L'idée d'une Histoire de la peinture en Italie 1/5

Journal écrit par Crozet en 1814 :
« Nous allâmes au Musée faire notre dernière visite aux tableaux. […] Henri s'étant arrêté par hasard un instant dans la cour, eut l'idée de sauver au moins la Madonna della seggiola […] Au débouchée de la rue Impériale, nous rencontrons M. Denon, en habit et redingote bleus, accompagné de son secrétaire. Le sieur Denon avait l'air inquiet, il a approché d'Henri sans saluer :
- Venez-vous officiellement ?
- Non, je venais faire une dernière visite aux tableaux, je suis entré au bureau et j'ai donné un conseil d'amateur.
- En ce cas, je ne vous écoute pas.
- Ah ! je ne dis plus rien.
- Je vous aime et vous estime beaucoup, mais je ne vous écoute pas.
- Je sens bien …
- Si vous veniez de la part de M. le duc de Cadore…
- Non, non, je ne viens de la part de personne, c'est comme artiste, comme amateur que je donnais un simple conseil… Quand on n'aurait sauvé que la belle Madonna della Seggiola… » (Oeuvres intimes, I, p. 1197.)

Avec la Madonna della seggiola, l'Extase de Sainte Cécile est le tableau de Raphaël que H. Beyle élit comme symbole de son amour pour l'art :
« Souvent les grands hommes mêlèrent l'objet de leur passion au triomphe de leur talent. Quelques personnes sentiront le bonheur de Raphaël peignant, d'après la Fornarina, sa sublime sainte Cécile.** » (Histoire de la peinture en Italie, p. 162.)
** The happy few. En 1817, dans cette partie du public qui a moins de trente-cinq ans, plus de cent louis de rente, et moins de vingt mille francs.