Henri
Beyle

Les années
grenobloises

« Ce qu'il y a de plus caché
au fond du coeur
et de la tête »

L'épopée
napoléonienne

Beyle
dramaturge

Le retour
à la légende
militaire

Ecrire une Histoire
de la peinture
en Italie

Les années grenobloises

Le 23 janvier 1783 naît Marie-Henri, fils de Chérubin Beyle et Henriette Gagnon. Pour Stendhal, sa jeunesse est un « triste drame » qui ne lui évoque « presque que souffrances et profondes contrariétés morales.  ») (Vie de Henry Brulard, p. 595). Très affecté par la mort de sa mère, en 1790, qu'il adorait (« J'étais amoureux de ma mère »), tyrannisé par son précepteur, l'abbé Raillane (« un noir coquin »), détestant son père (« extrêmement peu aimable ») et sa tante Séraphie (« ce diable femelle »), il se réfugie dans la bibliothèque de son grand-père Henri Gagnon, qui lui « révèle les "idées littéraires", la "belle littérature", la "littérature élégante".  » (Michel Crouzet, Stendhal ou monsieur moi-même, p. 21). S'il est « loin de se souvenir de ses jeux, de la vie familiale, [Henri] a enregistré avec fascination toutes les scènes de l'agitation révolutionnaire à Grenoble, odeur de poudre, « spectacle d'horreur », visions de la colère et de la force du peuple, départs vers les assemblées séditieuses. C'est la révolte du « bon sens » dauphinois contre la monarchie. (…) Henri se fie à une sorte de symbolique de la Révolution ; à la limite en se réclamant du Bataillon de l'Espérance, et en rêvant de faire l'exercice et de marcher au pas dans les formations militarisées des jeunesses jacobines, il avait saisi que la cité-totalité, ou totalitaire, laminait la famille et lui arrachait sa tutelle sur les enfants. Aussi Stendhal peut-il parler de son « amour filial, instinctif, forcené, dans ces temps-là pour la République ».  » (Michel Crouzet, Stendhal ou monsieur moi-même, pp. 11-30). A la fin de la Terreur, le docteur Gagnon fait entrer son petit-fils à l'Ecole centrale. Fasciné par le dessin et l'Idéologie, Beyle se démène cependant en mathématiques, seul moyen de parvenir à quitter Grenoble pour entrer à Polytechnique, à Paris.