*
Auteur de deux ouvrages aux éditions « La Lumière du Thabor », il a écrit une dizaine de préfaces dans la collection du même nom qu’il dirigeait aux éditions L’Age d’Homme et a collaboré régulièrement à plusieurs revues théologiques orthodoxes. Mais il avait aussi préparé une édition annotée des Notes marginales de Voltaire (extraits) et un travail sur Souverain, Dacier, Baltus, comportant l’édition de plusieurs inédits. Entre autres découvertes faites à la Saltykov, et qu’il faut marquer ici, on signalera des Apophtegmes modernes de la main de Molière, des Maximes de Corbinelli, une Chronologie des peuples mentionnés dans les livres des Hébreux de Jean Potocki et un manuscrit “clandestin” de l’abbé Pouchard provenant de la Bastille (article à paraître : « Le pessimisme augustinien de l’abbé Pouchard »). Autre article à paraître : « Humanisme et théandrisme » [communication au Colloque de la Sorbonne, nov. 1992, sur La Dignité de l’homme à la Renaissance]. Nous remercions Laurent Motte pour les informations bio-bibliographiques qu’il nous a aimablement communiquées.
1.
Voir les articles de A.W. Fairbairn et S. Berti, respectivement dans Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, n° 87, 1972, p. 375-395, et n° 241, 1986, p. 237-251. Dans un article sur l’attribution à Du Marsais de l’Examen de la religion paru dans les Atti e memorie dell’accademia toscana di scienze e lettere La Colombaria, 1993, p. 255-333, nous fournissons aussi une liste d’analogies textuelles entre Le Philosophe et les écrits officiels de Du Marsais.

2. Encyclopédie méthodique, sect. Philosophie ancienne et moderne, Paris, 1792, t. III, p. 202 b.

3. H. Dieckmann, Le Philosophe. Text and Interpretation, Washington Univ. Studies, Saint-Louis, 1948, p. 2 sq.

4. A.-M. Lottin, Catalogue chronologique des libraires et des libraires-imprimeurs de Paris, Paris, Lottin, 1798, p. 139-140.

5. P. Conlon, Le Siècle de Lumières, Genève, Droz, 1983 sq, t. III-IV.

6. La première attestation de cette édition date du 8 janvier 1743 (voir A. McKenna, dans Fontenelle. Actes du colloque de Rouen, éd. A. Niderst, Paris, P.U.F., 1989, p. 351-366).

7. Voir G.-Fr. De Bure, Bibliographie instructive, Paris, De Bure, 1763, t. I, p. 442 : « Peu de livres aussi rares que celui-ci [Schwenckfeld, Le Cento e dieci considerationi del signore Valdesso] existent dans la république des lettres. Nous en devons la connoissance à l’amitié de feu M. Piget, dont la réputation, dans le public, a été assez connue, ayant été regardé comme le premier de son temps pour la connoissance des livres rares, et regretté comme une personne dont le destin fut trop prématuré pour la république des lettres dans cette partie » ; Piget avait recherché lui-même le livre de Schwenckfeld « dans les cabinets les plus curieux et dans les bibliothèques les mieux fournies ». Mais, comme c’était le cas pour tous les autres livres de Schwenckfeld, c’était un livre interdit : tous les livres du mystique allemand (qui est dit « socinien ») « ont été supprimés avec une exactitude toute particulière ».

8. Piget et Gandouin étaient, en effet, des bibliographes et des “spécialistes” dans la publication de catalogues de vente: voir le répertoire de Fr. Bléchet, Les ventes publiques de livres en France 1630-1750, Oxford, The Voltaire Foundation, 1991, p. 147, 149 (dans l’index des imprimeurs-libraires).

9. Cf. Fr. Weil, dans Le Matérialisme du XVIIIe siècle et la littérature clandestine, éd. O. BLoch, Paris, Vrin, 1982, p. 208.

10. McKenna, art. cit., p. 354.

11. Voir la lettre de sa soeur, Louise Guillaume, écrite à de Marville pour en obtenir la libération (Arsenal, ms. 11526, f. 86).

12. On ne sait pas si Pierre Piget s’était associé avec son beau-père, le vieux Pierre [I] Gandouin, libraire dès 1697, ou bien avec le neveu de celui-ci — et mari de Louise Guillaume — Pierre [II] Gandouin, qui devait avoir le même âge que Piget, étant devenu libraire en 1731 (voir Lottin, op. cit., s.v.). Quoi qu’il en soit, il ne faut pas oublier que les Gandouin avaient déjà été impliqués dans le trafic de la Réfutation de Spinoza de Boulainviller (voir Weil, loc. cit.).

13. On rappellera que Guillaume — qui était un habitué de la Bastille — avait été arrêté en 1736 avec toute sa famille pour l’« affaire des imprimeries clandestines de la rue Saint-Séverin et de la rue Meslay ». Voir Funck-Brentano, Les letttres de cachet…, Paris, 1903, p. 265, n° 3486 (et dans la Table onomastique et méthodique, s.v. Guillaume, Nicolas).

14. Fr.-L. Jamet, Stromates, B.N., Fr. 15363, p. 1649. Cf. Barbier, Dict. des ouvrages anonymes…, s.v. “Politique Charnelle” ; S. Berti, art. cit., p. 249.

15. Les Nouvelles libertés de penser seront encore attribuées à Du Marsais par Fr.-L. Jamet dans Ed Etra Lihin Idnederc, ou Le Tintamarre de quelques cervelles philosophiques modernes, en fait de liberté de penser, recueil qui contient une version manuscrite des Nouvelles libertés de penser : voir l’article qui suit d’A. Mothu. Même attribution à Du Marsais des Nouvelles libertés de penser dans [Née de La Rochelle], Bibliographie instructive, tome X, Paris, 1782, Table des anonymes, p. 109.

16. Pour l’attribution des Réflexions, nous renvoyons à notre article « Du Marsais ateo: le Réflexions sur l’existence de l’âme et l’existence de Dieu », à paraître dans Atti e memorie dell’Accademia delle scienze di Torino, 1993.

17. Cf. Naigeon, op. cit., t. III, art. “Mirabaud” ; d’Alembert, Éloge de J.-B. de Mirabaud, dansOEuvres complètes, Paris, 1821, t. III, p. 525 sq. ; G. Gross, « Textkritik in der französischen Aufklärungsliteratur », Wissenschaftliche Zeitschrift der Universität Rostock, 1956, p. 235-250.

18. OEuvres de Du Marsais, Paris, 1797, t. I, p. 167.

19. Cf. Weil, loc. cit.

20. Cf. B.E. Schwarzbach-A.W. Fairbairn, « The Examen de la religion: a bibliographical note », Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, n° 249, 1987, p. 122.


1. « A Cosmopolis, chez Philadelphe Empiricus, à l’âne-de-Buridan ». B.N. : [Rés. pZ 1196. Recueil non paginé de reliure moderne (XXe siècle) entré à la B.N. en janvier 1938 (don de M. Bull).

2. Voir le fichier manuscrit complémentaire de la B.N. et P. Rétat, Le Dictionnaire de Bayle et la lutte philosophique au XVIIIe siècle, Paris, Les Belles Lettres, 1971, p. 219-220. Sur François-Louis Jamet, grand producteur de recueils factices et annotateur infatigable (sa petite écriture est bien reconnaissable à maint endroit du Ed Etra...), on verra C. Lebédel, « A propos de Jamet », Bulletin du bibliophile, 1988, n° 2-3, p. 333-348 ; on trouvera un échantillon de son écriture dans les Recherches sur Diderot et l’Encyclopédie, n° 4, avril 1988, p. 149 (= F. Moureau, « Note de Jamet à Diderot »). Son frère, Pierre-Charles, dit « Jamet l’ancien », était un métaphysicien fort peu orthodoxe, défenseur de Spinoza et anti-créationiste ; ce n’est cependant pas pour cette raison qu’il sera embastillé en 1754 puis exilé en 1756 à dix lieues de Paris, mais « pour impression de mémoires jugés calomnieux à la mémoire du Contrôleur général [Orry de Fulvy, dont il fut 1er commis et secrétaire] et pour avoir abusé du cachet de M. de Trudaine » (cf. F. Funk-Brentano, Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque de l’Arsenal, IX : Archives de la Bastille, Paris, 1892, p. 179 — réf. dans l’Index aux dossiers correspondants, ou dans idem, Les Lettres de cachet à Paris, Paris, 1903, n° 4272). La notice la plus consistante que nous avons pu trouver à son sujet, dans la Nouvelle biographie générale de Hoefer (XXVI, Paris, 1861, p. 317-318) reste bien laconique ; nous espérons en savoir bientôt plus à son sujet pour publier ses Essais métaphysiques, qui ont certainement circulé sous le manteau.

3. Le titre complet de la Béatitude des chrétiens comporte comme l’on sait l’anagramme des noms de Vallée et de ses père et mère ; avant que l’on ne redécouvre ce libelle au XVIIIe siècle, on a communément cru qu’il s’intitulait Ars nihil credendi ou L’Art de ne rien croire. Or, Jamet le jeune, l’inventeur du titre Ed Etra..., s’intéressait de près à Vallée : il est l’éditeur ou le co-éditeur possible de la Béatitude des chrétiens vers 1770 (cf. son Jametiana, II : B.N., Rés. p.Z. 1199 (37), qui comporte une version manuscrite et une version imprimée de la Béatitude, accompagnées toutes deux d’une notice sur Vallée : la notice imprimée paraît dériver de la manuscrite). La table que nous transcrivons figure (erreur du relieur moderne ?) à la suite de la page de titre juste après celle de l’ouvrage de Collins.

4. Ce discours fut imprimé en 1695 (approbation du 21 mai), réédité dans le Recueil de pièces curieuses et nouvelles tant en prose qu’en vers, La Haye, A. Moetjens, [5 vol., 1694-1695], V, p. 77-85, puis dans Pièces d’éloquence qui ont remporté le prix de l’Académie française depuis 1671 jusqu’en 1748 [2 vol.], Paris, Brunet, 1750, I, p. 233-252 (voir A. Niderst, Fontenelle à la recherche de lui-même (1657-1702), Paris, Nizet, 1972, p. 527, n. 41).

5. Mémoires..., 2e éd., Amsterdam, M.-M.Rey, 1759, p. 25, note (extrait du Mercure) et p. 292-293 (extrait du Moreri). Sur Brunel, ancien camarade de Collège dont Fontenelle disait « Nous ne faisions qu’un par l’esprit aussi bien que par le coeur » (ils avaient même projeté de vivre ensemble), on lira la note de Trublet aux pages 25-27 des Mémoires. La notice placée en ouverture aux OEuvres complètes reprendra l’information (éd. de 1818, t. I, p. IX), validée par A. Niderst (ibid., p. 526-527, et Fontenelle, Paris, Plon, 1991, p. 181-182). Brunel se prénommait Jacques; il fut commissionné par le roi officier-maire de Rouen le 13 mai 1693, fonction qu’il exercera jusqu’au rétablissement, en 1695, de la charge supprimée en 1382 (renseignements communiqués par Mme M.-F. Rose, conservatrice à la B.M. de Rouen, que nous remercions ici ; voir aussi F. Farin, Histoire de la ville de Rouen, Rouen, 17313, 2e partie, p. 105).

6. J. Dagen (communication personnelle), évoquant « l’ironie dicrète et corrosive, la parfaite maîtrise stylistique de la phrase à double détente ». J. Mesnard, A. McKenna, A. Niderst, Ph. Sellier, à qui nous avons également soumis notre extrait, et que nous remercions ici, en jugent de même.

7. Voir sur la production clandestine (présumée) de Fontenelle, A. McKenna, « Réflexions sur l’argument de M. Pascal et de M. Locke : un manuscrit clandestin attribué à Fontenelle », dans A. Niderst (éd.), Fontenelle [Actes du Colloque de Rouen, oct. 1987], Paris, P.U.F., 1989, p. 351 sq.

8. Cf. De l’Examen de la religion , art. VII, f° 75 : « Mais, avant de finir cet Article, observons que rien n’est plus contraire aux progrès de la vérité que cette prévention dans laquelle tous les hommes sont, qu’ils sont nés dans la vraye religion. Les prêtres, les ministres, les jmans, qui y trouvent leur compte, fomentent ce préjugé. Et que ne peut point sur les hommes une première opinion, qui s’empare des esprits encore jeunes, où elle ne trouve ny la raison à combattre ni d’autres opinions à détruire ; qui se fait de jour en jour, par la force des habitudes, une autorité plus inébranlable ; qui est soutenue par les exemples de crédulité que l’on se donne mutuellement ? ». Voir Recueil de plusieurs pièces d’éloquence et de poésie présentées à l’Académie Françoise pour les prix de l’année M.DC.XCV..., Paris, J.B. Coignard, 1695, p. 10. De l’Examen... sera prochainement publié par les soins de S. Landucci (Paris, Universitas, 1994).

9. La pièce la plus récente de Ed Etra est un extrait des Nouvelles Ecclésiastiques du 17 juillet 1771 sur La Palingénésie philosophique de Claude Bonnet. Le recueil fut donc compilé entre cette date et 1778 (mort de Jamet le jeune). La plupart des pièces imprimées datent des années 1750.

10. Voir la description de ce recueil (Ms. 954) comportant quatre manuscrits classés clandestins, et provenant d’« Etienne Jamet, natif de Courthézon, avocat à Paris, décédé dans sa ville natale le 18 novembre 1824 » (note de Barjavel), dans H. Duhamel, Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, XXXIV : Carpentras, t. I, Paris, Plon, 1901, p. 531-535, en outre I.O. Wade, Cland. organization, p. 290-291, et A. McKenna, « Réflexions sur l’argument de M. Pascal et de M. Locke... », art. cit., p. 351, n. 4. On comparera l’écriture avec l’échantillon publié par F. Moureau dans la note citée plus haut (n. 2), précisant que ce dernier est de vingt ans plus tardif que le recueil (1773) et que la comparaison avec les notes du Ed Etra... sont plus convaincantes encore. Notons que les Polyanthea déjà mentionnés contiennent de leur côté l’Epître à Uranie (datée de 1731), les Lettres philosophiques et Le Mondain, qui ne sont pas encore inscrites dans notre corpus des manuscrits clandestins. Plusieurs manuscrits provenant de la famille Jamet de Courthezon sont conservés à Carpentras et mentionnent des Etienne dans la profession juridique.

11. Deux mains se sont succédé pour effectuer la copie : on observe un relais à la 56e page des Réflexions sur [...] Pascal et Locke et une reprise de la première main à partir du 4e texte ; la main intermédiaire est plus appliquée et ne ressemble pas à celle de Jamet le jeune. Ce recueil « copié sur l’imprimé » en 1753 (la date figure à plusieurs endroits : écriture de F.-L. Jamet) est attribué par Jamet le jeune à Du Marsais. Attribution à mettre en rapport avec un témoignage tiré d’un autre recueil “jamétien” : les Polyanthea, Stromates ou miscellanea, ou chaos (Ms. B.N. F. fr. 15362-15363, 2 vol. ; cf. t. II, p. 1649), divulgué par S. Berti (« César Chesneau Du Marsais entre gallicanisme et “philosophie”... », S.V.E.C., n° 241, 1986, p. 249) où François-Louis rapporte, le 2 août 1737, une conversation qu’il eut avec Antoine Lancelot au sujet de l’auteur des Tropes, également auteur, dit-il, « d’un ouvrage, que M. Lancelot a en ms. intitulé Nouvelles libertés de penser, dans le gout de l’ouvrage de M. Collins ». Notre copie, faite d’après l’imprimé, n’en dérive pas, mais l’origine de l’attribution ne fait plus aucun doute (on retrouve d’ailleurs et Collins et les Nouvelles libertés de penser dans le Ed Etra). Précisons que Jamet l’aîné connaissait également Lancelot : il est l’auteur d’une « Lettre à M. Lancelot » (cf. note infra) développant une justification de Spinoza.


1. Voir Essai sur les préjugés (1770), Amsterdam, Rey, 1777, chap. 6, p. 161. Sur cette formule fontenellienne fameuse et ses critiques : R. Mortier, « Esotérisme et Lumières. Un dilemne de la pensée du XVIIIe siècle », dans Clartés et ombres au siècle des Lumières, Genève, Droz, 1969, spéc. p. 63-69, et S. Landucci (éd.), Lettre de Thrasybule à Leucippe, Firenze, Olschki, 1986, Introd. p. 75-76 ; ces références nous ont été communiquées par G. Mori. Rétat (op. cit., p. 219) signalait la lecture par Jamet de l’Essai de d’Holbach.
1.
Ouvrage imprimé en anglais, à Londres, en 1732.

2. Pour une biographie détaillée du fameux antitrinitaire dénoncé par Calvin, on peut consulter E.M. Wilbur, A History of Unitarianism : Socinianism and its Antecedents, Cambridge Mass., Harvard Univ. Press, 1947. Sur Soner (1572-1612), cf. Ch. G. Jocher Allgemein Gelehrten-Lexicon, Leipzig, J. Fr. Gleditschen, 1750- 1751, Bd. IV.

3. Sur Stosch et Knutzen (ou Knuzen), voir H. Hettner, Geschichte der deutschen Literatur im achtzehnten Jahrhundert, Berlin, Aufbau-Verlag, 1961, Bd. I, p. 36-38. Sur Stosch, voir aussi F. Lange, Geschichte des Materialismus, I, Leipzig, Bædeker, 1908, p. 318, et l’éd. par W. Schröder de la Concordia rationis et fidei (1692), dans Philosophische Clandestina der deutschen Aufklärung, Band 2, Stuttgart, 1993. Il est aussi question de Knutzen dans la préface de A. Gulyga et K. Majkova à Anonimnyje ateistitsheskije traktaty, Moscou 1969.

4. Ces intentions transparaissent dans le titre même du recueil. Voir aussi la note qui précède le n° 6 dans ce même recueil, qui caractérise le texte comme « Scriptum impium, blasphemum et spurcissimum... ».

5. On a par exemple inclu la traduction d’une thèse de médecine (D III 26, n° 5) : même ici sont visés, entre autres sinon avant tout, les interdictions et restrictions d’origine religieuse. Le recueil Fö II 43 inclut des extraits des oeuvres d’Adrian Beverland (1653 ou 1654-1712), auteur hollandais d’ouvrages aussi bien licencieux qu’irreligieux (voir Michaud, Biographie universelle, IV).

6. En conséquence, j’ai inclus une copie du De Trinitate erroribus de Servet (Cö III 34) qui provient évidemment de la même collection que le recueil Atheologica et antitheologica (Fö II 43), comportant, lui, deux autres textes de Servet.

7. Silvia Berti, « The first edition of the Traité des trois imposteurs, and its debt to Spinoza’s Ethics », in M. Hunter & D. Wootton, Atheism from the Reformation to the Enlightenment, Oxford, Clarendon Press. 1992, p. 183-220 (avec le renvoi à R.H. Popkin).

8. Les quatre recueils Cö I, 16, 20, 21, 22, et les deux premiers textes de D II 3, sont visiblement de la même main (la comparaison s’avère pourtant difficile entre des textes allemands et francais transcrits dans des caractères différents). Les recueils D III, 1-3 sont de la même main (on excepte D III, 2, n° 5 et 6), et ont en outre une numérotation continue de 1 à 13. Les lignes d’écriture de D III, 1-3, sont plus espacées, mais pour le reste, l’écriture paraît identique à Cö I, 16, 20-22. Les mêmes matériaux de reliures sont souvent utilisés. Par exemple, D III, 1-3 forment un groupe avec le même papier de garde, Cö I 16, 20-22 et D II 3 sont identiques quant à la reliure et le format, mais utilisent deux papiers de garde différents. D III 26 et Fö II 43 ont aussi des reliures similaires. Tous ces manuscrits portent en plus (sur le plat ou au dos) des bouts de papier collés portant une numérotation (Mst. **) et les titres des manuscrits, ou le titre général du recueil. Ils portent de plus des petits carrés bleus avec une autre numérotation : probablement celle de la bibliotheque de Gatshina.

9. Sur l’histoire de la donation Alexandroff, cf. Arne Jörgensen, Universitetsbibliotek i Helsingfors 1872-1848 (Helsingfors, Publ. de la Bibl. de l’Univ. d’Helsinki, 1981), ch. V, et Esko Häkli, « Pietarin vaikutuksesta Suomen kirjasto-ja oppihistoriassa. St. Petersburg i Finlands biblioteks-och lärdomshistoria », dans Pietarin kirjoja (Catalogue d’exposition de la Bibl. de l’Université, Helsinki, Helsingfors, 1991), p. 49-64. Pietarin kirjoja contient aussi un court article de Sirkka Havu : « Helsinki University Library : Collections from St. Petersburg » (p. 119-121). Je tiens à remercier pour ces informations le personnel de la Bibliothèque de l’Université d’Helsinki, et en particulier Mmes Laila Koukku, Sirkka Havu et M. Esko Rahikainen.

10. Grigori Orloff était d’ailleurs l’autre destinataire (avec Catherine II) du manuscrit de Diderot Deux dialogues, version du Rêve de d’Alembert où La Mettrie remplace Bordeu.

11. Les sources consultées ne s’accordent pas sur la première date : Jorgensen op. cit., donne 1736-1740 ; la Nouvelle biographie générale de Hoefer (t. XXVIII) prétend que von Korff devint président de l’Académie en 1732, et la Geschichte der Akademie der Wissenschaften der UdSSR de G.D. Komkov, B.V. Levsin et L.K. Semenov (Berlin, Akademie-Verlag, 1981, p. 55) donne 1734. La dernière est en tout cas certaine quant à l’exercice de ses fonctions : un discours manuscrit de von Korff daté de 1734 le présente « academiæ scientiarum director » (cf. infra, n. 12).

12. Les manuscrits ne portent pas de marques de propriétaire, ni de ces marques au crayon rouge qu’on trouve souvent dans les livres de la bibliothèque du baron.

13. Le volume de manuscrits et imprimés divers B I, 2, qui contient deux discours tenus par von Korff en 1733 (n° 14) et 1734 (n° 37), porte en effet les mêmes bouts de papier collés (même numerotation : MSt. 1, avec le n° 2 sur le papier bleu) et utilise les mêmes matériaux de reliure que plusieurs manuscrits inventoriés ci-dessous.

14. La Bibliothèque de l’Université d’Helsinki conserve par exemple un Recueil de pieces curieuses de Radicati (cf. ms. D III 2, n° 2) et une Defensio Orthodoxæ fidei de sacra Trinitate contra prodigiosos errores Michælis Serveti de Calvin (cf. ms. Fö II 43, n° 1 et 2, et Cö III 24) qui portent les marques au crayon rouge de la bibliothèque de von Korff. Dans les volumes de “miscellanea” où von Korff a fait relier plusieurs livres de même format, on trouve par exemple la Vertheidigung der Wunderwercke der Herrn Jesu wider Woolston de G.B. Strobel (Misc. Korff 8°, 131, n° 2-5 ; cf. Cö I 20, n° 1) et l’Epistolæ XII d’Adrian Beverland (Misc. Korff 8°, 174, n° 6 ; cf. Fö II 45, n° 15). Un coup d’oeil dans les fichiers de ces miscellanea non encore catalogués confirme que von Korff s’intéressait effectivement a l’hétérodoxie théologique et à la libre pensée. On peut d’ailleurs trouver parmi les volumes lui ayant appartenu du papier marbré identique à celui d’une partie de nos manuscrits (par ex. à l’intérieur de la reliure du Recueil des pièces curieuses de Radicati et de Misc. Korff 8°, 131).


1. Je n’ai pu encore voir ce manuscrit, enregistré (Catalogue 18) mais manquant en place.

2. Sur Dangicourt, cf. La Grande encyclopédie (Paris, 1885-95, t. XIII) ; sur Desvignoles : Michaud, Biogr. univ., t. XI.

3. Voir E.M. Wilbur, A History of Unitarianism : Socianism and its Antecedents, op. cit., p. 536.


1. R.H.L.F., XLIII, 1936, p. 257 sq. ; La Religion des classiques, P.U.F., 1948 (Index).

2. Dans sa Relation de ce qui s’est passé dans une assemblée tenue au bas du Parnasse pour la réforme des belles lettres (La Haye, 1739, p. 41), Gachet d’Artigny fait figurer Lamy, non parmi les plus fameux médecins et anatomistes, mais parmi les écrivains « dont le stile est devenu modéle » dans « les matières les plus séches & les plus abstraites ».

3. Paris, Bibl. Interuniversitaire de médecine, Ms. 547-570 (I-XXIV). Le t. XV [= Ms. 561, Microfiche 73] correspond à la période 1662-1676 et Ms. XVI [= Ms. 562, Microfiche 74] à la période nov. 1676-1690. Ont seulement été publiés, sur les vingt-quatre manuscrits qui composent les Commentaires, les Mss. I à VII (jusqu’au f° 53), correspondant aux années 1395-1560, et le Ms. XXIV, correspondant aux années 1777-1786. Ceux du XVIIe siècle ont découragé les paléographes.

4. E. Vivier, professeur au Lycée de Coutances, remercié dans l’article cité de la R.H.L.F., p. 257, n. 2.

5. Cf. de Masseville, Histoire sommaire de Normandie [...], Sixiéme et derniere partie, Rouen, Maurry, 1704, p. 425. Cette première notice sur G. Lamy vaut d’être citée : « Medecin de Coûtances, établi à Paris, [il] fut un homme d’un esprit fort vif, & d’une imagination féconde. Il s’appliqua particulierement à l’Anatomie & à la Chymie : Et comme il faisoit profession de prendre des routes nouvelles dans la Medecine, il poussa ses Confreres avec tant d’aigreur, qu’il s’en acquit le nom de Fleau de la Faculté. Mais ses adversaires prétendirent triompher, quand ils le virent mourir à l’âge de trente-huit ans. L’on a de sa composition De principiis rerum ; des Discours Anatomiques ; un Traité de l’Antimoine, & des Lettres contre la Transfusion du Sang. Il mourut l’an 1682 ». Les biographies normandes de Lebreton, Frère et Oursel n’ajoutent rien à ce témoignage, non plus que J. Roger dans Les Médecins normands du XIIe au XIXe siècle, II, Paris, 1895, p. 162. Notons que l’expression « fléau de la médecine » (proche de « fléau de la Faculté ») était couramment appliquée aux charlatans, « comme si c’étoit des ennemis et des pestes qui portent par leur ignorance & leurs moeurs corrompuës, la mort & la désolation par tout où ils vont » (J. Bernier, Essais de médecine, Paris, 1689, p. 420). Busson, qui la tenait sans doute de son informateur, paraît l’appliquer à Lamy philosophe ; c’est plus certainement le médecin qui était visé.

6. Ces Commentaires comportent une foliotation et une pagination (apparemment plus récente). Nous indiquons les deux chiffres.

7. On observe une double rature d’époque au niveau de la date : le mois a été biffé et réécrit au-dessus ; le dernier chiffre de l’année a été repassé.

8. A. Chereau, Le Médecin de Molière, Paris, F. Malteste, 1881, spéc. p. 6-7.

9. Blondel mourut le 5 septembre 1682. Voir l’annonce de son décès dans les Commentaires XVI, f° 216v = p. 403. La Dissertation sur l’antimoine de Lamy (1682, cf. « Instruction au lecteur », p. 6) nous apprend que Blondel avait porté plainte au Parlement contre lui, mais les raisons n’en sont pas précisées.

10. L’approbation la plus tardive, celle de Bonnet, médecin ordinaire de la reine, est datée du 7 juin 1682.

11. Le décès de Blondel sera annoncé en ces termes dans le Mercure galant de septembre 1682, p. 25-27 : « Il est mort aussi un [...] Medecin qui a fait beaucoup de bruit [...] La faculté de Medecine de Paris joüit à present d’un grand repos [...]. Il demeuroit seul obstinément opposé à l’approbation genérale de l’Antimoine, dont il combatoit les bons effets, ayant tellement troublé depuis trente ans cette docte Compagnie, qu’elle a paru toûjours divisée. Comme apparemment ses opinions mourront avec luy, il y a lieu d’espérer que la concorde & la paix ne manqueront pas à s’établir parmy tant d’honnestes Gens, si ce n’est que les Scrutateurs de Spécifiques, & les Sectateurs des Acides & des Alkalis, qui sont en tres petit nombre, ne s’imaginent que le moyen de se distinguer, c’est de faire parler d’eux, & qu’ils ne veüillent un jour insinuer dans quelques Theses des Propositions d’une doctrine erronée, qui ne se peut soûtenir que par des hypotheses ou par de trompeuses expériences ; mais le mal n’ira pas loin, puis qu’on n’a point à douter que la plus saine partie de laFaculté ne s’y oppose, & qu’elle n’arreste le cours de ces nouvelles & dangereuses Maximes, qui faisant impression sur l’esprit de la Jeunesse, pourroient luy donner une teinture préjudiciable à la pratique de la bonne Medecine ». On se plaît à imaginer que l’auteur de ces lignes fut Fontenelle, qui connaissait peut-être personnellement Lamy et en tout cas l’a utilisé (cf. A. Niderst, Fontenelle à la recherche de lui-même (1657-1702), Paris, Nizet, 1972, et Fontenelle, Paris, Plon, 1991, Index, s.v. « Lamy »). Mais la collaboration de Fontenelle au Mercure se relâche sensiblement à partir des années 1680 (idem, 1991, p. 56). Notons que le décès de Lamy n’y sera pas annoncé.

12. J. Lévy-Valensi, La Médecine et les médecins au XVIIe siècle, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1933, p. 156-157 (bibliographie).

13. « Cadméen » est dérivé de Cadmus, fils du roi phénicien Agénor et fondateur de Thèbes. Après sa victoire sur le dragon qui gardait la source d’Arès, Cadmus dut l’expier par dix ans de servitude auprès du dieu. D’où l’expression Cadmeæ victoriæ non bonæ.

14. Les signatures des deux Lamy figurent par ex. au t. XVI, f° 185v° = p. 340 (1680) et f° 213r° = p. 296 (1681), mais elles disparaissent toutes deux fin 1682 (f° 238 = p. 446-447). Alain Lamy, auteur d’un Ergo Phrenitidi (Paris, 1654) et d’un Non ergo Anginæ Repellentia (Paris, 1655), fut reçu médecin ordinaire de l’Hôtel-Dieu (et de l’hôpital des Incurables) en 1678, comme l’attestent les registres édités par Léon Brièle (Collection de documents pour servir à l’histoire des hôpitaux de Paris, I [Hôtel-Dieu et dépendances], Paris, 1881, p. 207 et 221 [annonce du décès, après deux ans de maladie] ; Supplément à l’inventaire sommaire des archives hospitalières antérieures à 1790, Paris, 1888, fasc. 2, p. 268, qui d’ailleurs indexe Lamy sous le prénom de Guillaume. Ce dernier nous informe de son côté (Dissertation sur l’antimoine, p. 156), qu’il donna des soins à l’Hôtel-Dieu pendant cinq ou six ans avant son doctorat. Rappelons aussi qu’un Michel Lamy, mort en 1583, fut auparavant médecin de la faculté de Paris (cf. Guy Patin, Lettres, éd. Réveillé-Parise, Paris, 1846, I, p. 282, et les Commentaires ad loc.).

15. Portal (Antoine), Histoire de l’anatomie et de la chirurgie, contenant l’origine & les progrès de ces Sciences..., Paris, P. Fr. Didot le Jeune, 1770, t. 3, p. 346-350. Portal énumère les publications médicales de Lamy, rappelle qu’il fut « un des premiers qui aient osé s’élever contre les partisans de la transfusion », et procède à une analyse détaillée des Discours anatomiques. Ce faisant, il rapporte ou plutôt interprète le jugement fameux de Haller (« impius homo » ; cf. Haller, Bibliotheca anatomica..., Tiguri, 1774, p. 556-557) et répute Lamy « Sectateur zelé des ouvrages de Descartes » [!]. Suit un paragraphe expéditif sur l’Explication (« tissu d’explications hazardées & dénuées de toute probabilité »). Même confusion entre Alain et Guillaume à l’article « Blondel », p. 299-300. Alain Lamy nous aurait laissé seulement un Ergo Phrenitidi Narcotica (Paris, 1654) et un Non ergo Anginæ Repellentia (Paris, 1655).

16. La première édition date de 1755 (Liège et Francfort, J.-F. Bassompierre, 2 vol). Eloy suit l’auteur d’une Lettre à M. Fréron au sujet de l’histoire de l’anatomie et de la chirurgie que nous n’avons pas identifié.


1. je n’en connois point

2. je ne scais s’il est traduit

3. de Barenton, auteur de

4. italien

5. Ils ne sont ni traduits ni communs. Voir sa vie et son apologie

6. Th. Hobbes &c.

7. 1659 . Manuscrit très rare

8. Spinosa &c

9. &c &c &c

10. latin et fran.

11. rares

12. elucubratum

13. Van den flauer [?]

14. filii [rajouté au-dessus de la ligne]

15. L.frederici

16. Les grands Essais

17. Chantry

18. Du Vivie [?]

19. sont de lui

20. Tous les ouvrages de Bayle

21. et les autres ouvrages

22. à M. de f. et qu’on croit

23. de l’abbé Houtteville

24. par M. le Clerc

25. celui de

26. [ici un trait barre la page du manuscrit juste au-dessus de l’article Meslier] .

27. il mourut

28. fin du manuscrit de Thomas Pichon.

29. La table des matières contient une ultime addition. Au-dessous du titre de la Notice, on lit : « Ajoütez à cette liste : L’Histoire de l’Ame de la Métrie, & ses autres ouvrages Philosophiques &c ».


1. Respectivement Benítez n° 100, n° 99, n° 101 (= Opinions des Anciens sur les juifs) et 59 (= Examen de la religion) — liste de 1988.

2. Dans Fr. Moureau (éd.), De Bonne main. La communication manuscrite au XVIIIe siècle, Paris, Universitas, 1993, p. 143-175, voir p. 162, n. 91.

3. Gabriel, veuf de Bonne de Saint-Chamans (1690-1718), avait épousé en 1719 la seconde fille du comte de Boulainvillers : Suzane-Marie-Henriette. Il n’était alors que conseiller au Parlement ; il sera nommé en 1727 président de la seconde Chambre des Comptes et on ne l’appellera plus dès lors que le « président de Rieux ». Son père avait acquis en 1708 la baronnie languedocienne (Haute-Garonne), que Gabriel recevra en dot le 12 aout 1717. Sur lui et sa famille, cf. A. Jal, Dictionnaire critique de biographie et d’histoire, Paris, 1867, p. 203-206 ; V. de Swarte, Un banquier du Trésor royal au XVIIIe siècle : Samuel Bernard, sa vie, sa correspondance (1651-1739), Paris, Berger-Levrault, 1893 ; Bonald (vicomte de), Samuel Bernard, banquier du Trésor Royal et sa descendance, Rodez, 1912 ; E. de Clermont-Tonnerre, Histoire de Samuel Bernard et de ses enfants, Paris, H. Champion, 1914 ; J. Saint-Germain, Samuel Bernard, le banquier des rois, Paris, Hachette, 1960.

4. Cf. Barbier, Journal, éd. de Paris, Charpentier, 1857, III, p. 156.

5. Le château de Saint-Saire resta entre les mains de la famille de Boulainvilliers, du côté Bernard, jusqu’en 1819, où il fut vendu par Pierre-Louis-Gabriel de Ses-Maisons, arrière-petit-fils de Boulainvilliers (R. Simon, Henry de Boulainviller, historien, politique, philosophe, astrologue, 1658-1722, Paris, Boivin, 1942, p. 44).

6. Cf. R. Simon, Ibid., p. 40-42, avec les réserves émises sur plusieurs points par Ellis, cité ci-dessous.

7. Le catalogue manuscrit de la bibliothèque du marquis de Paulmy (Paris, Arsenal 6299, f° 239, n° 1788 et 1789) rapporte que les Opinions des anciens sur le monde (Ars. 2870) et les Opinions des anciens sur l’âme (Ars., 2869) sont venues à son père, René-Louis de Voyer de Paulmy, marquis d’Argenson (1694-1757), « de feu M. le Cte de Boulainvilliers ». Il « y a toute apparence », est-il ajouté, qu’ils sont de lui, ou du moins « qu’il (les a) tiré(s) des ouvrages de Spinoza ou d’autres athées » (cf. Wade p. 209, 212). Rappelons d’autre part qu’une copie manuscrite intitulée Histoire des opinions des anciens sur la nature de l’âme, qui comporte plusieurs variantes importantes avec les Opinions [...] sur l’âme précédemment citées, est incluse dans les Extraits des lectures de M. le comte de Boulainvillier (BN. N.a.fr. 11074), vol. IV (ms. non autographe relié à ses armes). Quand Raynal signalera la parution en 1751 du Monde, son origine et son antiquité, il rappellera : « on prétend que cet ouvrage a été trouvé entre les papiers du fameux comte de Boulainvilliers » (Correspondance littéraire, philosophique et critique par Grimm, Diderot, Raynal, Meister, etc., éd. M. Tourneux, Paris, t. II, 1877, art. XC : 8 mars 1751, p. 33 ; Raynal croit « l’ouvrage d’un auteur plus moderne », en quoi il ne se trompe pas entièrement : Le Mascrier semble avoir effectivement remanié le traité en utilisant, notamment, Telliamed ; mais Maillet n’avait-il pas auparavant remanié son traité à partir des Opinions [...] sur le monde, qu’il jugeait « fait pour (son) système de la diminution de la mer » ? G. Artigas-Menant nous éclaircira sans doute sur ces emprunts réciproques dans son édition à paraître du Telliamed).

8. Sur le destin des manuscrits [principalement historiques] de Boulainvilliers, voir le précieux appendice d’Harold E. Ellis dans Boulainvilliers and the French Monarchy. Aristocratics Politics in Early Eighteenth-Century France, Ithaca & London, Cornell Univ. Press, 1988, p. 216-223 : « Bibliographical Problems : Defining a Boulainvilliers Corpus ». Nous n’avons encore pu consulter D. Venturino, Le Ragioni delle tradizione. Nobiltà e mondo moderno in Boulainvilliers (1658-1722), Firenze, Le Lettere, 1993.

9. Samuel Bernard eut trois filles et trois fils ; le troisième, Vincent de La Livinière, mourut en 1719.

10. Manuscrit in-f° relié en veau fauve. Une note manuscrite dans l’exemplaire du Catalogue conservé à la B.N. sous la cote Delta 48699, estime l’ouvrage à 58 livres 10 [sols] et précise : « Ce ms a été présenté en 1730 au Prince Jules Frédéric de la Tour d’Auvergne ». G. Artigas-Menant nous fait savoir que ce manuscrit correspond au ms. 263 de la Bibliothèque de l’Institut, dont le titre exact est Nouveau sistème du monde ou entretiens de Taliamede Philosophe Indien avec un Missionnaire françois divisé en trois conversations : la page de titre porte, en haut : « Principi Julio Frederico de la Tour D’Auvergne », et en bas « anno 1730 » (voir de même Fr. Moureau, « Clandestinité et ventes publiques... », art. cit., p. 163, n. 95). Nous donnons plus bas les estimations de prix qui concernent d’autres clandestins figurant dans le catalogue de Rieux.

11. Nous devons cette dernière suggestion à Gianluca Mori. On a des indices très sûrs que Maillet disposait des Opinions sur le monde, sur les juifs, et des Doutes sur la religion ; quant aux Opinions sur l’âme, il s’agit très certainement de l’une des lectures, évoquées dans une lettre au marquis de Caumont du 5 mars 1734 (soit deux jours avant celle publiée par M. Benítez), qui ont servi de matrice à ses Observations sur la nature de l’âme (manuscrit perdu évoqué par M. Benítez dans « La première édition de Telliamed », Transactions of the Eighth International Congress on the Enlightenment, III, = S.V.E.C. 305, Oxford, The Voltaire Fondation, 1992, p. 1750-1752).

12. Les recherches de François Moureau semblent avoir abouti à la même impasse (art. cit., p. 162, n. 91). Ce dernier optait plutôt pour Jean Sévère, frère de Louis-Auguste, et c’est aussi le plus sérieux concurrent que nous avions trouvé à Bernard de Rieux. Toutefois, 1. lui et son frère étaient bretons ; 2. il portait le titre de marquis d’Ouessant ; 3. le frère, le chevalier de Rieux, était brigadier d’infanterie et semble n’avoir jamais appartenu à l’Ordre de Malte. Nous avons consulté l’Histoire des chevaliers hospitaliers de S. Jean de Jérusalem [1726], [...] Nouvelle édition augmentée des statuts de l’Ordre et des noms des chevaliers, Paris, Babuty fils, 1753, t. VII, et le t. VIII [...] formant le complément des listes de M. l’abbé de Vertot publié par V. Lefèvre, Paris, Delaunay, 1832.

13. Divers actes datés de 1731 à 1739 le qualifient de « grand’croix, grand prévôt et maître des cérémonies de l’ordre militaire de Saint-Louis » (cf. Jal, op. cit., p. 205-206, et pour la date de 1739 : E. de Clermont-Tonnerre, ibid., p. 126 ; l’ensemble du chap. VI de la 1ère partie est consacré à Samuel-Jacques ; voir encore Barbier, op. cit., III, p. 155). Ces titres étaient avant tout honorifiques qui n’étaient pas décernés qu’à des militaires et pouvaient se monnayer.

14. Histoire de Samuel Bernard et de ses enfants, op. cit., p. 133.

15. Comme l’indique Fr. Moureau, « L’auteur que Maillet crut voir en Rieu n’était sans doute que le maillon d’une chaîne qui conduisait à un écrivain... inconnu » (« Clandestinité et ventes publiques... », art. cit., p. 163).

16. Voir Wade, The Clandestine organization..., chap. VI, et P. Rétat, « Erudition et philosophie : Mirabaud et l’antiquité », dans O. Bloch (éd.), Le Matérialisme du XVIIIe siècle et la littérature clandestine, Paris, Vrin, 1982, p. 91-99.

17. On rappelera que des variantes importantes existent, par exemple, entre la version la mieux connue des Opinions sur l’âme et l’Histoire des opinions figurant dans les Extraits de Boulainvilliers (nous nous appuyons ici sur les fiches d’inventaire provisoires déposées par G. Artigas-Menant au Centre de Documentation du C.H.S.P.M. de Paris I). Cette éventualité permettrait seule d’éviter la thèse, tentante mais un peu facile, de l’imposture complète.

18. M. Benítez, « La première édition du Telliamed », art. cit., p. 1751 ; « Lecteurs et éditeurs de Telliamed », dans Fr. Moureau (éd.), De Bonne main..., op. cit., p. 74 ; Fr. Moureau, « Clandestinité et ventes publiques... », ibid., p. 161.

19. Le Catalogue [...] Bernard de Rieux, op. cit., signale dix manuscrits ou ouvrages — non clandestins — attribués à Boulainvilliers (n° 1272, 2216, 2363, 2530, 2859, 2860, 2862, 2865, 2866, 3062 ; cf. Ellis, op. cit., p. 220) et six autres manuscrits répertoriés dans notre corpus. L’exemplaire Delta 48699 de la B.N. présente l’intérêt de comporter des annotations manuscrites précisant les estimations de vente :

Le Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de feu M. Bernard, conseiller d’état, ordinaire, etc., Paris, Barrois, 1756 [vente en mars] (B.N. : [Delta 283) comprend 380 mss. dont 28 attribués à Boulainvilliers et trois “clandestins” : la Lettre d’hypocrate à Damagète (n° 6), Le Ciel ouvert à tous les hommes (n° 7), et le Traité de l’infini créé (n° 47). Nous avons également relevé ce titre (n° 60) : OEuvres mêlées d’un docteur de Sorbonne qui a été pendant quinze ans à la Bastille, et qui en est sorti en 1716 (in-f°). Ces quatre mss. correspondaient respectivement aux n° 1887, 1888, 1928 et 1941 dans le Catalogue des livres de feu M. Bernard, conseiller d’Etat, dont la vente commencer lundi 18 mars 1754 et continuera les jours suivants..., Paris, Barrois, 1754 (B.N. : Q 7781). La vente des manuscrits semble donc avoir été reportée en 1756.
1.
A. Niderst « L’Examen critique des apologistes de la religion chrétienne, les frères Lévesque et leur groupe », dans Le Matérialisme du XVIIIe siècle et la littérature clandestine, éd.O. Bloch, Paris, 1982.

2. Sans doute de Launay, secrétaire du prince de Vendôme dont Marais écrit en janvier 1727 qu’il a « une vieillesse très vive » (Correspondance littéraire du président Bouhier, éd. H.Duranton, n° 9, St Etienne, 1981, p. 125).

3. Vie de M.l’abbé de Choisy, Lausanne, Genève, 1742 (par l’abbé d’Olivet). L’abbé Bonardy signale l’ouvrage le 23 juin 1743 à Bouhier dans les productions nouvelles, en ajoutant qu’« on croit reconnaître un de vos amis qui n’aura garde d’en convenir » (Correspondance... n° 5, Saint-Etienne, 1977, p. 94).

4. L’abbé Goujet († 1767), janséniste, avait publié les Mémoires de l’abbé de Marolles († 1681).

5. Ici une citation latine.

6. Sans doute Voltaire, Mirabaud, Rousseau, d’Argens, Fréret, Boulanger.

7. Ici une citation latine.

8. Soulignés dans le manuscrit.

9. Recherches sur l’origine du despotisme oriental, ouvrage posthume de Mr. B.I.D.P.E.C. [N.A. Boulanger], s.l., 1761.

10. Prejugés légitimes contre l’Encyclopédie et essai de réfutation de ce dictionnaire. Paris et Berlin, 1758-1759, 8 vol. in-12. Chaumeix était janséniste.

11. L’abbé Joseph-Antoine Dinouart (1716-1786).

12. Gabriel Gauchat (1709-1774 ou 1779).

13. L’abbé Joanet (1716-1789), principal rédacteur du Journal chrétien depuis 1756.

14. Jean-Nicolas Hayer (1708-1780).

15. Voir le Dictionnaire des journaux et Dictionnaire des journalistes.

16. Non identifié.

17. J.H.S. Formey (1711-1797).

18. Jean-George Lefranc de Pompignan (1715-1790).

19. Jean-Jacques Lefranc de Pompignan (1709-1784).

20. Jacob-Nicolas Moreau, 1717-1803, auteur du Nouveau mémoire pour servir à l’histoire des Cacouacs [= les Encyclopédistes] (1757).

21. E.C. Fréron, 1718-1776, adversaire des philosophes et des encyclopédistes.

22. Ch. Palissot de Montenoy, 1730-1814, s’était attaqué en particulier à Diderot dans sa comédie Les philosophjes (1760).

23. Souligné dans le manuscrit.

24. Histoire de la vie d’Erasme (1757) et Vie de Hugo Grotius (1750).

25. Le 19 juillet 1763, Voltaire écrivait à F. Tronchin : « J’apprends que quelques malins débitent une rapsodie intitulée Saül, tragédie tirée de l’Ecriture Sainte, par M.de Voltaire ».

26. Non identifié.

27. François-Timoléon de Choisy, 1644-1724, était célèbre pour son habitude de porter des vêtements féminins.

28. Histoire de Madame la Comtesse des Barres, publié en 1735, sans doute par l’abbé d’Olivet.

29. L’Année littéraire.


1. Commercii epistolaris Uffenbachiani selecta, Ulm-Meiningen, 1753, III, p. 410 sq., cité par J. Vercruysse, « Le Theophrastus redivivus au 18e siècle : mythe et réalité », dans T. Gregory et al. (éd.), Ricerche su letteratura libertina e letteratura clandestina nel Seicento, Firenze, La Nuova Italia, maintenant Milano, Franco Angeli, 1981, p. 298.

2. Voir Theophrastus redivivus, éd. G. Canziani et G. Paganini, Firenze, La Nuova Italia (maintenant Milano, F. Angeli), 1981, [I] p. 317 et [II] p. 403 (= p. 351, 352, 448 dans l’exemplaire de la Bibl. Nat. de Paris, ms. lat. 9324).

3. Renaissance Quarterly, XXXVII (1984), [p. 630-634], ici p. 632.

4. K. Sudhoff : Bibliographia Paracelsica. Besprechung der unter Theophrast von Hohenheim’s Namen 1527-1893 erschienenen Druckschriften, Berlin, 1894, I, p. 600-601, et J. Ferguson : Bibliotheca Chemica. A Catalogue of the alchemical, chemical and pharmaceutical books in the collection of the late James Young of Kelly and Durris, Glasgow, 1906, repr. Hildesheim-New York, G. Olms, 1974, I, p. 401-402. Le traité comporte 5 f. + 35 [33] p. selon Sudhoff ; 8 + 27 + [1 blanche] p. selon Ferguson. Aucun exemplaire à la B.N. Lynn Thorndike mentionnait aussi l’ouvrage dans son History of magic and experimental science (New York, Columbia Univ. Press, VIII, 1958, p. 352).

5. Voir Hébreux, I, 2.

6. En médecine et en chirurgie : qualification de Paracelse qui apparaît dès 1529, nous précise D. Kahn (calque vraisemblable de l’expression “doctor utriusque juris” : docteur en droit civil et en droit canon).

7. Soit : « THEOPHRASTE RESSUSCITÉ c’est-à-dire USAGE PRATIQUE DE L’AZOTH, ou pierre philosophique médicinale, qui est la vraie teinture du corps humain restitué à la fin des temps par la grâce divine. De l’estimé, noble, très expérimenté et très fameux philosophe allemand Philippe Théophraste Paracelse de Hohenheim, docteur dans les deux médecines, monarque et prince des médecins. L’usage duquel, avec l’aide divine dans une pratique heureusement conduite au cours de ces maladies que j’ai rencontrées les années récemment écoulées de l’heureuse redécouverte de l’azoth, j’ai trouvé véritable, moi, Maître Elias Johann Hessling, Thuringeois d’Arnstadt, actuellement pasteur à Aurach dans le canton de Vahinger sur l’Ems dans la principauté du Wurtemberg, et depuis longtemps praticien de l’ancienne médecine. Donné par moi à la publication sur la demande particulièrement gracieuse de distingués étrangers. / Lecteur chrétien, écoute-moi ici / Ne juge pas trop rapidement, je te le demande / Lis-moi d’abord avec réflexion / Puis juge avec raison » (cette traduction doit beaucoup à J. Letrouit et D. Kahn). L’auteur semble n’avoir fait l’objet d’aucune étude (information de M. Joachim Telle, Univ. de Heidelberg).

8. Sudhoff, op. cit., p. 601, qui se borne cependant à mentionner l’Impostura citée infra.

9. Cf. Ferguson, op. cit., p. 402. Voir aussi le catalogue de la British Library.

10. Ferguson signale encore comme se rapportant à la polémique, d’après Adelung (Fortsetzung [...] zu [...] Jöchers [...] Gelehrten-Lexicon, 1787, II, col. 1975) : Breyningius larvatus a se explosus, Cassel, 1665.

11. Rappelons qu’Uffenbach a spontanément pris le Theophrastus pour un livre d’alchimie.

12. Les sources utilisées par l’auteur ne laissent guère de doute à ce sujet, et l’exemplaire viennois le plus ancien provient vraisemblablement de France. Ajoutons cette indication fugitive qui nous vient d’O. Bloch et qu’il ne faut peut-être pas laisser perdre : dans une lettre datée de 1654, Guy Patin mentionnait la visite chez lui de La Mothe Le Vayer, qui lui emprunta un « livre rare » (Ocellus Lucanus, De universi natura), qui se trouve être l’une des sources du Theophrastus (Lettre 2bnXIII, dans Lettres de Guy Patin, éd. Réveillé-Parise, 1846, II, p. 334). O. Bloch nous rappelle qu’une partie de la correspondance de Patin demeure manuscrite et que la piste mériterait d’être suivie.

13. Autre confusion, plus récente : Sudhoff inclut dans sa Bibliogaphia Paracelsica (cf. I, p. 664) La Fausseté des miracles des deux testaments [...] Ouvrage traduit du manuscrit latin intitulé Theophrastus redivivus (1775), précisant : « Eine Kritik der jüdischen und christlichen Wunder, welche mit Hohenheim nichts zu thun hat ». Antony McKenna nous a fait savoir qu’un certain Theophrastus Paracelsus avait été mis à l’index.


1. Voir R. Pintard, Le Libertinage érudit dans la première moitié du XVIIe siècle, rééd. Genève-Paris, Slatkine, 1983, p. 90-91 et 313-314, avec les réf. ad loc. Patin, dit Pintard, s’était institué le « greffier bénévole » de la petite académie. Voir aussi la notice parue dans la Biographie universelle de Michaud sur Nicolas Bourbon (t. V, Paris, 1812, p. 551-553), qui précise que Gassendi lui-même participa aux réunions de la rue Saint-Honoré. R. Kerviler a laissé une monographie sur N. Bourbon : Paris, 1877.

2. « Borboniana, ou fragment de littérature et d’histoire par Nicolas Bourbon », où seul le second témoignage donné ici est reproduit. Voir sur ce manuscrit (perdu ?) l’introd. de Joly et la notice de Michaud citée supra. C’est notre ami Jean Letrouit qui a suscité la présente note en attirant notre attention sur ce témoignage édité ; il nous a ensuite aidé à retrouver les témoignages dans le manuscrit apparemment complet de la B.N.

3. Ms. 77, de 745 pages avec index : voir Le Libertinage érudit..., Bibliographie, n° 541. Celui de la B.N., qui comprend 89 folios, est répertorié sous le n° 332.

4. Voir sa Dissertatio historico-litteraria de doctis impostoribus, Jenæ, 17124, p. 29.

5. [Atheismus..., cap. XIII]. Cette phrase précède : « Averroes quoque et Aristoteles putant legislatores omnes esse simulatores vafros et prudentes, propter sui utilitatem aut populorum excitos ». Sur Campanella et le De tribus impostoribus, voir en particulier l’article cité de G. Ernst, p. 143-170. On sait que l’Atheismus s’annonçait comme une réfutation formelle du De tribus impostoribus, en partie pour se disculper des soupçons portant sur sa personne. Sur Machiavel comme auteur ou inspirateur du livre impie, voir F. Berriot, Athéisme et athéistes au XVIe siècle en France, Paris, Cerf, [1984], p. 412-444 (voir aussi le témoignage de Thomas Nashe cité par Ernst, ibid., p. 158). L’Arétin s’est trouvé visé à plusieurs occasions (Berriot, p. 353-366 ; Ernst, 157-160).

6. Sur François Pucci comme auteur présumé du traité, voir Fr. Berriot, ibid., p. 540-545 ; Ernst, art. cit., p. 166-168.

7. Cette attribution (fantaisiste) bien connue à l’humaniste Marc-Antoine Muret (1526-1585), était réfutée par La Monnoye dans ses « Sentimens sur le Traité des trois imposteurs » (dans l’éd. de 1777 des Trois imposteurs reprintée par P. Rétat, Saint-Etienne, 1973, p. 119-120 et 127-129). L’érudit dijonnais s’appuyait sur Struve (§ 9) selon qui Enrico Ernst, alias Ernstius déclarait [dans Variarum observationum, Amsterdam, 1636, p. 156] « avoir ouï dire dire étant à Rome à Campanelle que c’étoit l’ouvrage de Muret, Ecrivain très-poli & très-latin [...] : mais il faut qu’Erustius [sic] se trompe, & que Campanelle ait varié ; car dans la préface de son Atheismus triumphatus, & plus expressément encore dans sa question de gentilismo non retinendo [Paris, 1636, p. 21], il dit que c’est d’Allemagne que l’ouvrage étoit parti [...] ». Voir aussi F. Berriot, ibid., p. 444-448, et G. Ernst, art. cit., p. 147-148.

8. François d’Amboise, dit l’aîné, nommé Maître des requêtes en son Conseil par Henri IV en 1596, conseiller d’état en 1604, Maître des requêtes honoraire en 1612, décédé à Paris en 1619, auteur de plusieurs ouvrages en prose et en vers.

9. Sur cette attribution bien connue : F. Berriot, op. cit., p. 386-412.

10. Voir ici Berriot, ibid., p. 493- 520 et F. Niewohner, « The Parable of the ring and the book De tribus impostoribus in Guillaume Postel’s Letter of 24 august 1563 to Andreas Masius », dans M. L. Kuntz (éd.), Postello, Venezia e il suo mondo, Firenze, Olschki, 1978, p. 305-315. Postel serait le premier à avoir parlé du livre comme existant, dans son De Alcorani seu legis Mahometi et Evangelistarum concordia liber (1543, p. 72) : il attribue un De tribus prophetis à un certain « Villanovanus » [= non pas Michel Servet, comme l’a cru par ex. P. Marchand dans son Dictionnaire, ni le médecin alchimiste catalan du XIIIe siècle Arnaud de Villeneuve, comme l’a cru de son côté Naudé dans son Apologie de 1624, mais certainement Simon de Villeneuve ou de Neufville, le maître de Dolet mort à Padoue en 1530]. Postel lui-même fut dénoncé comme auteur du traité par une rumeur qui proviendrait notamment (dit-on) de Ramus.

11. Jean Buxtorf (1564-1629) et son fils et successeur à l’Université de Bâle, Jean également (1599-1664), furent tous deux d’éminents hébraïsants, lecteurs assidus de Maïmonide… Il s’agit ici probablement du fils. Nous ignorons le sort de cette bibliothèque, une enquête serait peut-être utile.

12. Jacques Auguste de Thou (Historia mei temporis, 1604, dite Thuana historia ou Thuana). La version de l’imprimé (p. 253) est un peu différente à partir de « pernicieux livre » : « Je crois qu’il n’a jamais été imprimé, & par conséquent que cet ami, qui est un Moine, a menti, lequel m’a dit l’avoir vû à Bâle, dans l’étude de Buxtorfius, qui assuroit qu’il [Postel] en étoit l’Auteur ; que le livre étoit imprimé ; que le stile & le latin ressembloient fort à celui de Postel, qui autrefois avoit été Jésuite ». Joly ajoute en note : « on peut hardiment assurer que ce livre n’a jamais été imprimé, ni même composé, voyez le Journal des Sçavans, Avril 1750, in 4°, p. 230 » (= compte rendu de B. Du Jardin, dit Boispréaux, La Vie de Pierre Arétin, La Haye, 1750, p. 226-230). Le rédacteur du Journal des savants mettait en doute l’affirmation selon laquelle le livre, imputé à tort à L’Arétin, « se trouve en Allemagne dans plusieurs Bibliothèques [...] a été imprimé en Hollande sans nom de Ville, ni d’Imprimeur, & sans date d’année, sur un ancien manuscrit qui fut volé dans la Bibliothèque de Munich, après la bataille d’Hoechflet, lorsque les Impériaux s’emparèrent de la Bavière » : on reconnaît ici la Réponse à La Monnoye de Arpe ou Rousset de Missy. Il était répondu à cela, s’appuyant sur La Monnoye, que le livre n’avait jamais existé, et l’on exigeait les preuves de son existence dans les bibliothèques : réponse tout de même un peu surprenante en 1750 ! (le journaliste, comme La Monnoye — mais celui-ci se montre équivoque par endroits — entend parler de manuscrits aussi bien que d’imprimés). Elle montre que le Traité des trois imposteurs n’était pas à l’époque si répandu et connu dans le “grand public cultivé” que l’on se plaît quelquefois à le croire.

13. L’antitrinitaire siennois Bernardino Occhino (1487-1565), après avoir abandonné le catholicisme (et fondé l’ordre des Capucins) pour la Réforme, se serait, selon la légende, fait juif puis musulman avant de mourir athée en Moravie (il avait auparavant été chassé de Pologne, s’était lié avec les “Frères Polonais”...) ; l’accusation de judaïsme provient certainement de ses Dialogi triginti de 1563 (cf. Berriot, op. cit., p. 462 sq.) ; c’est lui que Digby, commentant Th. Browne, regardera comme l’auteur du De tribus impostoribus. Rappelons d’autre part que Claude Hardy, conseiller au Châtelet, évoquait également devant Chapelain, comme lieu d’impression du traité qu’il avait « vu et lu » vers 1620-1625, « une ville obscure de Silésie ou de Moravie » que le dernier identifia comme « Vegrovia » [= Wegrow ou Wengrow, à 75 km à l’est de Varsovie : cf. Denonain, art. cit., p. 219-220, et pour un aperçu plus général S. Kot, « L’influence de Michel Servet sur le mouvement antitrinitarien en Pologne et en Transylvanie », dans B. Becker, éd., Autour de Michel Servet et de Sébastien Castillon, Haarlem, 1953, p. 72-115, spéc. p. 78]. Denonain rappelle aussip. 218 qu’« en 1550, l’évêque polonais Zebrzydowski aurait affiché sa conformité de vues avec le Liber de Tribus Impostoribus, désigné comme existant ».