25 septembre - 26 septembre : voyage de Bologne à Florence, qui comportait neuf postes, soit dix-huit lieues, par la route appelée de La Futa.
« N'ayant pas de voiture, je partis de Bologne le 25 à 11 heures et demie dans un legno di poste. (…) Je voyais très bien le pays. Les Apennins n'ont rien de grandiose, si ce n'est tout au plus dans les environs de F[lorence]. Du côté de Bologne, c'est un tas de petits mamelons, séparés par une infinité de petites gorges irrégulières. (…) De Loiano à Pianoro [ainsi que le précise V. del Litto, l'ordre exact est de Pianoro à Loiano], on aperçoit la belle Lombardie [en réalité, il s'agit de la plaine de l'Emilie, corrige V. del Litto] comme une mer au-delà des sommités voisines de l'Apennin. C'est un beau spectacle. (…) On apercevait dans celle-ci beaucoup de maisons éclairées par le soleil couchant. Mon postillon me dit qu'au soleil levant on apercevait la mer Adriatique, par la réflexion des rayons du soleil. (…) Après Loiano on voyage au milieu d'une infinité de châtaigniers peu élevés. (…) Je sentais vivement, j'étais heureux. Les files de roches qu'on apercevait à la droite du chemin et qui ont l'air d'aller vers Carrara, font l'effet de décorations d'opéra. (…) Je suis arrivé à 5 heures du matin, le 26, à la poste de Florence (…). »
Œuvres intimes, t. 1, édition établie par Victor Del Litto, Paris, Gallimard, 1981, coll. « bibliothèque de la Pléiade », Bologne, le 25 septembre 1811-,Florence, 27 septembre 1811, pp. 777-778.