Johann Caspar Lavater (1741-1801), La Physiognomonie ou l'art de connaître les hommes d'après les traits de leur physionomie : leurs rapports avec les divers animaux, leurs penchants, etc. Lavater ; illustrée de 750 gravures … ; traduction nouvelle par H. Bacharach, précédée d'une notice par A. D'Albanès, Paris, G. Havard, [1845].
Bibliothèque universitaire de Paris XII. FM 2591.
Cliché BU-Paris XII.

Les Physiogonomische Fragmente paraissent pour la première fois à Leipzig, de 1775 à 1778. Il sont traduits en français sous le titre de l'Essai sur la physiognomonie, destiné à faire connoître l'homme et à le faire aimer, par Jean Gaspar Lavater... (La Haye, 1781-1803). Le pasteur zurichois Johann Caspar Lavater y élabore une théorie où se mêlent anatomie, mathématique, théologie et quête de la beauté idéale. Il y défend l'idée selon laquelle il est possible de déchiffrer les pensées de l'homme à travers son physique. Ce faisant, il retrouve la conception platonicienne d'un beau révélant la splendeur du vrai et du bon : « La beauté et la laideur du visage ont un rapport juste et exact avec la beauté et la laideur de la nature morale de l'homme. Plus il y a de perfection morale, plus il y a beauté ; plus il y a de corruption morale, plus il y a de laideur. » (J. K. Lavater, [1845], p. 55). Il privilégie à travers ses recherches une esthétique d'obédience clairement winckelmannienne : la beauté est systématiquement regardée en rapport avec l'idéal grec, comme le montre la reprise de la théorie de l'angle facial élaborée par Camper et Winckelmann. « La physiognomonie de la fin des Lumières […] n'est pas seulement un passe-temps à la mode, mais prétend résolument au statut de science universelle de l'homme, prétention que la communauté scientifique éclairée prend au sérieux, bien qu'une bonne partie des intellectuels contemporains ne l'accepte pas. » (H.G. von Arburg, « Essais de physiognomonie. La mise en scène critique d'une science précaire dans les écrits de G. C. Lichtenberg », Théories et débats esthétiques au dix-huitème siècle, Paris, Champion, 2001, p. 254.)