Bivouac de Wagram
Aquarelle de Benjamin Zix.
BNF, Département des Estampes et de la Photographie. Qb 1809. Coll. Hennin t. 151
Cliché BNF

Benjamin Zix (1772-1811)
peintre-graveur de Strasbourg, avait été remarqué par Vivant Denon pour les décors faits à l'occasion de l'entrée de Napoléon dans cette ville en septembre 1805. Engagé par lui, il suit les armées en Allemagne, en Espagne et en Autriche. De retour à Paris, Zix immortalise aussi le moment de l'Arrivée au Louvre des chefs-d'œuvres saisis à Berlin (R. Spiegel, 2000, p. 150).
Henri Beyle le rencontre le 30 novembre 1810 : « Séance au Musée. Je trouve que le petit M. Six (sic) prend un ton un peu trop noble à mon égard. Ce que ces animaux ont d'exécrable, c'est de forcer à prendre un rôle, d'empêcher d'être naturel. » (Œuvres intimes, I, p. 638.)
Cette aquarelle sert de modèle au tableau d'Adolphe Eugène Gabriel Roehn, Bivouac de Napoléon 1er sur le champ de bataille de Wagram (Musée de Versailles), tableau qui fera l'objet de copies à travers de multiples estampes. François Guizot, commentant le Salon de 1810 au sein duquel le tableau est exposé, en loue longuement la composition, réalisée en fait par Zix : « S. M. l'Empereur, endormi sur une chaise, près du feu, les bras croisés, la tête baissée, une jambe étendue sur une table, éclairé par le reflet de la flamme, est entouré de tous les officiers de son état-major, debout, les yeux fixés attentivement sur leur général, qui, même dans son sommeil, occupe toutes leurs facultés, toutes leurs pensées; sur la gauche, son Excellence le prince de Neuchâtel, assis devant une autre table, expédie promptement des ordres : cette composition, pleine de vérité, d'unité, d'activité, de silence, a quelque chose d'imposant qui frappe les spectateurs les plus simples, et donne à penser aux plus réfléchis. Agamemnon veille quand tout dort ; Racine a tiré de là de fort beaux vers ; c'est l'image des soucis qui accompagnent la puissance. Ici, l'Empereur dort et tout veille ; c'est l'image de la puissance elle-même. M. Roehn en a profité avec beaucoup d'art : je crois qu'il aurait eu tort de donner à ses figures la stature héroïque; la scène eût été rétrécie, et par conséquent l'impression qu'elle produit, affaiblie. » (F. Guizot, « De l'état des beaux-Arts en France et au salon de 1810 », p. 78.)