Faites-en un médecin (1885-1913)


1885, 20 mai.

Naissance de Henri Mondor à Saint-Cernin (Cantal), fils d’Armand Mondor, directeur de l’école communale, et de Johanna Vidal. Son père lui enseigne une grande probité et une discipline rigoureuse.

1886

Naissance de Louis, son frère, qui deviendra instituteur.

1895, novembre.

Après l'obtention du certificat d'études, départ à Aurillac comme interne au lycée Emile Duclos, où il mène de brillantes études secondaires, notamment en matématique et en grec, quoique blessé par l'absence de sa mère et agacé de la turbulence de ses camarades. Son professeur de dessin remarque déjà ses facultés d'application. Henri Mondor découvre la poésie en lisant Les chants du crépuscule de Victor Hugo.

1903-1905

Sur l'instigation de sa mère, Henri Mondor monte à Paris faire ses études de médecine. Il se lie d’amitié avec Georges Duhamel à la bibliothèque - chauffée - de l'Association corporative des étudiants, rue Hautefeuille, et fréquente les bibliothèques de l'Arsenal, du Muséum d'histoire naturelle, ou la Bibliothèque nationale, où il rencontre Léon-Paul Fargue.

1906, 15 mai.

Externat des hôpitaux, dixième rang. Henri Mondor fait ensuite son externat chez Poirier à l'hôpital Lariboisière.

1907

Mort de son père, à Saint-Cernin.

1908, 15 mai.

Internat provisoire des hôpitaux, trente-sixième rang.

1909, 1er mai.

Internat des hôpitaux, deuxième rang. Il devient alors l'élève à l'hôpital Saint-Louis de Paul Lecène, homme à la silhouette athlétique et à la culture immense, que Mondor admire pendant quinze années comme "un phare de lumière limpide".

1910

Aide d’anatomie à la faculté de médecine de Paris.

1912, décembre

Première publication de Henri Mondor sur l'ecchymose plantaire parue dans La presse médicale, témoin de la précocité de son sens clinique.

1913

Médaille d’or de chirurgie pour un mémoire sur le Cancer du rectum : Henri Mondor montre que l'exérèse d'un rectum cancéreux devait être faite d'une autre façon que celle qui avait cours.

1913, automne.

Soutenance de sa thèse sur le même sujet du Cancer du rectum sous la présidence du professeur Hartmann.

1914, septembre.

Bien que réformé de toute obligation militaire, il s’engage comme infirmier 2e classe.

1914-1915

Brancardier, médecin auxiliaire et médecin aide-major, à l’armée de Soissons (68e régiment territorial).

1915-1917

Aide-major à l’armée de Verdun affecté à l’auto chirurgicale 3, non seulement il secoure et opère, mais il observe, note et écrit sur ses carnets cent vingt cinq observations sur les sutures primitives des plaies et quatre-vingts observations sur les plaies des vaisseaux. C’est aussi dans une de ces autochirs que naît sa passion pour Mallarmé, dont il récite des vers appris par cœur à ses compagnons d’armes.

1917, 9 juin.

Mort de son frère Louis, instituteur, tué d’un éclat d’obus en réparant une ligne téléphonique.

1917-1918

Aide-major, à l’armée d’Italie, il contribue avec son maître Raymond Grégoire, médecin-chef du Centre des armées, à donner une meilleure connaissance des plaies artérielles. A partir d'observations sur des blessés, il décrit un signe clinique qui permet de traiter les plaies superficielles du cœur, qui tuaient du fait de l'étranglement du muscle cardiaque par l'épanchement de sang dans le sac qui l'entoure. Ce signe de Mondor est aujourd'hui le plus quotidiennement recherché dans les suites opératoires des vraies plaies. Il est évacué pour diphtérie grave.

1918, juillet.

Aide-major à l’armée de Champagne, jusqu’en janvier 1919.

La guerre lui a fait connaître ses deux passions : la chirurgie et la poésie.