La révolution vue de Grenoble 3/3

« Quand il évoque les "temps héroïques" de la Révolution, Stendhal fait très rarement allusion à Robespierre […] probablement parce que l'Incorruptible, intransigeant, rigide "désintéressé" n'est pas romanesque. "Le grand Danton a volé. Mirabeau aussi s'est vendu." (réflexions de Julien) : ces hommes-là, pétris de grandeur et de faiblesse, pris dans les contradictions et les problèmes qui hantent la conscience de Dominique (et de ses personnages), sont complexes, pleinement humains, sont des personnalités contradictoires, emportées et passionnées pouvant prendre place dans la fiction. Robespierre, lui, est trop froid, trop monolithique, trop vertueux, pour faire un bon personnage historique. » (Dictionnaire Stendhal, p. 615.)

« L'auteur du roman que vous allez lire, ô lecteur bénévole, si vous avez beaucoup de patience, est un républicain enthousiaste de Robespierre et de Couthon. » (Lucien Leuwen, vol. 1, p. 2.)

A l'arrivée de Lucien Leuwen à Nancy, le bruit court qu'il est parent de Robespierre. Lucien y voit un moyen d'attirer l'attention : « J'occupe trop ces provinciaux, pensa-t-il, pour que tôt ou tard le docteur ne me présente pas à ces dames, qui me font l'honneur de me croire de la famille de feu M. De Robespierre. » (Lucien Leuwen, vol. 1, p. 192.)

« Mme de Rênal avait été étonnée du mot de Julien, parce que les hommes de sa société répétaient que le retour de Robespierre était surtout possible à cause de ces jeunes gens des basses classes, trop bien élevés. » (Le Rouge et le noir, p. 94.)