La campagne de Vienne de 1809 vue par Henri Beyle ; quelques extraits

[12-18 avril 1809] : Parti de Strasbourg, il fait une halte à Pforzheim : « Ces petites filles avaient de jolies figures. Je pris le c. à celle qui l'était le moins, j'aurais pu la [un blanc], mais je trouvai cela imprudent au commencement de la campagne. » (Œuvres intimes, I, p. 519.)

Landshut, le 24 avril 1809 : «  Jamais M. D[aru] ne m'aimera. Il y a quelque chose dans nos caractères qui se repoussent. Il ne m'a parlé que sept à huit fois depuis notre entrée en campagne, et toujours c'était par exclamation profondément sentie : « L'étourdi ! Un étourdi comme vous ! N'y allez pas, un étourdi comme vous ferait sur-le-champ une querelle à ces gens-là. » […] Les sots ont commencé par me trouver l'air ironique." (Œuvres intimes, I, p. 529.)

Enns, le 5 mai 1809 : «  A deux heures, on parle de départ. Je descends sur la place. En m'y promenant, je remarque beaucoup de clarté derrière une maison ; je me dis : "voilà un bivouac bien brillant !" La clarté et la fumée augmentent, un incendie se déclare. Le trouble du moment de l'incendie a été observé par moi dans toutes ses gradations, depuis la tranquillité du sommeil jusqu'aux chevaux des fourgons accourant de toutes parts au galop. On ne voyait pas la flamme ; à cela près, l'incendie était superbe : une colonne de fumée pleine de lumière traversait la ville transversalement, elle nous éclaira sur le chemin jusqu'à deux lieues. » (Œuvres intimes, I, p. 533.)