QUELQUES TRADUCTIONS INCONNUES DE TEXTES PHILOSOPHIQUES CLANDESTINS

Au XVIIIe siècle, l’intérét des voisins de la France pour ses textes philosophiques clandestins se manifeste non seulement à travers l’activité des copistes de manuscrits et la convoitise bibliophilique des collectionneurs, mais aussi à travers un phénomène peu solidement connu : les soins des traducteurs. À ce propos, la riche collection de Johann Christian Gottfried Jahn, fonctionnaire administratif de la cour de Saxe, mérite une attention particulière. Le catalogue, fait par Jahn luimême (Verzeichnis der Bücher so gesamlet Johann Christian Gottfried Jahn., Frankfurt / Leipzig 175557), contient des informations sur nombre de traductions de textes philosophiques clandestins augourd’hui perdus. Il ne s’agit pas d’un catalogue de vente publique, mais d’une bibliographie raisonnée, dont les enregistrements bibliographiques sont garnis de commentaires qui souvent égalent l’étendue d’articles de périodiques. L’inventaire contient une vaste section (plus de 800 pages) consacrée aux textes athées et hétérodoxes (tome I/23, p. 14732274 : « Libri Atheismi, Deismi, Naturalismi & Scepticismi suspecti »). Les longueurs de cette section s’expliquent par l’intention de Jahn de collectionner tout le corpus de la littérature hétérodoxe pour en tirer une histoire de l’athéisme. Cette histoire ne fut jamais écrite, mais le catalogue peut bien faire office d’équivalent.

Nous ne signalons qu’en passant les manuscrits de la collection qui se trouvent également dans toutes les bibliothèques bien dressées de cette époque, comme le Colloquium heptaplomeres de Bodin (p. 147482), l’Esprit de Spinosa(1), le traité latin De imposturis religionum(2), le Mutianus de Bath(3) , le Symbolum sapientiae(4), les Meditationes Philosophicae De deo : mundo : homine et les Meditationes. Theses. Dubia. Philosophicotheologica de Theodor Ludwig Lau(5), la Concordia rationis et fidei de Stosch (136 feuilles in8, p.1789-92), le De primordiis Christianae religionis de Wachter (p. 2177). Les pièces extraordinaires de cette collection sont quelques traductions inconnues de textes clandestins :

Winfried SCHRÖDER