Francis Ponge

Repères chronologiques       1/2

Francis Ponge Repères chronologiques 1944-1988

1899

Naissance, à Montpellier le 27 mars, de Francis Ponge, fils de Juliette Saurel et Armand Ponge, issu d'une vieille famille huguenote nîmoise, administrateur, amateur d'art et de philosophie.

1900-1918
La formation

Francis Ponge, "Le malade imaginaire", 1912 © Armande Ponge

Installation de la famille Ponge à Caen en 1909. Scolarité au lycée Malherbe jusqu'au baccalauréat. Élève brillant mais dissipé.
En 14, Ponge découvre le Littré, lit Lucrèce, Horace, les Symbolistes. Dandysme, premiers poèmes. Meilleure note de l'académie au bac en philosophie pour une dissertation sur « L'art de penser par soi-même ».
Hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand.
Publie son premier sonnet sous le pseudonyme de Nogères. Disciple de Barrès en art comme en politique. Études de droit et de philosophie. Mobilisé en 18 dans l'infanterie à Falaise, puis au GQG des Armées françaises à Metz. Lit Nietzsche.

1919-1923
Les premiers pas

La promenade dans nos serres, premier texte où apparaît le « matérialisme logique ».Francis Ponge à Caen, 1922 © Armande Ponge
À Strasbourg, avec G. Audisio, J. Hytier, prépare l'École normale supérieure : admissible, mais reste muet à l'oral. Adhère au Parti socialiste. Vie de bohème entre Caen et Paris. Esquisse d'une parabole, publié dans le Mouton blanc.
En 22, rencontre J. Rivière, directeur de la NRF et J. Paulhan, nîmois et ami de la famille.
En février 23, envoie les Trois satires à la NRF. Début de la correspondance avec Paulhan. Le 18 mai, mort d'Armand Ponge. Les Trois satires au sommaire de la NRF de juin. Sous le choc de la disparition de son père, écrit La famille du sage.
En septembre, Paulhan enthousiaste lui déclare : « J'aimerais écrire ce que vous écrivez, voilà. »
Publie dans le Mouton blanc et le Disque vert, revue bruxelloise de Franz Hellens. S'intéresse à la revue Europe et au groupe de J. Romains.

1924-1928
La crise logique

Période de recherche d'une expression pure qui le conduit aux « limites de l'aphasie ». Fréquente presque exclusivement J. Paulhan, B. Groethuysen et Alix Guillain. Publie quelques textes dans la NRF et dans Commerce. Mort de J. Rivière. Paulhan, directeur de la NRF.
En 26, publie les Douze petits écrits, dédiés à J. Paulhan. Épuisement, difficultés d'écriture. Article de Groethuysen sur Douze petits écrits : « Une parole est née dans le monde muet. »
En 27, vit en Camargue : Proêmes sur la contemplation des choses et la nomination.
En 28, écrit Le galet, première « définition-decription » relevant de la méthode du Parti pris.

1928-1930
La période surréaliste

Se rapproche du groupe surréaliste. Premières notes pour un Soleil.
Rencontre Odette Chabanel au Chambon-sur-Lignon. Principaux proêmes de la « période surréaliste ». Rupture avec Paulhan après le refus de la NRF de publier un texte politique. Signe le Second manifeste surréaliste, « le surréalisme au service de la Révolution » aux côtés de Breton et d'Aragon.

1931-1937
Le syndicaliste

Épouse Odette Chabanel. Entre aux Messageries Hachette, où il fera la connaissance de Tardieu. Travaille « vingt minutes » chaque soir à ces petits textes qui constitueront le Parti pris des choses et l'essentiel de Pièces.
Renoue peu à peu avec Paulhan. Naissance de sa fille Armande en 1935.
Publie dans la revue Mesures. Participe activement aux grèves et à l'occupation des locaux d'Hachette. Devient responsable syndical, membre du comité intersyndical lors des négociations avec la direction durant les grèves de 36.
Adhère au Parti communiste. Licencié par Hachette en 37. Chômage. Ses textes envoyés à Paulhan pour L'air du mois de la NRF sont jugés trop politiques et refusés. Devient commis d'assurances.
Écrit Notes prises pour un oiseau.

1939-1944
Le journaliste et le résistant

Le Parti pris des choses est prêt, la guerre en retarde la publication. Mobilisé au IIIe COA de Rouen.
Commence la Guêpe. Écrit Souvenirs interrompus durant la drôle de guerre. Exode de 40 : rejoint sa famille au Chambon-sur-Lignon, commence le Carnet du bois de pins. S'installe à Roanne, comme agent d'assurances.
Travaille aux textes qui constitueront la Rage de l'expression : le Mimosa, les Berges de la Loire, l'Oeillet, le Carnet...
Nombreux contacts avec Pascal Pia, journaliste et ami, qui cherche, avec A. Camus, à créer une « sorte de NRF de la zone libre ». Héberge des responsables du Front national (mouvement de résistance du Parti communiste).
En 42, entre au Progrès de Lyon grâce à Pascal Pia. Publication du Parti pris des choses. Fin 42, devient agent de liaison de la Résistance en zone Sud, sous la couverture de représentant des éditions Seghers, Confluences, Fontaine. Rencontre Joë Bousquet, Jean Tortel, Albert Camus. Écrit les Pages bis de Proêmes, en réponse au Mythe de Sisyphe de Camus. Publie la Pomme de terre dans Confluences : la presse collaboratrice du Sud s'indigne. Participe à l'anthologie clandestine L'honneur des poètes sous le pseudonyme de Roland Mars.

Francis Ponge Repères chronologiques 1944-1988