L'amour de l'Art et le musée Napoléon

Les chemins de Stendhal et de Denon n'ont cessé de se croiser : ils sont tous les deux en Allemagne en 1806, lorsque Denon procède à l'enlèvement de certains livres et objets d'art. Ils se retrouvent à Paris en 1809, lorsque Stendhal est secrétaire auprès de Daru. Ils se retrouvent enfin à Vienne, où Denon lui fera l'honneur de le conduire aux obsèques de Haydn (Dominique-Vivant Denon. L'œil de Napoléon, p. 272).
Vivant Denon, nommé depuis 1802 directeur du Musée central des Arts, est chargé du choix des œuvres à rapporter des territoires conquis pour enrichir les collections publiques françaises. De retour à Paris après la campagne de Vienne, Henri Beyle est nommé le 22 août 1810 inspecteur du Mobilier de la Couronne. Le comte Daru, intendant général de la liste civile, est chargé de contrôler le travail d'inventaire du musée Napoléon entrepris par Denon : il désigne, le 16 octobre 1810 Henri Beyle pour l'aider à superviser l'entreprise (M. Hamiaux et J.-L. Martinez, « De l'inventaire N à l'inventaire MR : le département des antiques », D. Gallo (dir.), Les vies de Dominique-Vivant Denon, p. 434). Il adresse une lettre à Denon le 17 octobre 1810, où il déclare que ce « travail n'aura pas la beauté du pittoresque, mais il aura la beauté administrative : la clarté et la brièveté. » (Archives des Musées nationaux, Z 3 (1810-1815), cité par M. Hamiaux et J.-L. Martinez, ibid., p. 434-435.)
28 [novembre 1810] : « Le 28, excellente séance avec l'aimable M. Denon. Il m'a dévoilé sa politique sans le vouloir. […]"Il faut toujours dire que c'est beau ; après quoi le public trouve des raisons pour prouver que c'est beau" (l'exposition), etc., etc., etc., et dans le vrai, c'est beau. » (Oeuvres intimes, I, p. 637.)