[Portrait de Mlle Duchesnois]
L. Dubech, Histoire générale illustrée du théâtre,Paris : Librairie de France, 1931-1934, t. 4.
Bibliothèque de l'université Paris XII, 840-2 DUB.
Cliché BU-Paris XII.

Joséphine Duchesnois
Elle achève « ses débuts » en brumaire an XI [novembre 1802], dans le rôle de Phèdre (Oeuvres intimes, I, p. 40 : « Mlle Duchesnois a terminé ses débuts, avant-hier, par le rôle de Phèdre. »). « Deux jours plus tard le plus intelligent et le plus grossier des critiques [du Journal des Débats], l''abbé' Geoffroy, comme on appelait par dérision ce jésuite manqué, félicitait tout d'abord la débutante pour sa laideur : "A l'abri du poison de la flatterie et des pièges de la volupté, elle pourrait du moins, dans une vertueuse retraite, se consacrer à son art." En revanche, Mlle Duchesnois a tout ce qu'il faut pour jouer la tragédie. » (P. Arbelet, Premier voyage de Stendhal au pays des comédiennes, p. 23.) Mais, dès novembre, le critique commence à trouver le succès remporté par l'actrice injustifié, probablement sous l'influence de la tragédienne Raucourt, qui prépare les débuts de Mlle George et qui multiplie les démarches en sa faveur (P. A. Cheramy, Mémoires inédits de Mademoiselle George, p. 29 et suiv.). Dès lors, « comme si vraiment il s'agissait, non pas d'une rivalité dramatique, mais d'un concours de beauté, Geoffroy ne cessera de rappeler à Joséphine Duchesnois que son visage était fort laid. » (P. Arbelet, Premier voyage de Stendhal au pays des comédiennes, p. 28.) Pourtant, Henri Beyle déclare (14 mars 1805) après un dîner chez Mlle Duchesnois : « J'ai été frappé de la sublime beauté de ses yeux et de sa voix. » (Oeuvres intimes, I, p. 257.)