L'écriture de l'intime 1/3

« Milan, le 28 germinal an IX [18 avril 1801]. J'entreprends d'écrire l'histoire de ma vie jour par jour. […] je prends pour principe de ne me pas gêner et de n'effacer jamais. » (Oeuvres intimes, I, p. 3.)

« Quel homme suis-je ? Ai-je du bon sens ? Ai-je un esprit remarquable ? En vérité de n'en sais rien […] Je sens, depuis un mois, une répugnance réelle à écrire uniquement pour parler de moi. […]. Je ne me connais point moi-même et c'est quelque fois ce qui me désole, la nuit, quand j'y pense. » (Souvenirs d'égotisme, pp. 430-431.)

14 mars 1806 : « Je crois que je ne me suis pas encore trouvé, je ne sais pas encore quel sera mon caractère ; avec l'ambition que j'ai, je croirai peut-être toujours que le bonheur est là où je ne suis pas, comme cela je serai tranquille après avoir joui de tout. Modérer cette disposition funeste. » (Oeuvres intimes, I, p. 397.)