27 septembre - 30 septembre : voyage de Florence à Rome.
Stendhal a égaré en route le carnet relatant le voyage de Florence à Rome ainsi que le séjour à Rome. Pour combler cette lacune, Stendhal a dicté deux ans plus tard, en mars 1813, le récit manquant :
« Je me souviens que je partis de Florence avec un courrier borgne et avare (…). J'en sortis par la porte de Rome, qui est au bout du jardin de Boboli. (…) De Florence jusqu'aux environs de Rome le pays est montueux, insignifiant, comme par exemple les environs de Namur. Mon imagination se l'était figuré plus beau que ma chère Lombardie, mais il ne peut y avoir rien de plus beau. (…) La montagne la plus désagréable que j'ai passée en ma vie est celle de Radicofani [bourg situé sur la route qui va de Sienne à Rome]. (…) Je ne passai qu'un quart d'heure à Sienne, dont les rues sont étroites, à cause de la chaleur, et dont les maisons ont du grandiose. (…) En approchant de Rome le pays reprend un peu la physionomie de la belle Italie. On découvre un horizon superbe d'Acquapendente. La ville de Viterbe est gaie ; la forêt qu'on traverse en sortant offre des collines bien boisées et agréables à la vue. (…) Un peu avant que d'entrer dans le désert qui entoure Rome, nous eûmes une belle vue d'un lac sur la droite [lac de Vico]. Je m'étais figuré que ce désert si malsain était un marais ; pas du tout, c'est un terrain qui a beaucoup de mouvement. (…) L'aspect du pays est très beau. J'aperçus le mont Saint-Oreste, qui est le Soracte d'Horace. Je vis ensuite au bas de quelques collines de grands bâtiments. C'était Rome. »
Œuvres intimes, t. 1, édition établie par Victor Del Litto, Paris, Gallimard, 1981, coll. « bibliothèque de la Pléiade », Ecrit le 20 mars 1813, pp. 1474-1476.