L'étude des passions 3/5

Dès son commentaire au Salon de 1810, H. Beyle déclare que « l'art de peindre une passion par les traits d'une physionomie et la position d'un corps […] est l'art de peinture. » (Œuvres intimes, I, 10 novembre 1810, p. 635.)

Il développe ce propos dans l'Histoire de la peinture en Italie, où il s'appuie sur les catégories de tempérament élaborées par Cabanis et illustrées par Lavater. « Les combinaisons de tempéraments sont infinies ; mais l'artiste, pour guider son esprit, donnera un nom à six tempéraments plus marqués, et auxquels on peut rapporter tous les autres : Le sanguin, Le bilieux, Le flegmatique, Le mélancolique, Le nerveux, Et l'athlétique***. *** J'aurais dû placer ici une copie de la caricature des quatre tempéraments (Lavater, I, p. 263), ou faire graver les dessins que j'ai fait faire dans mes voyages, d'après les gens qui me semblaient offrir les tempéraments à un degré remarquable de non-mélange. Mais mon talent n'est pas la patience. Je ne puis me flatter d'obtenir, même des meilleurs graveurs, des estampes ressemblantes aux dessins qu'on leur livre […] Si j'avais rencontré quelque bon graveur allemand, bien patient et bien consciencieux, j'aurais donné une estampes pour rendre sensible la manière de chaque grand peintre. » (Histoire de la peinture en Italie, p. 264.)