Lettre à Pauline (29 juin 1800) : « Je ne te parle point du mont [Saint]-Bernard, tu en liras un jour la description dans un des mille et un voyages en Italie. Tout ce que je puis te dire c'est qu'on a extraordinairement exagéré la difficulté. Il n'y a pas un instant de danger pour les hommes. […] Imagine-toi un encaissement comme celui de la vallée de Saint-Paul près de Claix ; au milieu, une [sic] monticule ; sur cette monticule un fort, le chemin droit au fort dans le fond de la vallée et passant à portée de pistolet sous le fort. Nous […] avons grimpé la montagne sous le feu continuel du fort. Ce qui nous a fait le plus de peine ç'a a été nos chevaux qui à chaque sifflement de boulet ou d'obus se précipitaient de cinq à six pieds. Je ne sais si tu comprends toute cette description, mais je veux te faire partager ce spectacle vraiment étonnant […]. » (Correspondance, I, p. 10.)

« Au S[ain]t-Bernard j'étais pour le physique comme une jeune fille de quatorze ans ; j'avais dix-sept ans et trois mois, mais jamais fils gâté de grand seigneur n'a reçu une éducation plus molle. […] Excepté pour le moral, par moi puisé dans les livres prohibés de Séraphie, j'arrivai donc au S[ain]t-Bernard poule mouillée complète. […] A chaque pas, tout devenait pire. Je trouvais le danger pour la première fois. » (Vie de Henry Brulard, pp. 939-940.)