Bibliothèque


La bibliothèque d'Ignace Meyerson compte plus de 14 000 éléments, soit environ 11 000 livres, 315 collections de périodiques et plus de 2 600 tirés à part. Son propriétaire l'avait classé par disciplines : de la philosophie aux beaux-arts, en passant par la psychologie et l'éducation, la sociologie-ethnologie et les religions, la linguistique, la géographie, l'histoire, les sciences sociales, la médecine, les sciences et la littérature.

Le fonds a été inventorié et catalogué en respectant dans la mesure du possible l'ordre établi par Ignace Meyerson lui-même, afin d'en garder trace. Cette disposition date de l'installation d'Ignace Meyerson dans son dernier appartement, à Boulogne, où il a pu en 1977, rassembler la grande majorité de ses livres. Sont venus s'ajouter les tirés à part, ainsi qu'un lot de livres et de périodiques qui n'étaient pas conservés dans l'appartement.

Les disciplines les plus représentées sont la psychologie (19,5% des titres, livres et très nombreux tirés à part ; on peut y ajouter l'éducation, 2,4%), les beaux-arts (17,5%), la littérature (16,1%) et la philosophie (11,2%). Suivent la sociologie-ethnologie (6,1%), à laquelle on peut associer les religions (4%) et la linguistique (3,9%), puis les sciences (6,5%) et la médecine (6%), ces deux disciplines étant particulièrement représentées parmi les tirés à part. Enfin viennent l'histoire, la politique, la géographie, l'économie et le droit.

La bibliothèque d'Ignace Meyerson est multilingue : on y trouve de très nombreux ouvrages et articles en allemand, anglais, italien, polonais, russe, espagnol, danois, latin... C'est dans le domaine de la psychologie que cette ouverture internationale est particulièrement frappante : ouvrages, articles, et surtout importantes collections de revues étrangères, souvent obtenues par échange avec le Journal de psychologie normale et pathologique dirigé par Meyerson.

Si la bibliothèque d'Ignace Meyerson est une bibliothèque de travail, elle est aussi une bibliothèque très personnelle.
On peut y retrouver toutes les étapes de sa formation et de sa carrière, d'abord à la Faculté de médecine, à la Salpêtrière, à la Faculté de philosophie, au laboratoire de psychologie d'Henri Piéron, puis à la Faculté de Toulouse, à l'Ecole des Hautes Etudes et au Centre de psychologie comparative, et surtout à la direction du Journal de psychologie normale et pathologique. La bibliothèque en effet abrite des témoins de chaque étape : ouvrages de maîtres de Meyerson, ouvrages de médecins amis, oeuvres des collaborateurs au Journal de psychologie, ainsi que de très nombreux ouvrages arrivés par échange ou pour compte-rendu, oeuvres des élèves de Meyerson, oeuvres des participants au Centre de psychologie comparative... Ensuite, on y lit la genèse des travaux de Meyerson lui-même, puisque la bibliothèque contient la plupart des ouvrages utilisés pour sa thèse, ainsi que ceux traitant de ses thèmes de recherche et d'enseignements ultérieurs. Si les livres ne sont pas annotés, en revanche certains gardent encore des signets couverts de notes de lecture.

Une proposition remarquable des ouvrages et des tirés à part, dans toutes les disciplines, porte une dédicace ou en envoi à Meyerson, témoignages d'admiration mais souvent aussi de reconnaissance et d'amitié.

La composition de la bibliothèque donne aussi un témoignage sur la personnalité privée d'Ignace Meyerson. Par les provenances d'abord, puisqu'on y trouve des livres de jeunesse venus avec lui de Pologne, des livres donnés par son oncle le philosophe Emile Meyerson, par d'autres membres de sa famille ou par des amis chers. Par les thèmes ensuite : ainsi s'explique le grand nombre d'ouvrages de littérature, et particulièrement de poésie, et l'importance des ouvrages d'art, des catalogues d'expositions ou de salons artistiques, ou la présence des ouvrages de politique.

La bibliothèque d'Ignace Meyerson constitue un ensemble exceptionnel. Elle offre un rassemblement d'ouvrages et d'articles dont certains sont rares, parfois difficiles à se procurer en France, et constituera donc un outil de recherche de premier ordre, en particulier pour les historiens de la psychologie. Elle complète également très heureusement les archives d'Ignace Meyerson, déposées aux Archives nationales, et contribuera ainsi à éclairer la genèse de son oeuvre.