Les Arts plastiques


Rencontrer Ignace Meyerson dans une galerie ou une exposition, c'était se convaincre sur-le-champ que l'on avait affaire à un aficionado de l'art. A la différence de la plupart des gens, il savait et aimait regarder. Choisissant l'angle le plus favorable pour voir l'oeuvre qu'il désirait interroger, avançant parfois ou reculant d'un pas afin de mieux contempler, il demeurait longtemps en face d'elle, à la fois pour la comprendre et pour en jouir. Et il ne la quittait que lorsqu'elle lui avait livré ses secrets, qu'elle fût peinture ou sculpture.
Car le fait est hélas ! trop rare aujourd'hui pour qu'on ne le signale pas, il s'intéressait autant au second qu'au premier de ces arts. Ses pages sur Mortensen et Jacobsen le prouvent.
Cet amour des arts plastiques, joint au commerce qu'il avait avec leurs auteurs, l'avait persuadé d'une vérité trop souvent oubliée : c'est que «le monde de la peinture est un monde de formes, autonomes, régi selon ses lois propres».

Bernard Dorival


Bertholle - Jericho - 1956

Gischia - Au clair de la lune - 1948