Rechercher la vis comica et se dérousseauiser 8/12

29 avril 1804 : « En attendant Mlle Duchesnois, j'ai vu Talma dans le passage ; de ma taille, il avait un habit bleu, culotte et bas noirs. Il parlait au portier du thé[âtre] ; il a la même voix qu'à la scène. Sa vue m'a fait impression, il avait l'air tragique. J'ai pensé que je maniais la gloire ; après tant d'illusion de connaissance et d'amitié avec les grands hom[mes], voilà enfin un peu de réalité. J'espère que dans un an je serais l'ami de Mlle D[uchesnois] et de lui, par les Two men. [traduction anglaise du titre de la comédie de Stendhal, Les Deux hommes]. » (Oeuvres intimes, I, p. 70.)

19 juillet 1804 : « Talma fut ferme et enflé. L'enflure est le défaut général de nos acteurs ; je crois que cela peut venir en partie du bavardage éternel des pièces de Racine et de Voltaire. Là où il fallait deux mots, il y a dix vers […] Dès que Talma revient au naturel (hier une fois), je me sens le cœur remué. » (Oeuvres intimes, I, p. 99.)

26 juillet 1804 : « Talma a été sublime. […] il ressemble parfaitement dans toutes ses positions aux belles figures de Raphaël. » (Oeuvres intimes, I, p. 105.)

20 novembre 1804 : « Talma a des moments sublimes, mais souvent monotones […] Mais il est tout au long superbe, les plus grands peintres n'ont point de plus belles attitudes et de plus belles têtes. Je reconnais une attitude et une figure de Raphaël. » (Oeuvres intimes, I, p. 150.)