La seule passion qui ne fut pas chassée par the love of glory 6/7

21 septembre 1811 : A son arrivée à Milan en 1800, H. Beyle est présenté à Angela Pietragrua. « Après un combat moral fort sérieux où j'ai joué le malheur et presque le désespoir, elle est à moi, 11 heures et demie. " (Oeuvres intimes, I, p. 770.)

2 novembre 1811 : « Sans doute la femme la plus belle que j'ai eue, et peut-être que j'ai vue, c'est A[ngela] […] ; ses yeux étaient brillants ; sa figure demi-éclairée avait une harmonie suave, et cependant était terrible de beauté surnaturelle. On eût dit un être supérieur qui avait pris la beauté parce que ce déguisement lui convenait mieux qu'un autre, et qui, avec ses yeux pénétrants lisait au fond de votre âme. Cette figure aurait fait une sibylline sublime. » (Oeuvres intimes, I, p. 813.)

« Angela P[ietragrua] a été catin sublime à l'italienne, à la Lucrèce Borgia. » (Vie de Henry Brulard, p. 545.)

« Il vint à la ville un jour qu'il n'était pas attendu, et, caché par la femme de chambre dans un petit cabinet noir, il vit […] par un trou ménagé dans la cloison, l'infidélité qu'on lui faisait. 'Vous croirez peut-être, ajoutait Beyle, que je sortis du cabinet pour les poignarder ? Nullement. Il me sembla que j'assistais à la scène la plus bouffonne et mon unique préoccupation fut de ne pas éclater de rire… ' J'étais abruti, disait-il. Je ne pensais plus. J'étais accablé d'un poids insupportable, sans pouvoir me rendre compte nettement de ce que j'éprouvais. C'est le plus grand des malheurs ; il prive de toute énergie. Depuis, un peu remis de cette langueur accablante, j'avais une curiosité singulière à connaître toutes ses infidélités. Je m'en faisais raconter tous les détails. Cela me faisait un mal affreux, mais j'avais un certain plaisir physique à me la représenter dans toutes les situations où on me la décrivait. » (Mérimée, H.B., p. 31.)