L'idée d'une Histoire de la peinture en Italie 3/5

« La rêverie qui aime la peinture est plus mélangée de noblesse que celle qui s'abandonne à la musique. […] La musique nous emporte avec elle, nous ne la jugeons pas. Le plaisir en peinture est toujours précédé d'un jugement. L'homme arrive devant la Madonna alla seggiola dit : "Que c'est beau !" Aussi la peinture ne manque-t-elle jamais tout à fait son but, comme il arrive à la musique. Le spectateur sent plus sa force, il est plus sensible et moins mélancolique au Musée qu'à l'Opera buffa. Il y a un effort pénible pour revenir des enchantements de la musique à ce que le monde appelle les affaires sérieuses, qui est beaucoup moindre en peinture. » (Histoire de la peinture en Italie, p. 232-233.)

« Si j'espère être lu, c'est par quelque âme tendre, qui ouvrira le livre pour voir la vie de ce Raphaël qui a fait la Madone alla seggiola, ou de ce Corrège qui a fait la tête de la Madone alla scodella. Ce lecteur unique, et que je voudrais unique dans tous les sens, achètera quelques estampes. Peu à peu, le nombre de tableaux qui lui plaisent s'augmentera. » (Histoire de la peinture en Italie, p. 164.)

11 mars 1808 : « J'écris toutes mes lettres officielles au pied du portrait de Raphaël, qui change de physionomie suivant les heures du jour. Cette belle figure, qui tira le bonheur de son cœur, m'empêche de me dessécher entièrement. » (Oeuvres intimes, I, p. 496.) Par la suite, Stendhal fera relier les volumes du manuscrit de la Vie d'Henri Brulard avec les gravures de Raphaël. (Dictionnaire Stendhal, 2003, p. 581-582.)