L'amour de l'Art et le musée Napoléon 5/7

A propos de l'Apollon du Belvédère
28 juillet 1805 : « Je me sens l'âme digne de contempler l'Apollon et de travailler à un nouveau si j'avais le matériel de la sculpture dans les doigts. » (Oeuvres intimes, I, p. 339.)

« Pour trouver du plaisir devant l'Apollon, il faut le regarder comme on suit un patineur rapide au bassin de La Villette. On admire son adresse tant qu'il est adroit, et l'on se moque de lui s'il tombe. L'affaire du sculpteur était apparemment de plaire à tous les hommes. » (Histoire de la peinture en Italie, p. 302.)

« Ce qui fatiguait surtout nos amis, c'était la contemplation des statues nues et du beau idéal. Pourquoi se faire un devoir d'admirer l'Apollon ? Pourquoi ne pas avouer que le Persée de Canova fait beaucoup plus de plaisir ? » 20 mars 1828, Promenades dans Rome, p. 781.. Plus loin, il fustige encore " [l]es sculpteurs qui croient faire du beau antique en copiant l'Apollon. » (20 mars 1828, Promenades dans Rome, p. 1133.)

Napoléon ne se contente pas de naturaliser les chef-d'œuvres étrangers grâce à des mises en scène savamment orchestrées : au pied de l'Apollon du Belvédère, une « inscription placée en brumaire an IX […] établiss[ait] un parallèle entre le général Bonaparte et le Pape Jules II. » (J.-C. Bonnet (dir.), 2004, p. 86.)