Devenir banquier dramaturge 2/4

5 mai 1804 : « La fortune favorise les audacieux (Virgile, Eneide, livre X).
ARRETE :
Considérant qu'audaces fortuna juvat, et que si je ne fais rien d'extraordinaire je n'aurais jamais assez d'argent pour m'amuser, j'arrête :
Art. 1
Tous les tirages de la loterie de Paris (les 5, 15 et 25) je mettrai 30 sous sur le terne 1, 2, 3
Art. 2
Tous les premiers du mois je remettrai 3 fr à Mante pour qu'il les mette sur un quaterne à 1 franc chaque tirage.
Art. 3
Tous les mois j'irai jouer 6 fr et quatre pièces de 30 sous à la rouge et noire au n°133. Ainsi pour 13 fr 10 sous, j'acquerrai le droit de faire des châteaux en Espagne.
Paris, 15 floréal an XII.
Henri Beyle » (Oeuvres intimes, I, pp. 73-74.)

Rouge et noire : « Jeu de cartes dans lequel le banquier tenant un paquet de cartes dans sa main gauche, demande successivement à chaque joueur de quelle couleur il veut que soit la première carte qu'il va tirer, c'est-à-dire s'il la désire rouge ou noir » (Larousse, Dictionnaire universel). Note de del Litto : « Curieusement, les exégètes qui ont été tentés de voir dans le titre du roman Le Rouge et le Noir une allusion au jeu de hasard n'ont songé qu'à la roulette sans jamais faire référence à ce jeu de cartes. » (Oeuvres intimes, I, p. 1166.)

12 juillet 1804 : « Mon peu d'assurance vient de l'habitude où je suis de manquer d'argent. Quand j'en manque, je suis timide partout […] Il faut absolument m'en guérir ; le meilleur moyen serait d'être assez riche pour porter pendant un an au moins, chaque jour, cent louis d'or sur moi. Ce poids continuel, que je saurais être d'or, détruirait la racine du mal. » (Oeuvres intimes, I, p. 96.)