Le Théâtre-Français de la révolution à l'Empire 1/2

« Dès 1789, le théâtre, qui se dit avec prudence "Théâtre de la Nation", voit sa troupe se scinder en deux clans. Les partisans des idées nouvelles se groupent autour du jeune Talma, enivré par le triomphe personnel qu'il remporte dans Charles IX ou l'Ecole des Rois, de Marie-Joseph Chénier. Une série de violentes manifestations dans la salle aboutit à l'interdiction de la pièce, puis, en 1791, au départ de Talma et de quelques-uns de ses camarades pour le nouveau théâtre construit rue de Richelieu. Les comédiens restés fidèles à la monarchie ont bientôt à se défendre contre la concurrence des troupes nées de la liberté des théâtres proclamée en 1791. » (La Comédie française, p. 93.) Ernest Lunel rappelle en effet que « l'année 1791 comptait vingt-trois théâtres de plus que la précédente. Le penchant pour les spectacles multiplia leur nombre et les théâtres particuliers, dits théâtres de société, s'ouvrirent un peu partout. » (Le Théâtre et la Révolution, p. 88.)