (dont un daté de 1737) qui témoignent de la circulation et de la célébrité de l’ouvrage du curé Meslier dans sa version intégrale, indépendamment donc de l’Extrait des sentimens de Jean Meslier, qui sera publié par Voltaire en 1763. Les trois pièces publiés par G. Artigas-Menant sont anonymes et partagent la même inspiration vaguement déiste : d’où la répugnance vis-à-vis de l’athéisme de Meslier.
  • « Un Français chez les Micmacs en 1752 : Thomas Pichon », dans Actes du huitième congrès international des Lumières, Oxford, The Voltaire Foundation,1992, p. 1593-1597.
    Grand collectionneur de manuscrits philosophiques clandestins, Pichon (Vire 1700-Saint-Hélier 1781) n’a publié qu'un livre, Lettres et mémoires sur le Cap breton (Londres, Nourse, 1760). Il a commencé à le rédiger en 1752 lorsqu'il était secrétaire du gouverneur de l’Ile Royale. La valeur documentaire de cet ouvrage, en particulier sur les coutumes des Micmacs, est encore reconnue, mais ce qui retient notre attention ce sont les sous-entendus philosophiques. Le voyage véridique chez les sauvages est un prétexte pour exprimer son matérialisme et sa critique de la religion révélée en même temps qu’un système politique fondé sur la complicité de la religion catholique. Le catalogue de la bibliothèque de Pichon, conservé à la bibliothèque municipale de Vire comme une partie de ses manuscrits, renseigne utilement sur l'origine de ses idées.
  • « La religion dans Les Illustres Françaises », dans Leçons sur Les Illustres Françaises de Robert Challe, Actes de la table ronde de Créteil, Paris, Champion-Slatkine, 1993, p. 217-239.
    La question la plus délicate que pose l'attribution à Robert Challe des Difficultés sur la religion proposées au père Malebranche concerne la religion des Illustres Françaises. Comment concilier le déisme violemment anti-catholique du traité et le conformisme bien pensant d'un roman dont seule la septième et dernière histoire est ouvertement consacrée à un héros subversif ? C'est qu'en réalité la critique n'est pas confinée à la fin du roman, elle est disséminée sous la forme de l'allusion, du blasphème déguisé, beaucoup plus corrosifs que la dérision bruyante du jeune Dupuis. Au milieu de ce libertinage diffus, souffrent et meurent des héros, victimes de leur fidélité à la religion dans laquelle ils sont nés. Le destin de ces personnages, morts en “odeur de sainteté”, martyrs de l'illusion, condamne le catholicisme et ses dogmes. Une doctrine inspire le roman, fondée sur une haute idée des devoirs naturels de l'homme. La religion des Illustres Françaises est une religion sans moines inutiles, sans célibat forcé, sans sacrements, sans prédestination, sans grâce. Religion de la conscience, de la pénitence, du salut. Religion difficile à démêler d'une superstition haïssable, pour une humanité prête à tomber dans l‘erreur, à se tromper sur lesmotifs de ses propres actions. Les Illustres Françaises ne représentent ni un recul prudent par rapport aux Difficultés ni un retour à la foi perdue.
  • « La prière dans les Difficultés sur la religion » , dans Autour d’un roman : “Les Illustres Françaises” de Robert Challe, Paris, Champion, Collection Unichamp, 1992, p. 41-55, repris dans Autour de Robert Challe, Actes du Colloque de Chartres, Paris, Champion 1993, p. 257-270.
    Sur les 481 pages des Difficultés, la prière n'occupe que deux pages et demie mais elles retiennent l'attention. Challe pratique et recommande la “prière en esprit”, adoration et pénitence, qu’enseignera le chef de famille, remplaçant du prêtre. Ce culte familial ne suffit pas et on s'assemblera certains jours pour entendre un discours sur Dieu, suivi d'une prière unanime et d’une méditation particulière. On gravera sur le bronze ou le marbre, en langue morte et en langue vulgaire, un modèle de sermon et de prière , renouvelable tous les cent ans. La posture idéale est d'être à genoux, les yeux fermés, le visage dans les mains “s’appuyant sur les coudes”. Mélange de fidélité et d'hérésie, son traité sent la libre-pensée mais surtout l'après-Réforme. On y reconnaît le Catéchisme du Concile de Trente, Nicole, Jean-Baptiste de la Salle, les exercices pour la confession. Dans sa recherche rationnelle d'une religion naturelle, Challe revient à la religion de ses origines, après l'avoir dépouillée de ce qui lui paraît la défigurer. Un christianisme rénové, sans Christ bien entendu.
  • « L’utilisation de la Rome antique dans la propagande anti-catholique au XVIIIe siècle », dans Images de l’Antiquité dans la Littérature française, Paris, Presses de l’Ecole Normale Supérieure, 1993, p. 125-136.
    Deux ouvrages servent de base à cette réflexion : les Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde (9 vol. in fol., 1723-1748), publié par J.-F. Bernard et gravé par B. Picart et L'Antique Rome (1 vol. in 4°, 1796), par J. Grasset de Saint-Sauveur, gravé par Labrousse. Le frontispice de Picart, « Tableau des principales religions du monde », est à lui seul un programme polémique : de la Rome antique à la Rome catholique, la filiation d'un clergé à l’autre, la complicité des pouvoirs, l'union entre le culte et la débauche. La compilation de Bernard illustre la méthode du recueil, fait pour fournir au lecteur un arsenal critique. L’illustration, instrument de propagande, en fait un livre plus subversif que ses autres “dissertations mêlées”. Grasset l'a compris : sa galerie de costumes suggère une parfaite objectivité documentaire et il conclut le condensé des coutumes religieuses de la Rome antique en disant que son « esquisse peut servir de terme de comparaison ».

    Benítez (M.),
  • « Un spinozisme suspect. A propos du Dieu de Boulainvilliers », dans Le Matérialisme des Lumières : Dix-Huitième Siècle, n° 24, Paris, P.U.F., 1992, p. 17-28.
    Le spinozisme de Boulainviller est suspect, car, loin d’accepter la doctrine spinoziste de l’attribut, Boulainviller la dénature complètement, ne voyant dans les attributs que de simples manifestations sensibles de la substance. De surcroît, les deux attributs accessibles aux hommes (étendue et pensée) n’ont pas pour lui une réalité ontologique; ils ne sont qu’un produit de l’entendement humain: des abstractions, des idées générales. Or, puisque Boulainviller soutient que la substance ne peut être connue que par ses attributs, il s’ensuit que la nature divine, qui contient, selon la doctrine spinoziste, un nombre infini d’attributs, devient inconnaissable. Cette conclusion inattendue révèle, chez le spinoziste Boulainviller, une véritable rupture avec le Dieu de l’Éthique.
  • « Eléments d’une sociologie de la littérature clandestine : lecteurs et éditeurs de Telliamed », dans F. Moureau, De bonne main..., p. 71-96 ; résumé partiel (« La première édition du Telliamed ») : Transactions of the Eighth International Congress on the Enlightenment, III [S.V.E.C. 305], Oxford, The Voltaire Fondation, 1992, p. 1750-1752.
    Ouvrage d’une vie, Telliamed se modifie aussi en fonction du dialogue continuel de l’auteur avec ses lecteurs-collaborateurs. Après une tentative auprès de Fontenelle (vers 1726-1728), Maillet envoie son traité au marquis de Caumont avec d’autres manuscrits clandestins. Cependant il ne conçoit pas son système comme un « jeu frivole » mais comme une « véritable histoire de la terre », et ce n’était pas « la meilleure façon de provoquer une discussion » à son sujet. La multiplication des copies finira par rendre nécessaire une édition. On définit alors le rôle de l’abbé Le Mascrier et de l’avocat Jean-Antoine Guer dans la préparation de la première édition du Telliamed, qui sortira des presses parisiennes clandestines de Bonin et La Marche l’été 1748, sous le contrôle du lieutenant de police Berryer. On s’intéresse ensuite au projet carressé par Maillet de joindre à son Telliamed des « Observations sur la nature de l’âme » de sa composition. Il pourrait bien s’agir du Décameron sur l’âme que Guer voulait faire paraître sous son nom en 1751, et qui n’a jamais vu le jour.
  • « La diffusion du Traité des trois imposteurs au XVIIIe siècle », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 40-1, janvier-mars 1993, p. 137-151.
    L’A. fait le point sur l’origine et la diffusion du Traité..., qu’il date entre 1677 et 1690 et en tout cas avant 1700. Les premières attestations proviennent d’érudits allemands comme Tentzel et Struve, mais certains témoignages sont sujets à caution pour ce qui regarde l’existence de plusieurs versions (parmi lesquelles celle, latine, étudiée de nos jours par W. Gericke). Très tôt le traité circule aussi sous le titre L’Esprit de Spinoza, c’est sous cette forme qu’il sera imprimé en 1719. La première attestation française remonterait à 1723 (J. Lecouteux, diffuseur de nouvelles à la main, est arrêté pour avoir fait tirer une copie du traité). D’autres rapports de police confirment la vaste diffusion du texte en France avant les éditions imprimées des années 1768-1796.

    Berti (S.), Charles-Daubert (F.), Popkin (R.H.),
  • éd., Heterodoxy, Spinozism and Free-Thought. The Traité des trois imposteurs in the European Culture of the Early Enlightenment, Dordrecht, Kluwer Academic Publishers, 1994.

    Berti (S.),
  • « The first edition of the Traité des trois imposteurs and its debt to Spinoza’s Ethics », dans M. Hunter et D. Wooten (éd.), Atheism from the Reformation to the Enlightenment..., p. 182-220.
  • « Scepticism and the Traité des trois imposteurs », dans R.H. Popkin et A.J. Vanderjagt (éd.), Scepticism and irreligion in the Seventeenth and Eighteenth centuries..., p. 216-229.

    Bianchi (L.),
  • « “Nullo modo autem mors timenda est” : paura e ragione secondo il Theophrastus redivivus », dans L. Guidi, M.R. Pellizzari, L. Valenzi (éd.), Storia e paure, Milano, Angeli, 1992, p. 43-54.
    Dans le Theophrastus redivivus, le thème de la peur n’est pas seulement un instrument pour expliquer l’origine des religions ; c’est une catégorie anthropologique qui permet de comprendre la nature de l’homme et l’organisation de la société. Plus attentif aux classiques qu’aux modernes, l’auteur du Theophrastus récupère les doctrines morales du stoïcisme pour exorciser, en particulier, la peur de la mort, que la raison doit dominer pour permettre au sage aristocratique une vie tranquille, loin des troubles— et des craintes — du “peuple”.
  • « Elementi stoici nel pensiero di G. Naudé », dans D. Vini et D. Teranto (éd.), Individualismo, Assolutismo, Democrazia, Napoli, E.S.I., 1992, p. 27-51.
    L’article contient plusieurs rapprochements généraux entre l’interprétation donnée par Naudé de la pensée stoïcienne — surtout de Sénèque — et la lecture de ces mêmes textes que donne l’auteur anonyme du Theophrastus redivivus. D’une part et de l’autre, il s’agit de lutter contre le compromis entre stoïcisme et christianisme qu’avait tenté, au tournant du XVIe siècle, Juste Lipse, et de restaurer ainsi les traits naturalistes de la pensée stoïcienne.
  • « Pierre Bayle face au meilleur des mondes », dans A. Heinekamp et A. Robinet (éd.), Leibniz : le meilleur des mondes (Actes de la Table ronde C.N.R.S./Paris et Gottfried-Wilhelm-Leibniz-Gesellschaft/Hannover, Domaine de Seillac, Loir-et-cher, 7-9 juin 1990), Stuttgart, Franz Steiner Verlag, 1992, p. 129-141.
    Dans le cadre d’une analyse de la controverse Bayle-Leibniz, l’auteur montre (p. 140-1) une utilisation athée des objections bayliennes en matière de théodicée, par le ms. clandestin Jordanus Brunus redivivus.
  • « Alle fonti della ragione. Il pensiero libertino di fronte alla tradizione filosofica », dans G. Canziani et Y.C. Zarka, L’Interpretazione nei secoli XVI e XVII, Milano, F. Angeli, 1993, p. 127-153.
  • « Impostura religiosa e critica storica : “La fausseté des miracles des deux testamens” », à paraître dans G. Canziani et G. Paganini, Filosofia e religione nella letteratura clandestina (secoli XVII e XVIII), Milano, F. Angeli, 1993 ou 1994.

    Bloch (O.),
  • « L’héritage libertin dans le matérialisme des Lumières », dans Le Matérialisme des Lumières : Dix-Huitième Siècle, n° 24, Paris, P.U.F., 1992, p. 73-82.
    L’ensemble du matérialisme des Lumières porte la marque de la tradition libertine. Quant à ses sources, d’abord: une pléiade d’auteurs qui à travers différentes médiations gardent une importance majeure tout au long du XVIIIe siècle; mais aussi quant à l'attitude typique, passablement passéiste, liée aux thèmes de l’imposture des religions et de la théorie de la double vérité. Dans la littérature clandestine, la permanence de la tradition libertine est évidente dans des traités comme celui du médecin Gaultier, ou dans l’Ame matérielle, dont la structure même révèle la survie d’une technique érudite, fondée sur le montage de citations les plus diverses. Il en est de même de tous les écrits qui s’inspirent du monument du libertinage érudit du XVIIe siècle: le Theophrastus redivivus.

    Cohen (C.),
  • « La communication manuscrite et la genèse de Telliamed », dans F. Moureau (éd.), De bonne main..., p. 59-69.
    La forme manuscrite dans laquelle Telliamed a été produit et diffusé, réécrit, stratifié, pendant près de trente ans, peut être mise en rapport avec sa signification même. Sa structure, l’organisation de son système, l’élaboration de ses preuves (démonstration par accumulation — méthode de “curieux”) paraissent enracinées dans des modes de pensée et d’écriture (“ouverte” aux corrections, ratures, rajouts) propres au manuscrit. « Le but explicite de Maillet de faire imprimer son ouvrage rencontre des obstacles qui paraissent tenir moins à des facteurs extérieurs, conjoncturels, qu’à des raisons propres au mode même de fonctionnement du texte et de production du savoir qui y est à l’oeuvre ».
  • La Genèse de Telliamed : Benoît de Maillet et l’histoire naturelle à l’aube des Lumières, Paris, Albin Michel, à paraître.

    Deruette (S.),
  • « Le matérialisme de Meslier : une pensée à peine née et déjà achevée », Transactions of the Eighth International Congress on the Enlightenment, II [S.V.E.C., 304], Oxford, The Voltaire Fondation, 1992, p. 1156-1160.
    Le matérialisme de Meslier est un matérialisme conséquent, malgré une démarche par endroits tâtonnante et des imperfections dans l’expression. On le montre en résolvant deux difficultés relatives à sa conception de l’idée d’infini et de celle du rapport mouvement/matière.
  • « Meslier et la destinée d’une pensée diffusée par manuscrits posthumes », ibid, III [S.V.E.C, 305], p. 1753-1756.
    Le legs posthume de Meslier ne nous renvoie ni à sa pusillanimité ni à son hypocrisie, mais témoigne de sa sagesse et de son esprit d’efficacité. Néanmoins, « tout se passa comme si, au siècle des Lumières, la destinée réservée à l’oeuvre du curé renégat s’était chargée d’émousser la démonstration matérialiste et révolutionnaire que son caractère de manuscrit posthume lui avait permis d’exprimer dans toute son intransigeance ».

    Dirienzo (E.),
  • « Tra Illuminismo, Anti-illuminismo e Illuminismo radicale : il tema della “impostura delle leggi” nella Francia del Settecento », dans L. Sozzi, Ragioni dell’Anti-Illuminismo, Alessandria, Ed. dell’Orso, 1992.

    Gunny (A.),
  • Islam in French Clandestine Texts, Londres, Grey Seal, 1993 ou 1994, à paraître.
    Chapitre de Images of Islam in Eighteenth-Century writings.

    Häseler (J.),
  • « Correspondances érudites et “littéraires” » dans F. Moureau (éd.), De bonne main..., p. 43-49 ; résumé : « Un commerce de manuscrits : Jordan-Uffenbach », Transactions of the Eighth International Congress on the Enlightenment, II [S.V.E.C. 304], Oxford, The Voltaire Fondation, 1992, p. 892-895.
    L’analyse de la correspondance érudite, conservée à la bibliothèque universitaire de Frankfort-sur-le Main, qui s’établit à partir de 1725 entre Charles-Etienne Jordan (candidat de théologie, fils de réfugiés français à Berlin) et le bibliophile Zacharias Konrad von Uffenbach, révèle beaucoup sur la politique des échanges de manuscrits clandestins dans cette période, et sur les motivations — ici plus érudites et bibliophiliques que proprement philosophiques — des correspondants. Cette analyse sert de point de départ à une réflexion sur différents “types” de correspondances littéraires entre savants (analyses des correspondances Jordan/Nicéron, Jordan/Marchand, Trublet/Formey et Trublet/Maupertuis), qui mettent aussi en lumière l’importance de Berlin comme l’un des centres intellectuels des Lumières.

    Kors (A. Ch.),
  • « Skepticism and the problem of atheism in early-modern France », dans R. Popkin et A. Vanderjagt, Scepticism and irreligion in the Seventeenth and Eighteenth centuries..., à paraître.
  • Atheism in France, 1650-1729, vol. II : Naturalism and Disbelief, Princeton University Press, à paraître en 1993 ou 1994.
    [plusieurs chapitres consacrés à des manuscrits clandestins]

    Love (H.),
  • Scribal Publication in Seventeenth-century England, Oxford, Clarendon Press, 1993.
    Panorama de la littérature manuscrite au XVIIe siècle en Angleterre et analyse de son maintien face à l’imprimerie (censure, élitisme, raisons économiques...). Part I : « Scribal publications » (The phenomenon / “Publication” in the scribal medium / Scribal production) ; Part II : « Script and society » (Some metaphors for reading / The social uses of the scribally published text / Restoration scriptorial satire / The ambiguous triumph of print) ; Part III : « Editing scribally published texts ». Bibliographie et index.

    McKenna (A.),
  • « Réflexions sur un recueil de manuscrits philosophiques clandestins », dans F. Moureau (éd.), De bonne main..., p. 51-57 ; résumé (« Réflexions sur un recueil de manuscrits clandestins ») dans Transactions of the Eighth International Congress on the Enlightenment, III [S.V.E.C. 305], Oxford, The Voltaire Fondation, 1992, p. 1747-1749.
    Réflexions sur le recueil Aix 10 (703- R. 300, 704, 851) constitué par l’abbé Sepher : Recueil de mémoires sur l’Ecriture sainte. Ce recueil comporte des textes de nature très diverse dont une partie seulement, nullement privilégiée, correspond à notre conception du “clandestin”. L’analyse du recueil conduit à mettre en cause l’évidence de notre intuition (rétrospective) concernant la fonction historique de ces textes, eu égard au « progrès des idées philosophiques ».
    A. McKenna a également présenté sa série « Libre pensée et littéraurue clandestine » dans les Transactions of the Eighth International Congress on the Enlightenment, ibid., p. 1798-1800.
  • « William Lyons et le rationalisme philosophique », à paraître dans G. Canziani et G. Paganini (éd.), Filosofia e religione nella letteratura clandestina (secoli XVII e XVIII), Milano, F. Angeli, 1993 [?].

    Mori (G.),
  • « La philosophie “téméraire” d’André-Robert Perrelle (1695-1735) », LIAS, vol. 19, 1992, n° 1, p. 119-157.
    Les lettres de Perrelle, jeune avocat gallican, ami d’Antonio Conti et proche des cercles malebranchistes de la Régence, révèlent un philosophe prêt à tirer toutes les conséquences du mécanisme cartésien dans la direction de l’athéisme — ou du spinozisme. Particulièrement digne d’intérêt est la lettre où Perrelle détruit, sur la base de la fable cartésienne du monde, la preuve téléologique de l’existence de Dieu. Les lettres sont ici éditées avec ses autres manuscrits, parmi lesquels on trouve un curieux journal privé où sont rapportées quelques anecdotes concernant Newton et l’Angleterre.
  • « Per l’attribuzione a Du Marsais dell’Examen de la religion », Atti e memorie dell’Accademia toscana di scienze e lettere La Colombaria, LVII, n.s. xliv, 1993, p. 255-333.
    L’attribution à Du Marsais de l’Examen de la religion est le résultat d’une recherche sur les sources et la datation de cet ouvrage, suivie d’une confrontation très étroite avec les textes officiels du “grammairien philosophe”. On trouve en effet un grand nombre de similitudes textuelles entre ces textes et l’Examen. Il s’agit de ressemblances de style, de contenu, de lexique, et bien souvent ces trois plans s’entrecroisent jusqu’à former de véritables systèmes associatifs communs. Les analogies sont répandues dans tous les ouvrages de Du Marsais (même les plus éloignés de l’Examen par leur propos ou leur date) et en parallèle dans tous les chapitres de l’Examen, ce qui rend peu crédible l’hypothèse que Du Marsais se soit “inspiré” de l’Examen ou qu’il n’en ait rédigé qu’une partie. On trouvera aussi dans cet article une quinzaine de similitudes textuelles qui accréditent l’attribution (attestée dès 1743) du Philosophe à Du Marsais.
  • « Un frammento del Traité des trois imposteurs di Etienne Guillaume », Rivista di storia della filosofia, XLVIII, 1993, n° 2, p. 359-376.
    On recherchait depuis Lanson le traité perdu du curé Guillaume sur les “trois imposteurs”. Embastillé en 1728, ce dernier avait nié toute responsabilité et les policiers n’avaient rien trouvé dans ses papiers, consultables à la Bibl. de l’Arsenal. Or on trouve dans le dossier Guillaume de l’Arsenal un élément convaincant qui permet de regarder la Préface du traité sur la religion de M*** (également conservée à l’Arsenal) comme un fragment de l’ouvrage du curé. La pièce la plus importante du dossier Guillaume est en effet un recueil de quelques extraits de l’OEconomie divine de Pierre Poiret et l’on retrouve, mot pour mot, deux de ces extraits dans la Préface.... L’identification est confirmée par quelques autres détails.
  • « Du Marsais ateo : le Réflexions sur l’existence de l’âme et sur l’existence de Dieu », à paraître dans Atti e memorie dell’Accademia delle scienze di Torino, 1993.
  • « L’ateismo “malebranchiano” di Meslier : fisica e metafisica della materia », à paraître dans G. Canziani et G. Paganini (éd.), Filosofia e religione nella letteratura clandestina (secoli XVII e XVIII), Milano, F. Angeli, 1993 [?].

    Mothu (A.),
  • « Une mystique clandestine à l’aube des Lumières : les Essais de quelques idées sur Dieu », à paraître dans les Mélanges François Secret, Paris, 1994.

    Moureau (F.),
  • éd., De bonne main. La communication manuscrite au XVIIIe siècle, Paris, Universitas, 1993.
    Sélection de communications proposées pour la plupart à table ronde de Bristol sur la communication manuscrite au XVIIIe siècle (présidée par R. Darnton et F. Moureau) lors du Huitième Congrès international des Lumières, juillet 1991. Avant propos de F. Moureau, suivi de onze contributions (dépouillées ici), d’une bibliographie et de deux index (manuscrits et noms propres).
  • « La plume et le plomb », ibid., p. 5-16.
    Réédition de « La plume et le plomb : la communication manuscrite au XVIIIe siècle », publiée dans J. Schlobach (éd.), Correspondances littéraires inédites, Paris-Genève, Champion-Slatkine, 1987, p. 21-30. L’accent est mis sur les raisons économiques de la circulation manuscrite : « Le manuscrit a sa place dans un système où son prix de revient est compétitif par rapport à un imprimé surcoté ».
  • « Clandestinité et ventes publiques : le statut du manuscrit », ibid., p. 143-175.
    Sur la base d’une étude des catalogues des ventes publiques, l’A. analyse l’image sociale du manuscrit hétérodoxe au XVIIIe siècle. La présence des clandestins dans les catalogues n’est pas faible, ce qui rend nécessaire l’élaboration d’une “véritable stratégie de vente légale” qui va de la simple description bibliographique des textes prohibés (anodine, sans commentaire) à leur dissimulation dans des sections attirant moins l’attention des censeurs. On trouve des textes clandestins surtout dans les bibliothèques des clercs, alors que les grandes collections en sont souvent dépourvues. La clandestinité de ces textes est d’ailleurs très relative, et leur anonymat « fort transparent pour les connaisseurs ». Riche documentation grâce au dépouillement de quelque 150 catalogues de vente, dont 40 (ceux comportant des titres hétérodoxes) sont inventoriés à la fin de l’article, p. 165-175.

    Mulsow (M.),
  • « Freethinking in Early 18th Century Protestant Germany : Peter Friedrich Arpe and the Traité des trois imposteurs », dans S. Berti, F. Charles-Daubert, R. Popkin (éd.), Heterodoxy, Spinozism and free-thought..., à paraître en 1994.
  • « Appunti sulla fortuna di Gabriel Naudé nella Germania del primo illuminismo », dans Studi filosofici, 1993, à paraître.
  • « Clandestine Literatur und deutsche Frühaufklärung. Aus Anlaß einer neuen Reprint-Reihe », dans Achtzehnte Jahrhundert, 1994, à paraître.
  • « Mosheims Brief an Leibniz. Zur Historiographie des Falles Michael Servet im Deutschland des frühen 18. Jahrhunderts », dans Studia leibnitiana, 1994, à paraître.

    Popkin (R.H.) et Vanderjagt (A.J.),
  • éd., Scepticism and Irreligion in the XVIIth and XVIIIth centuries, Leiden-New-York-Köln, E.J. Brill, 1993, à paraître.

    Postigliola (A.),
  • La città della ragione. Per una storia filosofica del Settecento francese, Roma, Bulzoni, 1993.
    Principalement consacré à Montesquieu, Helvétius et Rousseau, l’ouvrage comporte un long examen de l'influence possible de divers manuscrits clandestins sur Helvétius (p. 142-161) et sur les rapports de celui-ci avec Fontenelle, Voltaire, Saint-Hyacinthe, Du Marsais et d’Holbach. Ample prologue sur les interprétations des Lumières. Notes bibliographiques très consistantes.

    Schröder (W.),
  • « Jean Bodins Colloquium heptaplomeres in der deutschen Aufklärung », à paraître dans G. Gawlick et F. Niewöhner (éd.), Das colloquium des Jean Bodin [Actes du Colloque de Wolfenbüttel, octobre 1991], 1994.
  • « Spinoza in der littérature clandestine », à paraître dans H.J. Schoeps et Y. Yovel, Spinoza in der europäischen Geistesgeschichte [Actes du colloque de Postdam, mai 1993], 1994.
  • « Philosophische Clandestina und Religionskritik », à paraître dans H. Holzhey et W. Schmidt-Biggemann (éd.), Grundriss der Geschichte der Philosophie, 17. Jahrhundert, Bd. 4, Bâle, 1994.
  • « Heterodoxie und natürliche Theologie in der deutschen Frühaufklärung », dans H.E. Boedeker et W. Schmidt-Biggemann (éd.), Strukturen der deutschen Frühaufklärung, 1994.
    Sur le Symbolum sapientæ, l’Origo et fundamenta religionis christianæ et quelques autres textes clandestins.

    Schwarzbach (B.E.),
  • « Une légende en quête d’un manuscrit : le Commentaire sur la bible de Mme du Châtelet », dans F. Moureau (éd.), De bonne main..., p. 97-116.
    L’A. recherche « le meilleur candidat à l’honneur d’être l'auteur de ce commentaire » mystérieux et se tourne en particulier vers le ms. classé n° 58 par Benítez (trois copies connues), qu’il compare avec les données tirées de plusieurs témoignages. Au passage, il refuse la reconstruction opérée par Wade, à laquelle est imputée une surévaluation des connaissances de Voltaire et de Mme du Châtelet en matière d’écrits clandestins lors du séjour à Cirey (déconstruction du témoignage de Mme de Graffigny). Conclusion agnostique : rien ne permet d’identifier positivement ce Commentaire de la marquise avec Benítez 58, mais cette possibilité ne peut être non plus exclue.

    Thomson (A.),
  • « Guillaume Lamy et l’âme matérielle », dans Le Matérialisme des Lumières : Dix-Huitième Siècle, n° 24, Paris, P.U.F., 1992, p. 63-71.
    Le célèbre passage de Lamy sur l’âme du monde, qui aura un large retentissement au XVIIIème siècle et en particulier dans la littérature clandestine (Esprit de Spinosa, Ame matérielle) est en réalité assez marginal dans son oeuvre. Lamy propose plutôt une doctrine de l’«âme sensitive» qui le rapproche de l’épicurisme et de la tradition libertine. Parmi les traités clandestins, seule L'Ame matérielle utilise d’une façon systématique ses ouvrages, dont La Mettrie aussi s’inspire souvent.

    Venturino (D.),
  • « Un prophète “philosophe” ? Une Vie de Mohamed à l’aube des Lumières », dans Le Matérialisme des Lumières : Dix-Huitième Siècle, n° 24, Paris, P.U.F., 1992, p. 321-331.
    La Vie de Mohamed, publiée posthume en 1730, n’est pas un appendice érudit de l’activité philosophique de Boulainviller. Il s’agit au contraire d’une tentative de relecture, à la limite de l’apologie, de l’islam et de son rapport avec le christianisme. Insensible aux aspects mystiques de la religion musulmane, Boulainviller voit en Mahomet un exemple de rationalité et de simplicité. La critique de la révélation chrétienne, pour être implicite, n’est pas moins évidente, les dogmes chrétiens n’étant pour Boulainviller qu’un ajout obscur et inutile à la religion rationnelle. La Vie de Mahomed est l’une des sources les plus importantes du “mythe de Mahomet” au XVIIIe siècle.
  • Le ragioni della tradizione. Nobiltà e mondo moderno in Boulainvilliers (1658-1722), Turino, Le Lettere, 1993.
    Ouvrage intégralement consacré au comte de Saint-Saire, à sa philosophie, à son attitude à l'égard de la religion, mais surtout à sa conception de l’histoire et à son culte de la noblesse et des origines. Le volume inclut une vaste bibliographie (p. 319-405) qui corrige plusieurs erreurs de R. Simon (dans l’attribution, la datation et l’évaluation des écrits du corpus Boulainvilliers). Venturino n’accepte pas l’attribution à B* des Opinions des anciens sur la nature de l’âme, alors qu’il utilise, dans la reconstruction de sa pensée religieuse, la Lettre d’Hippocrate à Damagète. Peu de pages sont consacrées à l’Essai de métaphysique dans les principes de Spinoza, l’ouvrage n’ayant pas de valeur systématique (sa fonction est seulement de présenter une vulgarisation éclectique du spinozisme).

    Weil (F.),
  • « D’Holbach et les manuscrits clandestins : l’exemple de Raby », Corpus, n° 22-23 : D’Holbach, p. 77.
    L’auteur, éditeur prochain des manuscrits du grenoblois Raby (éd. Universitas), souligne ici l’influence du Système de la nature et des traductions de d’Holbach dans le réaménagement que Raby apporta à ses écrits dans les années 1760.
  • « La diffusion écrite des idées non conformistes en France à l’époque de l’Encyclopédie, 1750-1770 », Transactions of the Eighth International Congress on the Enlightenment, I [S.V.E.C. 303], Oxford, The Voltaire Fondation, 1992, p. 339.
    Résumé de communication orale. 1°. Les impressions françaises. L’existence des imprimeries clandestines dans la période apparaît liée à la vitalité du jansénisme des années 30. 2°. Les nouveaux enjeux idéologiques. Le pouvoir prend de nouvelles mesures (censure sur les catalogues de vente). Entre 1759 et 1761, les premières victimes sont les ouvrages concernant le jansénisme ; ce seront ensuite, après l’expulsion des Jésuites, les oeuvres jusque-là préservées de Spinoza et celles de Diderot.
  • « La fonction du manuscrit par rapport à l’imprimé », dans F. Moureau (éd.), De bonne main..., p. 17-27 ; résumé dans Transactions of the Eighth International Congress on the Enlightenment, III [S.V.E.C. 305], Oxford, The Voltaire Fondation, 1992, p. 1743-1745.
    Réflexions sur la fonction du manuscrit au XVIIIe siècle et sa coexistence avec le support imprimé, soit : 1°. sur les manuscrits destinés à l’impression, qui auraient dû paraître. 2°. sur le marché du livre manuscrit (copiés sur des imprimés ou inédits). 3°. sur les manuscrits littéraires testés par les auteurs, et les “clandestins” antichrétiens, destinés à un public restreint. 4°. sur l’impression des manuscrits clandestins. Souvent française et rare avant 1750, l’impression se multiplie à l’étranger entre 1765 et 1770, après une période intermédiaire creuse. L’imprimé semble alors supplanter le manuscrit, et cette “révolution” a des répercussions sur la rédaction des textes eux-mêmes. L’A. émet plusieurs réserves sur l’hypothèse “économique” proposée par F. Moureau.