L'idée d'une Histoire de la peinture en Italie 2/5

Vivant Denon et la volonté d'esquisser une histoire de la peinture italienne au Musée Napoléon
Dans une lettre à Napoléon datée du 1er janvier 1803, Denon fait part à l'Empereur de l'orientation qu'il compte donner au moment de la mise en place des collections : « Dans quelques mois, en parcourant la galerie, on pourra faire sans s'apercevoir un cours historique de l'art de la peinture. » (Vivant Denon… correspondance, 1999, vol. 2, p. 1238.) « L'important est que le visiteur puisse s'instruire sans effort […] ce qui met l'accent non sur le didactisme de l'accrochage mais sur la délectation insouciante du spectateur. La théâtralisation des chef-d'œuvres de Raphaël reflète cette priorité traditionnelle, à laquelle Denon demeure fidèle en tant que connaisseur » (J.-C. Bonnet (dir.), 2004, p. 86). Mais le souci didactique finit par s'imposer chez Denon ; il fait entrer la peinture italienne des XIVe et XVe siècles et déclare à l'Empereur le 6 janvier 1812, lorsqu'il se rend en Italie afin d'examiner les œuvres confisquées, que les premiers maîtres italiens « sont absolument nécessaires pour compléter cette sublime collection en y ajoutant la partie historique de l'art qui y manque. » (Vivant Denon… correspondance, 1999, vol. 2, p. 1392.)
« Ainsi, de 1803 à 1814, le Musée Napoléon s'est transformé : d'une réunion choisie d'œuvres canoniques il est devenu un cours pointilleux d'histoire de l'art […] sans doute rébarbatif et obscur pour tous sauf une poignée de connaisseurs. » (J.-C. Bonnet (dir.), 2004, p. 86).