Rechercher la vis comica et se dérousseauiser 11/12

Le 24 avril 1804, Beyle est présenté à l'actrice par son ami Crozet : « Le soir, Agamemnon ; la scène de la proposition du meurtre est jouée divinement par Talma et Mlle Duchesnois. Après la pièce, Crozet me présente à elle. Je la trouve d'un naturel charmant et bien moins laide que je me l'étais figuré. Elle a la figure par masses, chose très propre à la peinture de passions. A l'avenir, lorsque je devrais être présenté à quelqu'un, écrire le compliment que je veux lui faire. Au moment, je me trouble. » (Oeuvres intimes, I, p. 67.) Qualité très importante pour Henri Beyle, qui déclare qu'« il faut que l'acteur voie le sentiment que les vers doivent produire et que sa déclamation cherche à produire, que chaque trait de son corps, que chaque mot concoure à donner ce sentiment. Voilà pourquoi il est utile à l'acteur de connaître la décomposition, l'analyse des passions. » (Oeuvres intimes, I, p. 360.) L'idée n'est pas nouvelle comme l'attestent les représentations des passions de l'âme à l'usage des acteurs réalisé par Charles Levacher de Charnois, Costumes et annales des grands théâtres, en figures au lavis et coloriées…par M. de Charnois, Paris, Janinet, 1786-1789 (BnF, Département des Estampes et de la Photographie , Tb-24°).